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Articulu di u numaru 35/36, Agostu/Settembre di u 2008


La BNP renonce à la spoliation de la Corse



C'est par une jolie photo qui sentait bon l'air des vacances, que l'on apprenait le 4 août dernier que la BNP envisageait, ni plus ni moins, des facilités d'accès à la propriété pour des étrangers non résidents en Corse. Dans le contexte politique et social actuel, ou la Corse est victime d'une dépossession foncière et d'une spéculation immobilière au profit de nantis, il s'agissait ni plus ni moins d'une provocation grave de la part de la banque. Comment pouvait-on envisager de participer à un effort de spoliation alors que les Corses, déjà minoritaires sur leur terre, n'arrivent déjà plus euxmême, dans leur grande majorité, à accéder à la propriété voire a conserver et faire valoir ou fructifier leur patrimoine. Dès l'annonce de cette nouvelle, les nationalistes, réunis à Corti pour les Ghjurnate, ont décidé de se mobiliser et d'occuper dès le lundi après-midi les locaux de la banque à Aiacciu et Bastia. Plus d'une centaine de militants a participé à cette action plus que symbolique car il s'agissait de faire reculer la BNP dans son projet néfaste.

Chose réussie car, dans la soirée, la direction de la BNP renonçait par un communiqué à ce projet néfaste. L'idée était essentiellement de rappeler que les Corses sont les ayant droit naturel de ce pays et qu'ils n'avaient pas l'intention de finir dans des réserves entourées par des rapaces fortunés.

En effet, il est inconcevable que les Corses rencontrent, depuis de nombreuses années, d'énormes difficultés à se loger alors même que le montant de l'épargne insulaire représenterait, selon certaines sources, plus de 10 milliard d'Euros... et si l'on retranche 1 milliard d'encours se seraient 9 milliards, placés de fait dans le concert du marché monétaire international, qui ne profiteraient pas directement au développement économique et social de l'île. Un détournement des richesses réalisé notamment par le système bancaire au profit d'opérations extérieures. C'est une ressource importante qui est aujourd'hui confisquée aux Corse mais qui rapporterait tout de même près de 300 millions/an aux banques et autres sociétés d'assurance.

Il est plus que temps que ces visées spéculatives cessent et que l'on mette en place un véritable projet de développement économique endogène et durable au service du Peuple Corse, car ce dernier à le droit comme tout autre à vivre dignement sur sa terre et ne plus être l'otage ou l'assisté d'un système qui va à l'encontre de ses intérêts collectifs.

Battì Lucciardi

 

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