Le peuple corse est un peuple très attaché à sa culture et à ses traditions. L’apport d’éléments
culturels étrangers, même français, pourrait être pour nous et pour notre jeunesse
un enrichissement fabuleux. Mais, quand au lieu de vouloir porter un plus, on
tente d’effacer ce qu’il y a, cela s’appelle l’aculturation. Une spécialité française, en
marche dans le Fiumorbu.
De temps à autre, quelques
titres médiatiques
et racoleurs font leur
apparition dans les rubriques
locales de la presse unique.
Notamment au sujet de la Base
aérienne 126 qui est un des
sujets favoris de ce journal. Je
pourrais citer en exemple
« Anima à l’aube d’un nouveau
tour », ou encore
« Anima construit pour l’avenir
? » ou de même « Anima
sur le devant de la scène à
Prunelli di Fiumorbu ».
Mais Anima,
c’est quoi au
juste ?
Un pseudo centre culturel
sans aucun statut, mais plutôt
une association hétéroclite où
se côtoient une grande majorité
de non corses, des femmes
de gendarmes ou de militaires,
des fonctionnaires français de
passage, ou encore d’autres
français fraîchement débarqués
en Corse. Le tout couronné
par un directeur d’école
de musique à la moralité douteuse
et aux moeurs spéciales.
Sans oublier une municipalité
qui alimente largement financièrement
parlant cette association.
Quelles sont
ces activités ?
Elles sont liées à une programmation
culturelle avec pour objet
une aculturation de notre jeunesse
! Comme il se doit, notre
patrimoine culturel, identitaire,
linguistique, musical, théâtral,
historique ou cinéphile est
banni de toutes programmations,
et ce depuis des décennies…
Une seule culture a sa
place parmi les activités de
cette association, c’est la culture
française.
Ainsi, nos enfants et notre
jeunesse auront droit au dernier
trimestre 2006 comme
programmation au duo d’artistes
Alcaz-théâtre Désir compagnie
Hélio. De même, « Boule
de neige et le soleil » conte
dansé créé par Pato’Brume, et
la liste pourrait continuer, les
lecteurs du Ribombu pourront
se rendre compte du rapport
avec notre patrimoine culturel.
Nous sommes aux antipodes
de l’association « Scola in
cantu » de Dumè Santoni, ou
encore de la troupe théâtrale
Fiumurbaccia « I Stroncheghjetta
» qui ont réalisé
un travail remarquable… sans
aucune subvention ! Il est vrai
que cette culture, la vraie, la
nôtre, n’a pas les mêmes
valeurs que celle d’Anima qui
sont des valeurs liées à une
culture, la culture française,
que l’on tente d’imposer de
force, et si possible que l’on
tente de substituer à la culture
corse, c’est la définition de
l’aculturation, le remplacement
d’une culture par une
autre, c’est ce que la France a
toujours tenté de faire dans ses
colonies… C’est une autre
facette du colonialisme français
en Corse.
Complicité active
enseignants-élus
Tout ce beau monde ne peut
que se féliciter des résultats
positifs enregistrés car les
moyens financiers sont au rendez-
vous. Un budget de
180 000 euro, qui ne suffit
même pas au directeur qui en
souhaite toujours plus ! Un
budget, bien entendu alimenté
en très grande partie par… les
contribuables que nous sommes.
On nous explique que par
l’entremise de la Collectivité
Territoriale de Corse, on veut
élaborer une nouvelle politique
culturelle qui modifie les missions
dévolues aux centres culturels
insulaires. Mais Anima
n’a rien d’un centre culturel !
C’est une simple association
qui joue en permanence à
l’anti patrimoine culturel identitaire,
à l’anti corsophonie, le
tout accompagné d’une programmation
dont le but est
l’aculturation de notre jeunesse,
en utilisant souvent les
milieux scolaires. Ceux qui
cautionnent et favorisent cette
démarche, certains enseignants
ou élus, en sont les complices.
D’ailleurs, tout ceci est
confirmé par monsieur Van
Der Beken, le directeur, par la
création d’un espace de dialogue
entre les membres de l’association
et les « enseignants »
de la microrégion permet d’envisager
l’élaboration de projets
pédagogiques, en collaboration
avec Anima. En clair, cela
démontre que l’on veut poursuivre
la même politique
d’aculturation dans l’enseignement.
Et toujours dans la
continuité de cette politique,
les lecteurs du Ribombu
apprécieront l’état d’esprit qui
anime les membres de l’association.
Propositions
Dans le cadre de sa programmation
du dernier trimestre
2006, je propose à Anima un
projet pédagogique se référant
à notre patrimoine historique
et culturel, à savoir celui de
« A festa di a Nazione » du 8
décembre, date qu’une cunsulta
réunissant les représentants
du peuple corse avait
choisi comme fête nationale en
janvier 1735, en plaçant la
Corse sous la protection de
l’Immaculée Conception.
Une opportunité à ne pas
manquer pour les responsables
d’Anima, qui n’a de corse…
que sa propre dénomination.
Quand à moi, je parie fort que
ce défi ne sera pas relevé par
les membres d’Anima, étant
donné la politique d’acculturation
qu’ils pratiquent !
Donc, leur place n’est pas en
Corse, mais ailleurs, dans leur
propre pays, la France.
Raimondu Ghjuliu
Francescu Ottomani