Pour l'ensemble des nationalistes
corses ça restera, et vous le verrez,
une journée historique, historique
dans sa dimension politique,
parce qu'enfin nous allons trouver les
voies de l'apaisement définitif et une
mise en synergie de tous nos moyens.
Avant de vous exposer la vision du
Rinnovu pour un espace nationaliste
refondé, je vais revenir sur le passé
contemporain du nationalisme pour
que les jeunes militants, ceux qui ont
aujourd'hui 20 ans comprennent ce
qui s'est passé lorsque nous nous
avions 20 ans. Alors le nationalisme
contemporain est héritier de cette logique
corse de résistance contre l'oppression
et surtout de l'héritage magnifique
légué par Pascal Paoli qui a fait il
y a 2 siècles la première nation libre du
monde; cependant il nous a fallu 2 siècles
pour reprendre conscience de nos
véritables valeurs et de nos véritables
droits. Il a fallu attendre dans les
années 60, la première invasion en
grande masse, l'invasion des piedsnoirs,
pour qu'il y ait la prise en
compte d'une identité nationale et que
germe dans nos esprits la volonté de
résister. (...) Au début, on l'a dit lors des
débats préliminaires, ça a été ce que a
appelé u riaquistu culturale tout ce
qu'on a voulu, mais a germé une idée
régionaliste : que la Corse pouvait être
elle-même, adossée à la nation française
; et il est né le courant régionaloautonomiste
qui a progressé et qui a
développé le sentiment national
jusqu'au milieu des années 70. Ce courant
a, à un moment donné, montré ses
limites et il y a eu dès 1976, dâte historique,
la création du FLNC par la
volonté de la jeunesse corse de trouver
les voies et moyens de perpétuer le
combat séculaire qui avait été abandonné
momentanément. Et le FLNC
s'est imposé sur le plan politique sur le
plan militaire, il a coexisté avec le courant
régionaliste de manière conflictuel
au niveau des idées, mais de manière
très amicale pour ce qui concerne les
rapports politiques. (...) Pendant très
longtemps le FLNC a imposé la ligne
directrice. Le nationalisme a continué à
ce moment là à susciter un intérêt
international, un intérêt local, et une
progression permanente jusqu'en 1992
où il a atteint le maximum de ses scores
électoraux (...). A ce moment là, il y
a eu déja les germes de la division, les
germes de la manipulation et de l'affrontement.
(...) Mais malgré tout on
était en crise de croissance et le score
électoral a été au rendez vous, il a été
sur un rendez-vous électoral, mais il
n'a pas été sur un rendez-vous politique
majeur car dès le lendemain, les
divisions ont pris le dessus, elles ont
pris le dessus parce qu'à ce moment là,
le défaut majeur d'avoir une direction
politico-militaire, c'est d'avoir une
direction occulte. C'est d'avoir des
chefs qui sont inconnus du grand
public mais qui sont connus des cadres
dirigeants politiques et surtout c'est de
permettre les manipulations. Et à ce jeu
là l'Etat français est le meilleur du
monde, un des plus aguerri, dans ce
qui s'appelle la manipulation mentale,
globale, les manipulations d'opinion et
les retournements d'individus. De l'argent
a été donné, et surtout il y a eu un
message clair qui a été donné par l'Etat
à tous les Flnc : soyez le premier nous
discuterons avec vous ! Le message
était implicite, à défaut d'être explicite,
il suffisait que l'un ou l'autre des Flnc
l'emporte pour qu'il devienne l'interlocuteur
final. (...) Et ça a été le début du
déclin, le début du déclin parce qu'au
lieu d'engranger les fruits de 20 années
de lutte politique, de conscientisation
de la Corse, on s'est évertuer, à partir
de là, à travailler en contre les uns les
autres. Et on est arrivé au pire. On a tué
des hommes, des militants brillants,
des militants courageux. Les uns par les
autres, sans savoir pourquoi. Ou du
moins en se laissant volontairement
manipulé pour les uns, inconsciemment
pour les autres mais de manière
néfaste dans la globalité. Ça c'est la
triste réalité du nationalisme des
années 90.(...) Il a fallu qu'il y ait un
acte politique et militaire majeur, qui
peut être répréhensible sur le fond mais
qui dans l'action est né de la volonté
de certains hommes de faire cessez
cette guerre. Et cet acte, ça a été l'assassinat
du préfet Erignac. A partir de
1997 sans que les nationalistes en
guerre discutent entre eux, ils se sont
naturellement arrétés, les hostilités ont
cessé, sans qu'aucune trève ou paix ait
été déclarée, et c'est ce qui a permis à
ce moment là des rapprochements, et
ce qui a permis plus tard les accords de Migliaccariu.(...) On a essayé à partir
de 98, pour ce qui concerne le
Rinnovu, de porter un message, un
message de refondation, un message
de création d'un parti pluriel à tendances.
On a été peut-être à ce moment là
trop naïf, trop idéaliste (...) Il y a un an,
nous avons été invités aux Journées,
nous sommes revenus pour la première
fois depuis 15 ans pour porter ce message
en expliquant qu'on ne faisait pas
de blocage qu'on ne faisait pas un
refus, qu'on n'était pas là pour aller en
contre. On était là pour tout donner
justement, mais pour tout donner, il
nous manquait encore quelque chose,
ce quelque chose c'est la confiance les
uns les autres. Et c'est la garantie que le
projet en construction sera un projet
politique alternatif au service exclusif
du peuple corse et qu'il ne soit pas au
service des hommes, des egos, et qu'il
soit projetable dans les générations
futures. En clair, on l'a dit, on le réaffirme
ce soir, on était partant pour un
mouvement fusionnel, pour que les
organisations issues des fractures du
passé fassent leur autocritique, fassent
leur mea culpa et qu'elles soient prètes
à se dissoudre pour se refonder dans un
espace populaire qui soit à la dimension
de l'enjeu et du chemin qu'il nous
reste à accomplir. (...) La société corse
aujourd'hui c'est une société qui est en
pleine déliquescence et il y a l'Etat, un
Etat omniprésent qui favorise les divisions,
qui organise la Corse avec une
suradministration volontaire et qui
répartit des mini-parcelles de pouvoirs
à une multitude de relais et de vassaux
locaux. (...) ça c'est la volonté étatique,
mais surtout il y a les Corses compromis,
il y a ces Corses compromis qui
font en permanence allégence; là aussi
ils le font avec vice, avec recherche de
profit, ou avec naiveté ; mais ils le font
envers et contre tout , ils le font contre
leurs intérêts , ils le font contre les intérêts
des Corses, ils le font contre les
intérêts de la nation Corse.(...) Donc il
est important aujourd'hui de savoir ce
que l'on veut faire. Donc ne nous trompons
pas d'adversaires.(...) Restons
sereins, redevenons nous-mêmes,
redevenons nous-mêmes car les enjeux
sont très importants. Il y a aujourd'hui
en Corse une situation qui n'a jamais
été aussi négative.(...) La réalité économique
c'est que les Corses deviennent
de plus en plus pauvres en Corse, il
arrive des étrangers riches qui s'accaparent
toutes nos richesses, que les
Corses cèdent souvent à la tentation de
la spéculation. (...) Nous sommes dans
une situation qui est dramatique, on
est, je pense, la dernière force vive
consciente de son destin et il nous
appartient de le gérer avec une efficacité
politique que nous n'avons jamais
eu dans le passé. C'est pour cela qu'il
devient obligatoire de constituer une
force politique alternative qui soit une
force exemplaire. On ne peut plus se
contenter d'incantations creuses : parler
d'indépendance, parler d'autodétemination,
parler d'autonomie, de souveraineté,
de la lutte contre la colonisation.
On doit donner un contenu. Les
contenus ça va être l'organisation du
mouvement que l'on va faire, ça va être
un contenu sur deux axes : il va y avoir
le message, le discours ; le programme
pour l'indépendance, pour la souveraineté.
Celui-ci sera clair, on va annoncer
un but final, une souveraineté
pleine et entière, on va donner un axe
à la lutte. Surtout on va expliquer à nos
partenaires potentiels du courant
“modéré” que nous sommes le progès
et qu'ils sont eux dans l'archaïsme. Car
aujourd'hui réclamer un régionalisme
avancé ou une autonomie, c'est de la
déraison. La lucidité aujourd'hui c'est
de comprendre que l'Europe de
demain sera une Europe fédérale. Des
pays entiers sont en train de se démembrer,
l'Espagne, l'Angleterre, (...) Il ne
va plus rester que la France, et la
France ne pourra rester dans l'Europe
de demain une entité souveraine de 70
millions d'habitants face à des régions
fédérales dont la plus grande ne dépassera
pas 15 millions d'habitants. Dans
ce contexte, il est évident que l'Europe
sera fédérale et qu'à ce titre la Corse a
toute sa place : car elle a le droit historique,
elle a des frontières, elle a un
peuple, elle a une histoire, et elle a un
destin à accomplir. La Corse a autant
de droit que Malte, autant de droit que
Chypre, autant de droit que le Kosovo,
ou que la Macédoine. (...) Dans ce
contexte, on ne doit avoir aucun complexe,
je pense qu'on est l'incarnation
d'un peuple vaillant, d'un peuple
dynamique, d'un peuple combattant
qui se projette dans l'avenir. Se projetter
c'est être pesuadé que la Corse de
demain, du jour au lendemain, sera
plus riche que la Corse avec la France.
La France n'a rien fait d'autre que nous
anéantir, de nous oppresser, les institutions
françaises en Corse sont le poids
économique qui nous empèche le
développement.(...) Dans ces conditions
là, il faut se dire que l'heure elle
est à lutte, elle n'est pas à la figuration,
elle n'est pas à des discours soft, elle
n'est pas à l'asservissement, elle n'est
pas à la complaisance. Notre objectif
c'est de créer une force politique qui
soit non seulement une force alternative
au système en place, mais ça doit
être une force qui sera une force de
gouvernement, le prochain mouvement
doit avoir une ossature politique
qui permette à la fois aux Corses et à
nos interlocuteurs internationaux de
comprendre que nous avons les capacités
humaines, politiques, physiques d'imposer un rapport de force et de
faire comprendre à notre propre peuple
qu'il fera mieux vivre à nos cotés avec
nos propositions qu'avec la France ,
avec son système colonial, et avec la
déchéance à laquelle elle nous conduit
chaque jour.(...) Dans ce contexte, il ne
faudra pas qu'on se trompe, il ne faudra
pas penser que les miltants dans
une assemblée comme aujourd'hui
pourront déléguer à un exécutif, fut-il
collégial et pluriel. Non. Il faudra une
pratique au quotidien, démocratique,
une expression des minorités, un croisement
des idées, des discussions pour
qu'on trouve les voies d'un consensus
global, a minima, sur le projet politique.
(...) Dans ce contexte, il n' y aura
pas de place au doute, chaque militant
devra comprendre qu'il devra retrouver
une place active, il ne pourra plus être
un spectateur, on aura besoin de tout le
monde. On ne pourra pas se contenter
d'une délégation et de critiquer derrière.
Il faudra redevenir des militants
de sections, des militants de région. On
aura besoin d'une masse énorme, car
le chantier d'un projet de gouvernement
a besoin de tout le monde. A tous
les étages, dans toutes les compétences,
dans toutes les classes sociales,
toutes les couches de la société, tous
les horizons: ça c'est un projet que
malheureusement on fait peut-être
avec 10 ans de retard, mais on sera
obligé de le faire sans rien oublier et en
ne sacrifiant aucun principe. Tout ceci
pourquoi ? Parce qu'on est dans une
lutte révolutionnaire et qu'aujourd'hui
il y a 70 prisonniers, il y a plusieurs
personnes qui sont condamnés à de
longues peines et si l'on se projette sur
la situation unique d'aujourd'hui, ils
sont condamnés à mourir en prison
car ne sommes en Corse sur une dynamique
de victoire. Pour ces militants,
pour tous ceux qui font le sacrifice
suprème, nous sommes condamnés à
avoir une solution politique qui soit
efficace qui fasse fi de toutes les
erreurs, qui oblige les militants qui ont
commi ces fautes à prendre leur responsabilité
et à ne pas hypothéqué la
lutte de demain. Ça c'est un gage, ça
ne sera écrit nulle part, mais ça sera
dans la conscience de chacun : on ne
doit plus faire les erreurs d'hier. (...) Il
faut que chacun ait la conscience de ce
qu'il a fait de bien, de ce qu'il a fait de
mal et surtout de ce qu'il lui reste à
faire. Pour notre part on prend l'engagement
solennel de se mettre exclusivement
au service de la refondation et
de faire fi de notre personne, d'être
prèt à tous les sacrifices, à une condition
qu'on soit tous les uns derrière les
autres qu'il n'y ait pas d'un coté ceux
qui regardent et de l'autre coté ceux
qui font. Alors aujourd'hui je crois
que notre route est tracée, ce sera une
route sans aucune compromission,
avec des objectifs clairs. La première
étape qu'on doit annoncer dans une
feuille de route de reconquête de l'indépendance,
ça va être dans l'immédiat
des mesures protectionnistes pour
que cesse la spéculation en Corse. (...)
Pour cela il faudra très rapidement,
une avancée institutionnelle qui définisse
une citoyenneté territoriale qui
débouchera rapidement sur une nationalité.
La France l'a déja fait pour la
Nouvelle calédonie, il n'y a pas de
raisons qu'elle ne le fasse pas pour la
Corse, ça sera la seule solution, il faut
règlementer les échanges en Corse,
nous n'avons pas les moyens de lutter
contre le grand capital. Nos seuls
moyens, ce sont ceux qui choisi la voie
du sacrifice, ce sont des moyens qui
sont difficilles, on salue le courage de
ces miltants qui essayent, par ce que
l'on appelle la voire de la violence, de
s'opposer à ces dérives. Mais seuls ils
n'y arriveront pas. Parce qu'ils seront,
s'ils restent seuls, dans la voie de la
marginalisation, ils seront arrétés, chatiés,
punis, déportés. Lorque vous
regardez l'amplitude des peines de prison
sur ces militants sincères et
dévoués, lorsque vous regardez les
peine de 15 pour des attentats symboliques,
vous prenez la mesure de la
séparation qu'il y a entre les incantations
verbeuses d'un nationalisme soft
et la réalité du sacrifice des combattants
nationalistes.
Dans ce contexte, je vous renvoie la
balle à vous les militants, je vous
demande de vous investir, de prendre
la chemin de la militance, de revenir.
Il est certain qu'il y a du septicisme.
Les nationalistes, le nationalisme a
commis tellement de fautes à vos yeux,
aux yeux de l'opinion, qu'on peut-être
sceptique. Mais le nationalisme a permis
tellement d'avancées, qui sont tellement
fortes par rapport à ces dérives qu'il faut
redonner une chance. Une chance pour
qu'il y ait l'organisation d'un espace
politique qui soit à la hauteur de l'enjeu.
Il faut obliger ceux qui prendront le
mauvais chemin à revenir, il faudra leur
laisser toute la lattitude pour qu'il prennent
conscience qu'il n'y a qu'une voie.
C'est la voie de la lutte, la voie de la sincérité,
la voie de l'honneteté. C'est probablement
la voie du sacrifice, mais à
une condition, c'est qu'il y ait une finalité
: la souveraineté pleine et entière
d'une Corse qui reprenne toute sa place.
EVIVA A LOTTA !
EVIVA A RESISTENZA !