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Articulu di u numaru 37, Ottobre di u 2008


L’atlantisme : Meilleur allié de l’indépendantisme



L’instabilité dans le Caucase ne date pas d’hier et pourtant beaucoup semblaient découvrir cette réalité à la vue des chars russes pénétrant dans Gori en ce début août. Y compris les observateurs dits « avisés » des médias français. Cette confrontation était pour eux tout au plus la confirmation d’une volonté impérialiste de la Russie de Poutine, d’un retour en force menaçant face à un occident en crise. La problématique du conflit était vite trouvée, ces mêmes journalistes ayant sous la main tous les éléments d’une information à sensation : la présence du méchant suréquipé incarné par la Fédération de Russie et du bon sans défense, iniquement attaqué : la Géorgie de Saakachvilli. En définitive les déclencheurs du conflit étaient relégués au rang des seconds rôles. Car derrière cette guerre éclaire surmédiatisée se déroulait également une guerre du droit.

Celle de l’opposition entre deux grands principes : celui du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et de l’intégrité territoriale des Etats. Laissons de côté les velléités géorgiennes d’adhésion à l’OTAN ou les visées russes d’une redistribution des cartes au niveau international prenant en compte cette ex-superpuissance pour en revenir à la source du conflit. En effet, nier la question du droit à la souveraineté des Nations sécessionnistes de la région, c’est nier l’éclatement prochain d’autres conflits. La communauté internationale a reconnu au très controversé Kosovo son droit à l’autodétermination et à l’indépendance politique. Les peuples d’Abkhazie et d’Ossétie ont largement et constamment exprimé ce même désir d’indépendance depuis des décennies, avant-même la chute de l’ex-URSS. Ils sont objectivement recevables à réclamer l’application de ce même droit.

Il y a cependant un paramètre à prendre en compte qui dépasse le droit au sens strict et qui demeure indissociable des rapports interétatiques au plan international : le poids des grandes puissances qui véritablement distribuent les rôles et les certificats d’aptitude à l’indépendance nationale. Les intérêts des Etats amènent nécessairement des positions à géométrie variable.

Ainsi, le 17 février 2008 le Kosovo déclare unilatéralement son indépendance et s’empresse de demander une reconnaissance à son allié américain ainsi qu’aux Etats de l’Union Européenne qui dans leur grande majorité leur emboîteront le pas. La Russie quant à elle s’y refuse et soutien, bien que mollement, la Serbie qui dénonce avec vigueur l’avènement d’une forme de « droit des peuples à être dépossédés d’eux-mêmes ».

Lorsque le 25 août le Parlement russe reconnaît officiellement les Républiques sécessionnistes d’Abkhazie et d’Ossétie du Sud, la Communauté internationale à une quasi-unanimité s’indigne d’une violation au principe d’ « intégrité territoriale des Etats ».

Quelle différence fondamentale convient-il alors de prendre en considération entre Kosovars, Abkhazes, Ossètes si ce n’est une stratégie d’alliance ? Gardant également à l’esprit que dans cette « logique » cette-même Fédération de Russie qui annonçait avec l’indépendance du Kosovo l’ouverture de la boîte de Pandore, est également susceptible de voir le droit international se retourner contre elle concernant les Républiques de Tchétchénie et d’Ingouchie. Cela ne saurait tarder… Dans ce nouveau désordre mondial les Etats-Unis d’Amérique avec l’appui de leurs fidèles alliés occidentaux demeurent incontestablement les « gendarmes du monde » et l’atlantisme le meilleur allié de l’indépendantisme.

Quand le droit international ressemble de plus en plus à un petit arrangement entre amis, le droit des peuples à la souveraineté se voit reléguer aux oubliettes de l’Histoire…

P.A Tomasi

 

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