Le député-maire de Bastia veut implanter une station de transit de résidus urbains entre la
clinique Poli, l’étang de Chjurlinu, et des habitations ! Même le préfet donne un avis défavorable.
La population se mobilise derrière l’association Bastia poubelle, et son président
Olivier Giudicelli qui a accepté de répondre aux questions du Ribombu.
Le 24 juin 2006.
U Ribombu : Pourriez-vous
vous présenter et
présenter votre action ?
Olivier Giudicelli : Je m’appelle
Olivier Giudicelli et je
suis président de l’association
« Bastia poubelle ».
Nous nous opposons au
projet de réalisation d’une
station de transit de résidus
urbains à l’intérieur du
périmètre de l’Arinella et
d’Erbajolo.
U RIB. : Qu’est-ce qu’une
station de transit de
résidus urbains ?
O. G. : Le plan interdépartemental
d’élimination des
déchets demande à ce que
les ordures ménagères transitent
par un quai de transfert
afin qu’elles puissent
être transportées par voie
ferroviaire vers un lieu où
elles seront traitées.
U Rib. : Et quel est le
problème dans ce cas ?
O. G. : L’emplacement ne
nous semble pas compatible
avec la réglementation
en vigueur, ce en quoi le
préfet nous a donné raison.
En effet, celui-ci a donné
un avis défavorable à une
première demande d’autorisation
au titre des installations
classées pour la protection
de l’environnement
demandée par le président
de la communauté d’agglomération
de Bastia (CAB),
monsieur Emile Zuccarelli.
Concernant l’étude d’impact,
la pollution, l’impact
acoustique et l’étude des
dangers, ce document s’est
avéré incomplet.
U Rib. : Cela vous étonne-
t-il ?
O. G. : Non, pas du tout.
La CAB a choisi un site
dont le cahier des charges
va s’avérer extrêmement
difficile à tenir, dont voici
une liste non exhaustive.
Tout d’abords l’hygiène. 80
tonnes d’ordures ménagères
par jour transiteront à
quelques mètres d’immeubles
d’habitations individuels
et collectifs, ainsi
que des établissements
recevant du public (dont
une clinique). Imaginez des
camions bennes attendant
d’être déchargés et des
machines qui compacteront
des ordures avant que
celles-ci ne soient chargées
sur un train. Vu le volume
et le traitement que recevront
ces ordures, nous
pensons que d’énormes
risques sanitaires sont à
craindre pour l’environnement.
Ensuite, les risques de pollution
de la zone protégée
de l’étang de Biguglia. Le
site choisi est voisin de
cette zone protégée se
trouvant sur Furiani. En cas
d’inondation (le quai se
trouve dans une zone
potentiellement inondable),
des dommages irréversibles
pour la faune et la flore
sont à prévoir. Sans oublier
une pollution évidente de
la nappe phréatique.
Pour ce qui est des risques
liés au site SEVESO de la
station gaz de France, des
zones de sécurité désignées
par des études de danger
et d’impact interdisent
toute construction.
Et pour finir l’impossibilité
de mesurer les impacts
olfactifs, sonores ou visuels
qui peuvent également justifier
un refus du projet. Si un asthmatique, incommodé
par ce quai, fait un
malaise et meurt, qui sera
responsable ?
U Rib. : Pourtant le
député-maire de Bastia,
Emile Zuccarelli, a toujours
dit que ce projet
était un « bon projet » ?
O. G. : Evidement, monsieur
Zuccarelli est le
maître d’ouvrage de ce
futur quai de chargement
! Si vous demandiez un
permis de construire pour
un tel site, diriez-vous
qu’il pourrait représenter
un danger pour la santé
et la sécurité des personnes
et des biens ?
U Rib. : Diriez-vous que
monsieur Zuccarelli utiliserait
sa position
dominante de députémaire
et de président de
la CAB pour obtenir un
permis de construire
plus facilement ?
O. G. : Non je n’ai pas
dit cela. Mais si un particulier
demandait
un permis
de construire
pour un tel
outil en étant
coincé entre
une zone résidentielle
et commerciale,
un site SEVESO,
une zone
protégée, le
tout sur un terrain
potentiellement
inondable, aurait-on vu
dans la presse
que ce projet
est un « bon
projet » ?
U Rib. : A l’heure actuelle,
quelles sont vos plus
grandes craintes ?
O. G. : Il s’agit de l’obstination
apparente de la CAB
qui, ayant jeté son dévolu
sur ce site, ne semble pas,
à notre avis, avoir mesuré
les risques de s’enliser dans
des études et des procédures
qui pourraient aller
du retard de la réhabilitation
de Teghjime jusqu’au
dépassement des dates de
crédit alloués pour ce site.
Nous estimons ne pas nous
appuyer sur des raisons
fantasmatiques mais sur
des faits et nous sommes
prêts à faire valoir nos
droits, du tribunal administratif
de Bastia jusqu’au
conseil de justice de
l’union européenne, s’il le
fallait.
Propos recueillis par
Marzulinu