L'affaire Broomberg est symptomatique
du développement en Corse
d'attitudes hostiles aux Corses, qui
donnent à méditer sur les questions
d'intégration de personnes venues
de l'extérieur.
Cette affaire a commencé a Palasca, avec la plainte de
nouveaux résidents anglais du village, indisposés par le
bruit des cloches.
Les pneus des intéressés ayant été crevés, M.
Broomberg, artisan
d'origine sud africaine
installé de
longue date dans le
village où il a son
atelier, s'est cru de
ce fait habilité a
fustiger indistinctement
l'ensemble de
la population qui
l'avait accueilli.
En guise de remerciement,
le fruit de
ses 40 années de
présence (et certainement,
de
réflexions) s'est traduit
par un placard
insultant apposé
dans tout le village, avec le texte suivant : " Je suis
écoeuré par la lâcheté de ce village… qui n'est riche que
par ses étrangers, ses touristes, ses passants, ses vacanciers,
et qui depuis que je le connais, ne sait lever le
petit doigt pour soutenir les victimes innocentes d'une
barbarie débile d'un autre âge ni pour dénoncer en son
sein les auteur de tels actes. Triste Palasca, tristes palascais.
Signé Martin Broomberg, palascais, pas fier de
l'être. "
A la suite de l'incendie de sa forge, l'intéressé, tout en
exprimant des regrets pour la maladresse de son premier
avis a la population, dû selon lui au terme " je suis
écoeuré par la lâcheté de ce village ", en rajoute une
couche en précisant, dans les colonnes généreusement
ouvertes du quotidien unique, que " le fond de sa pensée
est intact ", et en s'en prenant aux " traditions "
(entre guillemets dans l'article).
Ces faits, qui témoignent d'un singulier sens de la reconnaissance,
montrent que l'on peut habiter un village
depuis 40 ans sans s'intégrer et sans en respecter les
habitants et saisir la première occasion pour se livrer a
une provocation mépriante à l'égard des autochtones.
Malgré 40 ans passés dans le village, les pensées enfouies
ont donc fait surface a la première occasion. Du haut de
sa supériorité de colon, ce que Broomberg reproche en
fait aux palascais (et par delà, aux corses), c'est ce qui
constitue l'essence même de notre pays. L'appartenance
à un village, les solidarités qui en découlent, et qui pour
lui sont incompréhensibles. Cette incompréhension
témoigne d'un refus de s'adapter et comprendre l'autochtone,
sommé de penser autrement, d'adopter le profil
bas et de rentrer dans le rang, car il est porteur de
valeurs intrinsèquement inférieures.
Outre cette attitude typiquement colonialiste et raciste,
Broomberg a tenté d'élargir le propos en appelant à un
large débat sur la " violence ", servi par une campagne
de presse parfaitement orchestrée dans différents
médias, visant en particulier à discréditer le mouvement
nationaliste.
C'est ce que les responsables
et militants
de Corsica Nazione
sont venus dire a
Palasca le au cours
d'une conférence de
presse faisant suite à
un rassemblement de
protestation qui a
réuni plus d'une centaine
personnes, militants
de CNI et de
nombreux habitants
de la commune. Le
Rinnovu était représenté
par Paul Félix
Benedetti.
Au cours de la conférence
de presse qui a suivi, notre mouvement a dénoncé
la libération croissante de la parole raciste a l'égard des
corses, dont le triste Broomberg n'est, hélas, qu'un
exemple.
Les responsables ont aussi rappelé que faire partie de la
communauté de destin ne se limite pas seulement à
habiter la corse, mais suppose aussi de la part des nouveaux
arrivants le respect des corses et la volonté d'intégration
à la communauté historique, seule communauté
de droit sur la terre corse.
Cette communauté historique est privée d'une expression
propre, ce qui rend de plus en plus urgent la définition
d'un corps électoral pour les consultations qui engagent
l'avenir du peuple corse.
Elle est de plus attaquée dans ses principes même par la
politique d'un état qui active la dépossession des corses,
et incite par une colonisation de peuplement effrénée à
la mise en place dans notre pays de communautés juxtaposées,
source de graves problèmes dans l'avenir si une
autre voie n'est pas trouvée.
Paul Medurio