Les poubelles ménagères encombrent
notre ville et ses alentours.
Teghjime n’est plus ! Il faut donc les
transporter vers un site (en cours
d’étude : enterrer ou incinérer). Pour
ce faire, un quai de déchargement et
transfert des bennes citadines vers
un moyen de transport, d’abord routier
puis ferroviaire, est nécessaire.
Le but à ne pas perdre de vue est
l’éloignement des dites poubelles des
zones habitées de la cité.
La municipalité a retenue le site
d’Erbaghjolu, situé entre l’usine a gaz
(stockages) de l’Arinella et le quartier
Erbaghjolu, habité, occupé depuis 30
ans par des immeubles et des villas
en quartier résidentiels, la polyclinique,
une boucherie industrielle
agréée Iso, etc. Les résidents de la
Z.I. d’Erbaghjolu, quartier Monte
Carlo. Ce terrain étant non constructible,
cause proximité gaz, inondable
et enclavé.
Une association de défense « Bastia
Poubelle » a fédéré tout le quartier et
d’autres personnalités, sensibilisées
par l’écologie et l’environnement,
jugeant ce site inapproprié, car situé
à 40 mètres des immeubles et en
ville. Sans compter les nombreux
autres désavantages : gènes, pollutions
diverses : microbiennes, olfactives,
sonores, poussières (environ 100
camions circulant dans ce petit
espace toute la nuit, jusqu’en matinée,
mouches, rats, débordements
divers vers l’étang de Chjurlinu (des
canaux existent, drainant vers l’étang
les eaux, drainage importants en cas
de pluie). La liste est longue. Quel
est l’intérêt de la municipalité à
s’acharner dans le choix de ce site,
faisant l’unanimité contre lui, plutôt
qu’un autre, certes, non plus sur la
commune de Bastia, trop peuplée
pour l’y caser, mais ne gênant pas les
Bastiais, « électeurs eux aussi et
payant de gros impôts communaux » ?
Est-ce seulement le prix du déchargement
à la tonne ? Encaissable par
la mairie soit dit en passant.
Et les déchargements à ciel ouvert
par Maistrale, Libecciu, ou d’autres
vents dominants en hiver ? Ces vents
ont étés mesurés par nos soins à
l’anémomètre sur une terrasse d’une
résidence située à proximité du site
choisi par la municipalité entre 80 et
140 Kilomètres/heure ! Que se passera-
t-il ? On abandonne les ordures
sur le site ? On décharge quand
même et tant pis pour ce qui s’envole
chez les voisins ? Ce qui est le
cas a chaque tempête, toutes les
poubelles (papiers, plastiques et
autres) atterrissent sur nos pelouses.
Il y a deux possibilités : ou bien
c’est GDF qui ramasse tout (libecciu,
maistrale, ouest dominant) ou bien
c’est la copropriété Erbaghjolu et ses
voisins (autres vents). Il n’y a pas
d’autres échappatoires ! Les maladies
nosocomiales et respiratoires pourront
alors apparaître. Tout cela est
intolérable.
Doit-on attendre un problème identique
a celui de la cote d’Ivoire
(décharges de produits toxiques non
contrôlée) ? Car qui contrôle ce que
l’on déverse dans les bennes a ordures
?
Ce site va devenir énorme, car son
voisinage de la voie ferrée permettra
le transfert de plusieurs centaines
voire milliers de tonnes d’ordures,
depuis un emplacement à ciel
ouvert. Le hangar dit conforme avec
sas, climatisation, ventilation, etc.,
prévu a l’origine est abandonné :
trop cher ! Mais chacun sait que, 50
camions (voire plus par la suite)
transitant en 4 ou 5 heures, de nuit,
ne sont pas là pour agrémenter l’environnement,
avec les odeurs, le
bruit, les microbes, les mouches, les
rats, les mouettes, etc., cadeau pour
le voisinage.
La population doit être avertie des
vrais risques, pas ceux reconnus, filtrés
et lissés volontairement par la
municipalité (il ne faut pas effrayer
les foules !) pour que la viabilité du
projet perdure. Ce projet tient à
coeur à la municipalité, c’est juste…
Mais Les Bastiais vont voir l’Arinella
défigurée (tant pis pour l’aire de jeux
déjà en place, qui en subira indirectement
le contre coup), l’accès à la
plage rendu très délicat (tant pis
pour les pêcheurs et promeneurs)
par la circulation des camions : ceux
qui vont venir de tout le district,
voire de plus loin par la suite, car
cela va s’étendre, plus les camions
qui repartent chargés vers la
décharge, plus gros, plus bruyants,
plus polluants…
Bref, un quartier sera sacrifié, ainsi
que ses habitants. Il faut que la solidarité
joue et empêche un tel gâchis
: ce quartier n’a pas a être sacrifié. Il
faut fléchir les donneurs d’ordres, qui
en font une affaire personnelle (l’histoire
du pont de la rivière Qwai se
répète) afin qu’ils déplacent ce projet,
au demeurant indispensable, vers
un site plus au sud. Il en existe plusieurs.
A eux de faire l’effort de
s’adapter aux besoins de la population
et non pas à la population à se
sacrifier sur l’autel de l’autoritarisme,
à accepter une telle punition !
Il n’y a pas de « cerfs ni de seigneurs
» mais la démocratie, où
chacun a des droits, dont celui de
survivre dans un environnement qui
le permet, sans sacrifier les économies
de toute une vie de travail, sa
santé, etc. N’est-ce pas l’objectif de la
« gauche » ? Peut-être y a-t-il eu
déviance, que cet objectif a été
perdu de vue dans l’enthousiasme de
la chose, que l’objectif de la notoriété
ou du gain a occulté l’idée première
du mouvement ? Mais, quand
on se transmet le pouvoir de père en
fils sur plusieurs générations, le premier
mots qui vient à l’éprit n’est pas
vraiment celui de démocratie…
Francescu Albertini