Il existe à priori – malgré
ses difficultés – un
processus de résolution
politique du conflit basque.
Il a, en l’occurrence
pour acteur, outre le
mouvement de libération
nationale basque, l’actuel
gouvernement espagnol
qui n’a fait aucun mystère
de ses intentions.
Mais la réalité de l’occupation
territoriale du
Pays Basque concerne
également la France qui,
en l’état actuel des choses,
et malgré la position
bien particulière de
Madame Alliot – Marie
sur ce sujet, continue
dans la voie répressive à
l’égard des patriotes basques.
Une des dernières
manifestations iniques de
cette répression : l’incarcération
de deux avocats
basques…
Un énième procès
Pendant que le gouvernement
espagnol tente malgré le poids historique
du conflit et le rôle déstabilisateur
du Parti Populaire de mettre
en place un processus politique à
l’égard du Pays basque, la France à
l’opposé – sourde et aveugle semble-
t-il – persévère dans la répression
politique. Un nouveau procès,
un énième procès, s’est conclu le
mercredi 20 décembre à Paris,
devant la 10ème chambre correctionnelle
de Paris. Des peines très
sévères sont prononcées…
Des avocats
en ligne de mire
Deux avocats, Itziar Larraz et
Unai Errea sont lourdement
condamnés respectivement à trois
ans fermes avec interdiction de territoire
et interdiction d’exercer sa
profession pendant 10 ans et à quatre
ans ferme avec là aussi interdiction
du territoire et interdiction
d’exercer sa profession pendant 10
ans… L’objectif paraissant ici d’assimiler
des avocats à des militants
de l’organisation de résistance
armée E.T.A et donc de viser tous
ceux qui militent et travaillent
publiquement au sein des différentes
associations de défense et de
soutien aux prisonniers politiques.
Arrestations
immédiates
Fait encore plus prononcé dans
cette tentative de criminalisation de
la défense, la délivrance en même
temps que le verdict prononcé de
mandats de dépôt immédiatement
exécutables !!!
Ainsi le président n’a donc pas
hésité à demander l’arrestation sur
le champ des deux avocats qui ont
été rapidement menottés et emmenés
vers leur lieu de détention…
Un pas de plus
franchi
On connaît – historiquement – la
haine de la répression judiciaire et
policière française à l’égard du
Mouvement de Libération nationale
basque, on n’a pas non plus oublié
jusqu’où elle pouvait aller, le
« G.A.L. » de sinistre mémoire
résonne encore dans nos pensées…
Aussi ce pas supplémentaire franchi
dans l’escalade des moyens de tentatives
de neutralisation ne nous
surprend pas vraiment : il démontre
la violence d’un système autoritaire
totalement détaché à priori des possibilités
d’apaisement politique et
qui vient jeter de l’huile sur le feu
sur une situation certes complexe
mais qui ne peut échapper à une
réflexion et une oeuvre collective de
résolution pérenne.
Le rôle obscur
de la France
Cette condamnation de deux avocats,
suivie en même temps d’autres
militants basques illustre la permanence
d’un activisme répressif
incompatible avec les mouvements
qui se dessinent côté espagnol, pour
favoriser une sortie de crise. Le dialogue
avec E.T.A. a même été rendu
officiel. La France pour sa part,
apparemment sourde et aveugle aux
potentialités évolutives accentue sa
présence répressive pour de funestes
desseins aux antipodes d’une
paix durable qu’il faudra pourtant
bien édifier.
Ulivieru Sauli