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Articulu di u numaru 15, lugliu di u 2006


Transit des déchets : Zuccarelli contre “Bastia poubelle” !


Le député-maire de Bastia veut implanter une station de transit de résidus urbains entre la clinique Poli, l’étang de Chjurlinu, et des habitations ! Même le préfet donne un avis défavorable. La population se mobilise derrière l’association Bastia poubelle, et son président Olivier Giudicelli qui a accepté de répondre aux questions du Ribombu.

Le 24 juin 2006.

U Ribombu : Pourriez-vous vous présenter et présenter votre action ?
Olivier Giudicelli :
Je m’appelle Olivier Giudicelli et je suis président de l’association « Bastia poubelle ». Nous nous opposons au projet de réalisation d’une station de transit de résidus urbains à l’intérieur du périmètre de l’Arinella et d’Erbajolo.

U RIB. : Qu’est-ce qu’une station de transit de résidus urbains ?
O. G. :
Le plan interdépartemental d’élimination des déchets demande à ce que les ordures ménagères transitent par un quai de transfert afin qu’elles puissent être transportées par voie ferroviaire vers un lieu où elles seront traitées.

U Rib. : Et quel est le problème dans ce cas ?
O. G. :
L’emplacement ne nous semble pas compatible avec la réglementation en vigueur, ce en quoi le préfet nous a donné raison. En effet, celui-ci a donné un avis défavorable à une première demande d’autorisation au titre des installations classées pour la protection de l’environnement demandée par le président de la communauté d’agglomération de Bastia (CAB), monsieur Emile Zuccarelli. Concernant l’étude d’impact, la pollution, l’impact acoustique et l’étude des dangers, ce document s’est avéré incomplet.

U Rib. : Cela vous étonne- t-il ?
O. G. :
Non, pas du tout. La CAB a choisi un site dont le cahier des charges va s’avérer extrêmement difficile à tenir, dont voici une liste non exhaustive. Tout d’abords l’hygiène. 80 tonnes d’ordures ménagères par jour transiteront à quelques mètres d’immeubles d’habitations individuels et collectifs, ainsi que des établissements recevant du public (dont une clinique). Imaginez des camions bennes attendant d’être déchargés et des machines qui compacteront des ordures avant que celles-ci ne soient chargées sur un train. Vu le volume et le traitement que recevront ces ordures, nous pensons que d’énormes risques sanitaires sont à craindre pour l’environnement.

Ensuite, les risques de pollution de la zone protégée de l’étang de Biguglia. Le site choisi est voisin de cette zone protégée se trouvant sur Furiani. En cas d’inondation (le quai se trouve dans une zone potentiellement inondable), des dommages irréversibles pour la faune et la flore sont à prévoir. Sans oublier une pollution évidente de la nappe phréatique. Pour ce qui est des risques liés au site SEVESO de la station gaz de France, des zones de sécurité désignées par des études de danger et d’impact interdisent toute construction. Et pour finir l’impossibilité de mesurer les impacts olfactifs, sonores ou visuels qui peuvent également justifier un refus du projet. Si un asthmatique, incommodé par ce quai, fait un malaise et meurt, qui sera responsable ?

U Rib. : Pourtant le député-maire de Bastia, Emile Zuccarelli, a toujours dit que ce projet était un « bon projet » ?
O. G. :
Evidement, monsieur Zuccarelli est le maître d’ouvrage de ce futur quai de chargement ! Si vous demandiez un permis de construire pour un tel site, diriez-vous qu’il pourrait représenter un danger pour la santé et la sécurité des personnes et des biens ?

U Rib. : Diriez-vous que monsieur Zuccarelli utiliserait sa position dominante de députémaire et de président de la CAB pour obtenir un permis de construire plus facilement ?
O. G. :
Non je n’ai pas dit cela. Mais si un particulier demandait un permis de construire pour un tel outil en étant coincé entre une zone résidentielle et commerciale, un site SEVESO, une zone protégée, le tout sur un terrain potentiellement inondable, aurait-on vu dans la presse que ce projet est un « bon projet » ?

U Rib. : A l’heure actuelle, quelles sont vos plus grandes craintes ?
O. G. :
Il s’agit de l’obstination apparente de la CAB qui, ayant jeté son dévolu sur ce site, ne semble pas, à notre avis, avoir mesuré les risques de s’enliser dans des études et des procédures qui pourraient aller du retard de la réhabilitation de Teghjime jusqu’au dépassement des dates de crédit alloués pour ce site.

Nous estimons ne pas nous appuyer sur des raisons fantasmatiques mais sur des faits et nous sommes prêts à faire valoir nos droits, du tribunal administratif de Bastia jusqu’au conseil de justice de l’union européenne, s’il le fallait.

Propos recueillis par Marzulinu

 

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