C'est par une jolie
photo qui sentait
bon l'air des vacances,
que l'on apprenait
le 4 août dernier
que la BNP envisageait, ni plus ni
moins, des facilités d'accès à la
propriété pour des étrangers non
résidents en Corse. Dans le
contexte politique et social actuel,
ou la Corse est victime d'une
dépossession foncière et d'une
spéculation immobilière au profit
de nantis, il s'agissait ni plus ni
moins d'une provocation grave de
la part de la banque. Comment
pouvait-on envisager de participer
à un effort de spoliation alors que
les Corses, déjà minoritaires sur
leur terre, n'arrivent déjà plus euxmême,
dans leur grande majorité,
à accéder à la propriété voire a
conserver et faire valoir ou fructifier
leur patrimoine. Dès l'annonce
de cette nouvelle, les nationalistes,
réunis à
Corti pour
les
Ghjurnate,
ont décidé
de se
mobiliser
et d'occuper
dès le
lundi
après-midi
les locaux
de la banque
à Aiacciu et Bastia. Plus d'une
centaine de militants a participé à
cette action plus que symbolique
car il s'agissait de faire reculer la
BNP dans son projet néfaste.
Chose réussie car, dans la soirée,
la direction de la BNP renonçait
par un communiqué à ce projet
néfaste. L'idée était essentiellement
de rappeler que les Corses
sont les ayant droit naturel de ce
pays et qu'ils n'avaient pas l'intention
de
finir dans
des réserves
entourées
par
des rapaces
fortunés.
En
effet, il est
inconcevable
que
les Corses
rencontrent,
depuis de nombreuses années,
d'énormes difficultés à se loger
alors même que le montant de
l'épargne insulaire représenterait,
selon certaines sources, plus de 10
milliard d'Euros... et si l'on retranche
1 milliard d'encours se
seraient 9 milliards, placés de fait
dans le concert du marché monétaire
international, qui ne profiteraient
pas directement au développement
économique et social
de l'île. Un détournement des
richesses réalisé notamment par le
système bancaire au profit d'opérations
extérieures. C'est une ressource
importante qui est
aujourd'hui confisquée aux Corse
mais qui rapporterait tout de
même près de 300 millions/an aux
banques et autres sociétés d'assurance.
Il est plus que temps que
ces visées spéculatives cessent et
que l'on mette en place un véritable
projet de développement économique
endogène et durable au
service du Peuple Corse, car ce
dernier à le droit comme tout
autre à vivre dignement sur sa
terre et ne plus être l'otage ou l'assisté
d'un système qui va à l'encontre
de ses intérêts collectifs.
Battì Lucciardi