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Articulu di u numaru 14, ghjugnu di u 2006


Tamanta richezza persa : l’acqua nustrale


En ce qui concerne la région du Fiumorbu sur sa situation hydraulique actuelle, nous voudrions revenir sur les propos lénifiants tenus par le directeur de l’Office Hydraulique de la Corse, en la personne de Monsieur Claude Rocca- Serra, qui dans un article de presse, nous a présenté la situation actuelle de l’hydraulique de la Corse en ce début de mois de mars. Présentation avec carte à l’appui des taux de remplissage, des barrages et réserves, où ils afficheraient pour la majorité des ouvrages concernés des taux avoisinant les 100 %. Or, d’après ce dernier, nous citons « tous les clignotants seraient au vert… » et grâce à une excellente pluviométrie, nos ressources en eau stockées sont très abondantes. Cela signifierait que notre île serait bel et bien à l’abri de problèmes d’alimentation en eau potable dus à une éventuelle « sécheresse estivale ».

Mais, à l’OEHC on oubli bien vite que l’expérience a douloureusement montré que la Corse avait beau avoir ses barrages et retenues d’eau convenablement remplis en hiver, çà ne l’immunisait pas contre une nouvelle sécheresse dramatique en été, tel fut le cas de la Corse de l’été 2003. L’agriculture et les agriculteurs en furent les principales victimes. Et pourtant, il est reconnu que la Corse par rapport aux autres îles en Méditerranée est un vrai château d’eau, où l’eau coule en abondance, que ces réserves sont quantitativement très importantes, voire plusieurs centaines de millions de m3 d’eau à exploiter économiquement fiable, mais qui nous échappent faute d’une grande politique volontariste de l’eau, notre « or bleu » non stockée par des ouvrages hydrauliques, et qui se déverse en mer en pure perte.

La Corse, une fois de plus se trouve fortement pénalisée, car avec une politique hydraulique performante, la Corse pourrait exporter ses surplus en eau vers nos voisins sardes, et voire même maltais, qui sont de grands importateurs d’eau.


Crise généralisée de la sécheresse en 2003

Ceci étant, nous voudrions rappeler pour les amnésiques de tous bords, en particulier le directeur de l’OEHC, que face à la crise qui a frappé de plein fouet les agriculteurs et éleveurs de la plaine orientale au coeur de l’été 2003, une réunion d’urgence fut programmée par les responsables et décideurs de cette situation catastrophique, en l’occurrence l’OEHC et son directeur actuel. Face à leur incurie, les agriculteurs leur demandèrent non seulement des solutions d’urgence, mais aussi de prendre leurs responsabilités. Ils expliquèrent aussi que l’Office fut induit en erreur par une enquête faite il y a deux ans par un bureau d’études du continent. Et oui, on croit rêver ! comme si en Corse, les bureaux d’études étaient des incompétents.


Des propositions concrètes

Au cours de cette réunion, des propositions précises et concrètes furent exprimées par les agriculteurs, afin d’éviter à l’avenir de telles crises dramatiques, à savoir parmi celles-ci :

- Des pompages à l’avant saison sur les rivières Abatescu et Travu ;
- Réhabiliter le barrage d’Agnatellu avec sa mise en eau rapide ( ce dernier en état d’abandon depuis des décennies, endommagé par manque d’entretien par une des crues mémorables de 1989).

Ce qui permettrait de stocker une quantité importante d’eau de l’Abatescu, de distribuer de l’eau en irrigation aux agriculteurs, voire même de créer une réserve anti-incendie, le Fiumorbu étant classé zone rouge, d’installer une microcentrale électrique.

Toutes ces possibilités nous donnent un aperçu de l’importance de ce barrage. A souligner qu’avant la crise de 2003, des propositions concrètes avaient déjà été faites, non seulement aux élus, mais aussi aux décideurs patentés, sur la reprise du projet hydraulique d’Agnatellu. Mais ces propositions, émanant de nationalistes de la région, et d’une grande partie de la population, favorable au projet, furent rejetées une fois de plus par les politiciens de service « di a Pulichella » par un silence méprisant. Il est vrai, qu’il sont plus aptes à soigner leur image sur fond de commerce électoraliste, qu’à faire des propositions économiques fiables.

L’Arlésienne du barrage d’Agnatellu est toujours au point mort. Comme le fut dans son temps le Lycée du Fiumorbu.


Historique d’un barrage, celui de l’ex Fortef

Construit par la FORTEF dans les années 1930-1931, initié par le grand administrateur que fut DUCREUX, dirigeant avisé du domaine de la FORTEF, ce barrage, de type hydroélectrique, fournira de l’électricité non seulement au domaine, mais aussi à la grande usine à meubles d’Agnatellu, qui était pour son époque la 2ème usine de France, et même hors de France, par son importance et la modernité de ses machines-outils.

Toujours sur l’Abatescu, une autre mini-centrale électrique fut construite sur sa partie haute montagneuse, à savoir Catastagni-San Gavinu di Fiumorbu où étaient exploitées les forêts de larici. Quant à Agnatellu, il se trouve être au débouché de la vallée de l’Abatescu sur la partie basse-plaine où fut construit le barrage. Barrage de conception et de technicité tout à fait remarquable pour son époque, d’une capacité de stockage de 800.000 à 1.000.000 environ de m3 d’eau, qui fut dans son temps doté de deux alternateurs qui fournissaient la totalité de l’électricité sur le domaine.

Remarquable pour une époque où, il faut le souligner, notre région du Fiumorbu vivait dans l’obscurité et s’éclairait aux lampes à pétrole, car l’électrification de la région fut réalisée dans son intégralité en 1976 avec les derniers villages de Pinellu et Acquacitoza sur la commune d’Ornasu Serra di Fiumorbu. L’état d’abandon remonte aux années 1958- 1959 lors de la reprise par l’ex SOMIVAC qui procèdera au démantèlement et la liquidation de l’ex FORTEF, n’étant plus exploité, abandonné à son triste sort alors que des repreneurs potentiels existaient. Le domaine de l’ex FORTEF s’étendait sur des milliers d’hectares en montagne et plaine avec un bassin d’emploi de plus de 1.000 ouvriers ; domaine agricole unique en Corse pour son époque.


L’Arlésienne du barrage d’Agnatellu

Malgré la grande crise de 2003, l’OHEC a ce jour, semble ne pas avoir tiré les leçons des dramatiques sécheresses, en particulier dans le Fiumorbu, les propositions des agriculteurs furent caduques et passées à la trappe di « lascià corre ». Quand ces dirigeants ont eu charge d’initier une politique hydraulique dynamique et volontariste, nous retrouvons les travers d’une certaine politique claniste et à cours terme, bien loin des réalités du terrain spécifique Quant à nos caciques de la politique clientélaire et claniste, ne rien attendre de ce côté-là, étant donné que toute leur énergie est consacrée à leur petite, et minable pulitichella de l’assistanat, bien loin des préoccupations économiques de la région, que ce soit pour les agriculteurs, voir les éleveurs. L’Arlésienne du barrage d’Agnatellu suit son cours, jusqu'à quand ! « Rés mon verba »

Raimondu-Ghjulu Ottomani

 

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