En ce qui concerne la région du
Fiumorbu sur sa situation hydraulique
actuelle, nous voudrions revenir sur les
propos lénifiants tenus par le directeur
de l’Office Hydraulique de la Corse, en
la personne de Monsieur Claude Rocca-
Serra, qui dans un article de presse,
nous a présenté la situation actuelle de
l’hydraulique de la Corse en ce début
de mois de mars. Présentation avec
carte à l’appui des taux de remplissage,
des barrages et réserves, où ils afficheraient
pour la majorité des ouvrages
concernés des taux avoisinant les 100
%. Or, d’après ce dernier, nous citons «
tous les clignotants seraient au vert… »
et grâce à une excellente pluviométrie,
nos ressources en eau stockées sont
très abondantes. Cela signifierait que
notre île serait bel et bien à l’abri de
problèmes d’alimentation en eau
potable dus à une éventuelle « sécheresse
estivale ».
Mais, à l’OEHC on oubli bien vite que
l’expérience a douloureusement montré
que la Corse avait beau avoir ses barrages
et retenues d’eau convenablement
remplis en hiver, çà ne l’immunisait
pas contre une nouvelle sécheresse
dramatique en été, tel fut le cas de la
Corse de l’été 2003. L’agriculture et les
agriculteurs en furent les principales
victimes. Et pourtant, il est reconnu
que la Corse par rapport aux autres îles
en Méditerranée est un vrai château
d’eau, où l’eau coule en abondance,
que ces réserves sont quantitativement
très importantes, voire plusieurs centaines
de millions de m3 d’eau à exploiter
économiquement fiable, mais qui
nous échappent faute d’une grande
politique volontariste de l’eau, notre «
or bleu » non stockée par des ouvrages
hydrauliques, et qui se déverse en mer
en pure perte.
La Corse, une fois de plus se trouve
fortement pénalisée, car avec une politique
hydraulique performante, la
Corse pourrait exporter ses surplus en
eau vers nos voisins sardes, et voire
même maltais, qui sont de grands
importateurs d’eau.
Crise généralisée de la sécheresse
en 2003
Ceci étant, nous voudrions rappeler
pour les amnésiques de tous bords, en
particulier le directeur de l’OEHC, que
face à la crise qui a frappé de plein
fouet les agriculteurs et éleveurs de la
plaine orientale au coeur de l’été 2003,
une réunion d’urgence fut programmée
par les responsables et décideurs de
cette situation catastrophique, en l’occurrence
l’OEHC et son directeur
actuel. Face à leur incurie, les agriculteurs
leur demandèrent non seulement
des solutions d’urgence, mais aussi de
prendre leurs responsabilités. Ils expliquèrent
aussi que l’Office fut induit en
erreur par une enquête faite il y a deux
ans par un bureau d’études du continent.
Et oui, on croit rêver ! comme si
en Corse, les bureaux d’études étaient
des incompétents.
Des propositions concrètes
Au cours de cette réunion, des propositions
précises et concrètes furent
exprimées par les agriculteurs, afin
d’éviter à l’avenir de telles crises dramatiques,
à savoir parmi celles-ci :
- Des pompages à l’avant saison sur
les rivières Abatescu et Travu ;
- Réhabiliter le barrage d’Agnatellu
avec sa mise en eau rapide ( ce dernier
en état d’abandon depuis des décennies,
endommagé par manque d’entretien
par une des crues mémorables de
1989).
Ce qui permettrait de stocker une
quantité importante d’eau de
l’Abatescu, de distribuer de l’eau en
irrigation aux agriculteurs, voire même
de créer une réserve anti-incendie, le
Fiumorbu étant classé zone rouge,
d’installer une microcentrale électrique.
Toutes ces possibilités nous donnent
un aperçu de l’importance de ce barrage.
A souligner qu’avant la crise de
2003, des propositions concrètes
avaient déjà été faites, non seulement
aux élus, mais aussi aux décideurs
patentés, sur la reprise du projet
hydraulique d’Agnatellu. Mais ces propositions,
émanant de nationalistes de
la région, et d’une grande partie de la
population, favorable au projet, furent
rejetées une fois de plus par les politiciens
de service « di a Pulichella » par
un silence méprisant. Il est vrai, qu’il
sont plus aptes à soigner leur image
sur fond de commerce électoraliste,
qu’à faire des propositions économiques
fiables.
L’Arlésienne du barrage d’Agnatellu
est toujours au point mort. Comme le
fut dans son temps le Lycée du
Fiumorbu.
Historique d’un barrage, celui de
l’ex Fortef
Construit par la FORTEF dans les
années 1930-1931, initié par le grand
administrateur que fut DUCREUX, dirigeant
avisé du domaine de la FORTEF,
ce barrage, de type hydroélectrique,
fournira de l’électricité non seulement
au domaine, mais aussi à la grande
usine à meubles d’Agnatellu, qui était
pour son époque la 2ème usine de
France, et même hors de France, par
son importance et la modernité de ses
machines-outils.
Toujours sur l’Abatescu, une autre
mini-centrale électrique fut construite
sur sa partie haute montagneuse, à
savoir Catastagni-San Gavinu di
Fiumorbu où étaient exploitées les
forêts de larici. Quant à Agnatellu, il se
trouve être au débouché de la vallée
de l’Abatescu sur la partie basse-plaine
où fut construit le barrage. Barrage de
conception et de technicité tout à fait
remarquable pour son époque, d’une
capacité de stockage de 800.000 à
1.000.000 environ de m3 d’eau, qui fut
dans son temps doté de deux alternateurs
qui fournissaient la totalité de
l’électricité sur le domaine.
Remarquable pour une époque où, il
faut le souligner, notre région du
Fiumorbu vivait dans l’obscurité et
s’éclairait aux lampes à pétrole, car
l’électrification de la région fut réalisée
dans son intégralité en 1976 avec les derniers villages de Pinellu
et Acquacitoza sur la commune
d’Ornasu Serra di
Fiumorbu. L’état d’abandon
remonte aux années 1958-
1959 lors de la reprise par
l’ex SOMIVAC qui procèdera
au démantèlement et la
liquidation de l’ex FORTEF,
n’étant plus exploité, abandonné
à son triste sort
alors que des repreneurs
potentiels existaient. Le
domaine de l’ex FORTEF
s’étendait sur des milliers
d’hectares en montagne et
plaine avec un bassin
d’emploi de plus de 1.000
ouvriers ; domaine agricole
unique en Corse pour
son époque.
L’Arlésienne du barrage
d’Agnatellu
Malgré la grande crise de
2003, l’OHEC a ce jour,
semble ne pas avoir tiré les
leçons des dramatiques
sécheresses, en particulier
dans le Fiumorbu, les propositions
des agriculteurs
furent caduques et passées
à la trappe di « lascià corre
». Quand ces dirigeants ont
eu charge d’initier une
politique hydraulique
dynamique et volontariste,
nous retrouvons les travers
d’une certaine politique
claniste et à cours terme,
bien loin des réalités du
terrain spécifique Quant à
nos caciques de la politique
clientélaire et claniste,
ne rien attendre de ce
côté-là, étant donné que
toute leur énergie est
consacrée à leur petite, et
minable pulitichella de l’assistanat,
bien loin des préoccupations
économiques
de la région, que ce soit
pour les agriculteurs, voir
les éleveurs.
L’Arlésienne du barrage
d’Agnatellu suit son cours,
jusqu'à quand ! « Rés
mon verba »
Raimondu-Ghjulu
Ottomani