Accolta

Accolta Cap'articulu Attualità Pulitica Ghjustizia Internaziunale I Prigiuneri Fiure Cultura Abbunamentu Cuntatti Ligame


Articulu di u numaru 18, ottobre di u 2006


“Bastia Sud”, quai de transfert des ordures ménagères


Les poubelles ménagères encombrent notre ville et ses alentours. Teghjime n’est plus ! Il faut donc les transporter vers un site (en cours d’étude : enterrer ou incinérer). Pour ce faire, un quai de déchargement et transfert des bennes citadines vers un moyen de transport, d’abord routier puis ferroviaire, est nécessaire. Le but à ne pas perdre de vue est l’éloignement des dites poubelles des zones habitées de la cité.

La municipalité a retenue le site d’Erbaghjolu, situé entre l’usine a gaz (stockages) de l’Arinella et le quartier Erbaghjolu, habité, occupé depuis 30 ans par des immeubles et des villas en quartier résidentiels, la polyclinique, une boucherie industrielle agréée Iso, etc. Les résidents de la Z.I. d’Erbaghjolu, quartier Monte Carlo. Ce terrain étant non constructible, cause proximité gaz, inondable et enclavé.

Une association de défense « Bastia Poubelle » a fédéré tout le quartier et d’autres personnalités, sensibilisées par l’écologie et l’environnement, jugeant ce site inapproprié, car situé à 40 mètres des immeubles et en ville. Sans compter les nombreux autres désavantages : gènes, pollutions diverses : microbiennes, olfactives, sonores, poussières (environ 100 camions circulant dans ce petit espace toute la nuit, jusqu’en matinée, mouches, rats, débordements divers vers l’étang de Chjurlinu (des canaux existent, drainant vers l’étang les eaux, drainage importants en cas de pluie). La liste est longue. Quel est l’intérêt de la municipalité à s’acharner dans le choix de ce site, faisant l’unanimité contre lui, plutôt qu’un autre, certes, non plus sur la commune de Bastia, trop peuplée pour l’y caser, mais ne gênant pas les Bastiais, « électeurs eux aussi et payant de gros impôts communaux » ? Est-ce seulement le prix du déchargement à la tonne ? Encaissable par la mairie soit dit en passant.

Et les déchargements à ciel ouvert par Maistrale, Libecciu, ou d’autres vents dominants en hiver ? Ces vents ont étés mesurés par nos soins à l’anémomètre sur une terrasse d’une résidence située à proximité du site choisi par la municipalité entre 80 et 140 Kilomètres/heure ! Que se passera- t-il ? On abandonne les ordures sur le site ? On décharge quand même et tant pis pour ce qui s’envole chez les voisins ? Ce qui est le cas a chaque tempête, toutes les poubelles (papiers, plastiques et autres) atterrissent sur nos pelouses.

Il y a deux possibilités : ou bien c’est GDF qui ramasse tout (libecciu, maistrale, ouest dominant) ou bien c’est la copropriété Erbaghjolu et ses voisins (autres vents). Il n’y a pas d’autres échappatoires ! Les maladies nosocomiales et respiratoires pourront alors apparaître. Tout cela est intolérable.

Doit-on attendre un problème identique a celui de la cote d’Ivoire (décharges de produits toxiques non contrôlée) ? Car qui contrôle ce que l’on déverse dans les bennes a ordures ?

Ce site va devenir énorme, car son voisinage de la voie ferrée permettra le transfert de plusieurs centaines voire milliers de tonnes d’ordures, depuis un emplacement à ciel ouvert. Le hangar dit conforme avec sas, climatisation, ventilation, etc., prévu a l’origine est abandonné : trop cher ! Mais chacun sait que, 50 camions (voire plus par la suite) transitant en 4 ou 5 heures, de nuit, ne sont pas là pour agrémenter l’environnement, avec les odeurs, le bruit, les microbes, les mouches, les rats, les mouettes, etc., cadeau pour le voisinage.

La population doit être avertie des vrais risques, pas ceux reconnus, filtrés et lissés volontairement par la municipalité (il ne faut pas effrayer les foules !) pour que la viabilité du projet perdure. Ce projet tient à coeur à la municipalité, c’est juste… Mais Les Bastiais vont voir l’Arinella défigurée (tant pis pour l’aire de jeux déjà en place, qui en subira indirectement le contre coup), l’accès à la plage rendu très délicat (tant pis pour les pêcheurs et promeneurs) par la circulation des camions : ceux qui vont venir de tout le district, voire de plus loin par la suite, car cela va s’étendre, plus les camions qui repartent chargés vers la décharge, plus gros, plus bruyants, plus polluants…

Bref, un quartier sera sacrifié, ainsi que ses habitants. Il faut que la solidarité joue et empêche un tel gâchis : ce quartier n’a pas a être sacrifié. Il faut fléchir les donneurs d’ordres, qui en font une affaire personnelle (l’histoire du pont de la rivière Qwai se répète) afin qu’ils déplacent ce projet, au demeurant indispensable, vers un site plus au sud. Il en existe plusieurs. A eux de faire l’effort de s’adapter aux besoins de la population et non pas à la population à se sacrifier sur l’autel de l’autoritarisme, à accepter une telle punition !

Il n’y a pas de « cerfs ni de seigneurs » mais la démocratie, où chacun a des droits, dont celui de survivre dans un environnement qui le permet, sans sacrifier les économies de toute une vie de travail, sa santé, etc. N’est-ce pas l’objectif de la « gauche » ? Peut-être y a-t-il eu déviance, que cet objectif a été perdu de vue dans l’enthousiasme de la chose, que l’objectif de la notoriété ou du gain a occulté l’idée première du mouvement ? Mais, quand on se transmet le pouvoir de père en fils sur plusieurs générations, le premier mots qui vient à l’éprit n’est pas vraiment celui de démocratie…

Francescu Albertini

 

Sur le même thème

© U Ribombu Internaziunale — 2006