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Articulu di u numaru 20, dicembre di u 2006


“Anima”... francese ! Pseudo centre culturel



Le peuple corse est un peuple très attaché à sa culture et à ses traditions. L’apport d’éléments culturels étrangers, même français, pourrait être pour nous et pour notre jeunesse un enrichissement fabuleux. Mais, quand au lieu de vouloir porter un plus, on tente d’effacer ce qu’il y a, cela s’appelle l’aculturation. Une spécialité française, en marche dans le Fiumorbu.

De temps à autre, quelques titres médiatiques et racoleurs font leur apparition dans les rubriques locales de la presse unique.

Notamment au sujet de la Base aérienne 126 qui est un des sujets favoris de ce journal. Je pourrais citer en exemple « Anima à l’aube d’un nouveau tour », ou encore « Anima construit pour l’avenir ? » ou de même « Anima sur le devant de la scène à Prunelli di Fiumorbu ».


Mais Anima, c’est quoi au juste ?

Un pseudo centre culturel sans aucun statut, mais plutôt une association hétéroclite où se côtoient une grande majorité de non corses, des femmes de gendarmes ou de militaires, des fonctionnaires français de passage, ou encore d’autres français fraîchement débarqués en Corse. Le tout couronné par un directeur d’école de musique à la moralité douteuse et aux moeurs spéciales.

Sans oublier une municipalité qui alimente largement financièrement parlant cette association.


Quelles sont ces activités ?

Elles sont liées à une programmation culturelle avec pour objet une aculturation de notre jeunesse ! Comme il se doit, notre patrimoine culturel, identitaire, linguistique, musical, théâtral, historique ou cinéphile est banni de toutes programmations, et ce depuis des décennies… Une seule culture a sa place parmi les activités de cette association, c’est la culture française.

Ainsi, nos enfants et notre jeunesse auront droit au dernier trimestre 2006 comme programmation au duo d’artistes Alcaz-théâtre Désir compagnie Hélio. De même, « Boule de neige et le soleil » conte dansé créé par Pato’Brume, et la liste pourrait continuer, les lecteurs du Ribombu pourront se rendre compte du rapport avec notre patrimoine culturel.

Nous sommes aux antipodes de l’association « Scola in cantu » de Dumè Santoni, ou encore de la troupe théâtrale Fiumurbaccia « I Stroncheghjetta » qui ont réalisé un travail remarquable… sans aucune subvention ! Il est vrai que cette culture, la vraie, la nôtre, n’a pas les mêmes valeurs que celle d’Anima qui sont des valeurs liées à une culture, la culture française, que l’on tente d’imposer de force, et si possible que l’on tente de substituer à la culture corse, c’est la définition de l’aculturation, le remplacement d’une culture par une autre, c’est ce que la France a toujours tenté de faire dans ses colonies… C’est une autre facette du colonialisme français en Corse.


Complicité active enseignants-élus

Tout ce beau monde ne peut que se féliciter des résultats positifs enregistrés car les moyens financiers sont au rendez- vous. Un budget de 180 000 euro, qui ne suffit même pas au directeur qui en souhaite toujours plus ! Un budget, bien entendu alimenté en très grande partie par… les contribuables que nous sommes.

On nous explique que par l’entremise de la Collectivité Territoriale de Corse, on veut élaborer une nouvelle politique culturelle qui modifie les missions dévolues aux centres culturels insulaires. Mais Anima n’a rien d’un centre culturel !

C’est une simple association qui joue en permanence à l’anti patrimoine culturel identitaire, à l’anti corsophonie, le tout accompagné d’une programmation dont le but est l’aculturation de notre jeunesse, en utilisant souvent les milieux scolaires. Ceux qui cautionnent et favorisent cette démarche, certains enseignants ou élus, en sont les complices.

D’ailleurs, tout ceci est confirmé par monsieur Van Der Beken, le directeur, par la création d’un espace de dialogue entre les membres de l’association et les « enseignants » de la microrégion permet d’envisager l’élaboration de projets pédagogiques, en collaboration avec Anima. En clair, cela démontre que l’on veut poursuivre la même politique d’aculturation dans l’enseignement.

Et toujours dans la continuité de cette politique, les lecteurs du Ribombu apprécieront l’état d’esprit qui anime les membres de l’association.


Propositions

Dans le cadre de sa programmation du dernier trimestre 2006, je propose à Anima un projet pédagogique se référant à notre patrimoine historique et culturel, à savoir celui de « A festa di a Nazione » du 8 décembre, date qu’une cunsulta réunissant les représentants du peuple corse avait choisi comme fête nationale en janvier 1735, en plaçant la Corse sous la protection de l’Immaculée Conception.

Une opportunité à ne pas manquer pour les responsables d’Anima, qui n’a de corse… que sa propre dénomination. Quand à moi, je parie fort que ce défi ne sera pas relevé par les membres d’Anima, étant donné la politique d’acculturation qu’ils pratiquent !

Donc, leur place n’est pas en Corse, mais ailleurs, dans leur propre pays, la France.

Raimondu Ghjuliu
Francescu Ottomani

 

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