Interpellé en décembre 2005, par la DNAT, sur commission rogatoire
du juge Thiel de la 14e section du parquet de Paris, il m’a été exigé, au
cours de ma garde à vue, un prélèvement ADN, chose à laquelle j’ai
refusé de me soumettre.
J’ai eu une attitude de protestation légitime face à des procédés, des
comportements, basés sur la brutalité, l’irrespect et l’intimidation, qui
caractérisent, depuis de nombreuses années, ces juridictions d’exception
que sont la justice antiterroriste et sa police politique, la DNAT.
En effet, en tant que militant de Corsica Nazione Indipendente, je
m’oppose au fichage ADN des nationalistes corses car il s’agit uniquement
d’un fichage politique et ethnique, d’une atteinte manifeste aux
droits de l’homme. Ce marquage inique est une porte ouverte à l’arbitraire
et au délit d’opinion, c’est une véritable régression démocratique.
Cette justice instaure le délit d’amitié, pourchasse les idées, en
essayant de détruire les hommes et les femmes qui les portent. Cela est
digne des pires dictatures.
Par ailleurs, on est en droit de se demander quelles utilisations pourraient
être faites, par cette justice et cette police spéciales, du fichier
ADN des nationalistes corses, lorsqu’on connaît leurs fonctionnements
et les pratiques graves dont elles ont déjà usées : notamment la fabrication
de faux PV (Castela-Andriuzzi…) ou de fausses preuves (Filidori,
Lorenzoni…). Ce fichier biologique peut ouvrir la voie à diverses
manipulations, comme « l’élimination judiciaire » de certaines personnes
« gênantes » pour l’Etat français. De telles méthodes seraient, à
n’en point douter, couvertes par le Pouvoir, comme l’ont été, dans les
années 70/80, les exactions barbouzardes commises par FRANCIA.
Pour ce légitime refus de prélèvement ADN, j’ai été convoqué devant
le Tribunal Correctionnel de Bastia, en mars 2006, où mes avocats,
Maîtres Stagnara et Talamoni, ont obtenu ma relaxe. Le Tribunal a luimême
considéré, de part sa décision de justice, que ces prélèvements
ADN sont abusifs, en raison de l’absence de charges ou d’éléments à
l’encontre des gardés à vue. Mon cas n’est pas isolé, puisque plusieurs
autres militants ont bénéficié de jugements similaires devant les tribunaux
correctionnels de Bastia et d’Aiacciu, ou la Cour d’appel, pourtant
peu suspects de sympathie à l’égard des nationalistes. Ces décisions
témoignent du caractère illégal du fichage ADN systématique, et
doivent renforcer notre attitude politique de refus face à cette dérive
fascisante de l’Etat, qui va à l’encontre des libertés individuelles des
citoyens.
Henri Palazzo