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Articulu di u numaru 37, Ottobre di u 2008


Antò de Peretti : La création pour résistance



On ne présente plus Antoine de Peretti. Ses sculptures entre autre sont désormais connues et appréciées du grand public. Il y a certes Antoine l’artiste, mais aussi Antoine le militant politique et sa vision passionnée de la Corse d’aujourd’hui et de demain. C’est donc cette interaction pas souvent comprise entre l’art et l’engagement que j’ai tenté de déceler et de saisir. Les questions qui suivent ont pour but de suivre et apprécier l’alchimie de la création en osmose avec les aspirations identitaires d’une île qui n’en finit pas de crier historiquement son droit à être Nation.

U Ribombu Internaziunale : Présentez vous…

Antò de Peretti :
Je suis Sculpteur autodidacte installé à Livia en Alta Rocca. Mon Atelier se trouve à San Gavinu di Carbini. J’ai passé 10 ans au Sahara comme instituteur (important pour moi) !), puis j’ai effectué deux ans de stage à l’Ecole Normale du Mans (5Sarthe) pour me qualifier en métaux, en feuille, Bois, Tissage, Terre. De Retour en Corse j’ai choisi de vivre au Village et ce en tant que nationaliste convaincu !


U.R.I : Comment définiriez-vous votre art ?

A.d.P :
Les dix années passées au Sahara ont été déterminantes ; là j’ai vu travailler les forgerons du désert avec le matériel le plus rudimentaire… une découverte (en 1962). Dès lors, j’ai été touché part l’art des peuples sans écriture (l’Art Africain). Je suis aussi influencé par le Surréalisme et j’ai réalisé plusieurs séries de toile à l’huile avant de me vouer à la sculpture.

Je me reconnais surtout dans le mouvement du «nouveau réalisme», dans le travail et la démarche des maîtres de la sculpture de «l’école de Nice» (Armand, César, Tinguely,…) des années 60. Les matériaux triviaux que j’utilise sont récupérés dans les décharges…matériaux voués à au rebut à l’oubli à la disparition, ils sont les produits encombrant de la société consumériste. J’ai du plaisir à les dévier de leur fonction initial au gré de mon imagination. Le choix du fer comme matière pour l’expression de mon art invite à mettre en cause la mécanique de notre existence : un matériau lourd, fort, rassurant … qui rouille et disparaît…


U.R.I : l’art expo à Livia. Pourquoi ?

A.d.P :
J’ai choisi d’exposer quelques unes de mes réalisations ainsi que bon nombre d’oeuvres de mes amis – tous Corse – dans le pressoir à Olives propriété du Maire de Livia Vincent Gallucci que je remercie pour différentes raisons : Réussir dans ce lieu de mémoire du Village le mariage du travail de nos pères avec le travail artistique des enfants de la Région.

Prouver que dans les micro-régions de l’intérieur de l’île des réalisations pouvaient naître et se pérenniser, que des évènements pouvaient avoir lieu et favoriser la réflexion. Dans ce lieu pourront ainsi s’exposer à la critique tous les acteurs d’un renouveau : peintres, sculpteurs, musiciens, écrivains, comédiens, artistes de tous les genres qui à travers leur création et leur travaux feront la preuve de notre détermination et de notre vitalité.


U.R.I : Faut-il voir aussi dans votre production, une certaine vision de la Corse ? Justement quelle est votre vision de la Corse ?

A.d.P :
Je suis militant nationaliste. Je considère mes efforts et mon travail comme acte militant. J’oeuvre de la façon la plus modeste à la lutte de libération nationale Les efforts consentis aussi bien dans la création que dans l’occupation, sur le terrain, de l’espace artistique sont la vision de la corse que je propose : Celle d’une Corse ouverte… capable de réflexion…en Action… qui va de l’avant ! En ce qui concerne l’action culturel dans l’île, malgré quelques efforts consentis par la région à travers le Fond d’Art Contemporain et quelques manifestations ici et là, il faut reconnaître la pauvreté de l’action politique pour la promotion de l’art contemporain en Corse. Les artistes de talent sont pourtant nombreux … et souvent très seuls !


U.R.I : Un artiste peut-il être un militant dans ses conceptions ?

A.d.P :
je suis un artiste, je suis militant nationaliste … je milite à travers le travail et aussi à travers l’occupation du terrain …mais je pense qu’en aucun cas un artiste ne doit perdre son indépendance, sa liberté de création pour quelque raison idéologique que ce soit. Et Créer c’est anticiper.

« L’’Art fait naître les idées ; il ne les représente pas » disait le sculpteur Constantin Brancusi.

Ulivieru SAULI

 

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