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Articulu di u numaru 28/29, Aostu/Sittembre di u 2007


Fouilles archéologiques dans le Niolu



Depuis l'année dernière, Ghjuvan Filippu Antolini et son équipe fouillent dans le Niolu un site de la fin du Néolithique et de l'Age du Bronze. Sur la commune de Calacuccia, dans le village de Sidossi, un éperon appelé E Mizane, au bord du lac artificiel.

La prospection inventaire


Le préalable à toute fouille archéologique est la prospection inventaire. C'est-à-dire qu'il faut dans un premier temps rechercher en surface, les traces laissées par les hommes préhistoriques pour savoir les endroits qui peuvent être des sites préhistoriques. Cette étape se fait après autorisation de la Direction Régionale des Affaires Culturelles. Le chercheur doit faire le tour d'une micro région déterminée et rendre un rapport en désignant les sites qui ont pu être occupés. Pour les déceler, le chercheur doit étudier la toponymie, qui souvent " parle " beaucoup, puis le relief du terrain et enfin le terrain lui-même, sans bien sûr avoir le droit de creuser. Mais sur les sites occupés aux époques préhistoriques, on trouve toujours en surface des éléments qui permettent d'attester l'occupation.

La prospection inventaire concernant les communes de Calacuccia et d'Albertacce a été rendue en 2005 par Ghjuvan Filippu Antolini, docteur en archéologie préhistorique. Celui lui a permis d'attester de nombreux sites qui n'étaient pas connus jusque là.


Le sondage

Le deuxième niveau est l'obtention d'une autorisation de sondage de la part des mêmes autorités, sous l'égide du ministère français de la Culture et par le biais d'une autorisation préfectorale. En effet, les lois interdisent au public de creuser n'importe où pour chercher des sites car une fouille, même dans son premier niveau, le sondage, doit être précise et entreprise par des spécialistes qui connaissent toutes les techniques pour recueillir un maximum d'information. Il ne faut pas oublier qu'un vestige privé de contexte archéologique perd 80% de son intérêt.

En 2006, l'équipe de recherche du Niolu s'est donc mise en place, après avoir obtenu les autorisations officielles nécessaires pour procéder à une fouille d'évaluation de trois fois un mètre carré. Ce sondage permet de savoir s'il s'agit vraiment d'un site préhistorique et souvent on peut aussi en apprendre plus sur les époques d'occupation du site. La campagne 2006 s'est avérée très fructueuse car le sondage numéro 3 a livré près de 250 tessons de céramique (pour al plupart caractéristiques de l'Age du Bronze) plus deux lames en obsidienne. Ce sont des éléments qui ne trompent pas, le site a bien été occupé à l'Age du Bronze (1800 à 700 b.c.), mais également à la fin du Néolithique, une époque appelée Néolithique terminal-chalcolithique (2500 à 1800 b.c.), c'est-à-dire il y a plus de 4000 ans.

Le sondage numéro 2 a également été très intéressant, puisqu'il a laissé apparaître un grosse pierre qui ne pouvait pas se trouver naturellement à ce niveau car elle avait des traces qui prouvait qu'elle avait été au contact de l'Homme. Il s'agissait selon toute vraisemblance d'une partie d'une " structure ".


La fouille d'évaluation

Pour l'année 2007, Ghjuvan Filippu Antolini a obtenu un sondage élargi, c'est-à-dire 8 mètres carrés qui devaient être fouillés, notamment autour du sondage numéro 2, afin d'en apprendre plus sur la structure. La campagne de fouille qui s'est terminé en août a une nouvelle fois été fructueuse puisque une partie de la structure a été mise au jour. Même si on ne pourra en savoir plus que l'année prochaine, on peut déjà dire que nous sommes sur une structure importante, peut-être un fond de cabane. Beaucoup de matériel a été mise au jour, tessons de céramique, éléments lithiques comme des éclats, un grattoir, et des pointes de flèche qui attestent bien que le site a été occupé à la fin du Néolithique, mais également des éléments en bronze !

Fort des découvertes de cette année, l'équipe archéologique du Niolu demandera pour l'année prochaine une fouille complète de la surface qui devrait permettre de savoir de quelle structure il s'agit exactement.


Le bilan

Le bilan de ces deux campagnes de fouille est excellent. Elles ont permis d'attester un site de toute première importance pour la connaissance de la préhistoire de la montagne corse. Ces fouilles ont constitué un événement pour le Niolu car il ne s'était plus rien passé depuis un quart de siècle au niveau archéologique ! Outre les données scientifiques accumulées, la meilleure connaissance du site et de son occupation, la plus grande réussite de ses campagnes de fouille aura été sans conteste l'adhésion populaire. Non seulement au Niolu, et en particulier à Sidossi, sur la commune de Calacuccia mais également au niveau national corse. De très nombreuses personnes ont participé à ces chantiers de fouilles, des habitants du Niolu, mais également de nombreux étudiants de l'Université de Corse, preuve s'il en était besoin qu'il y a en Corse des gens intéressés par l'archéologie.

Mais la plus belle surprise aura été l'attention toute particulière portée par les anciens du village, qui chaque jour venaient aux nouvelles et s'intéressaient à l'avancé des recherches. Les jeunes du village également se sont intéressés à ce qui se passait, et certains ont même intégré l'équipe archéologique !

Henri Joseph ALFONSI

 

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