Le 30 octobre, « Corse-Matin », d’habitude plus prompt à tronquer
ou à ne pas passer les communiqués, a publié dans ses colonnes de
larges extraits d’une déclaration émanant du Polu Pupulare Corsu,
petite organisation d’obédience nationaliste apparue il y a quelques
années, qui a suscité étonnement et stupeur.
Dans ce texte, le PPC tire un bilan très négatif de la situation politique
corse actuelle, dénonce des menaces et les troubles qui pourraient
survenir dans les prochains mois, et considère notamment que
les accords du Fiumorbu, signés en 1999, sont caducs.
Pour mémoire, rappelons que les accords du Fiumorbu sont un
traité, approuvé par la quasi-totalité des organisations représentatives
du Mouvement National, qui vise à bannir tout rapports de force
entre militants de la LLN, après les années noires d’affrontements
qui ont vu des dizaines de familles endeuillées.
Par conséquent, doit-on envisager, si ces accords n’ont plus aucune
valeur ou réalité, que certains souhaitent retrouver un état de guerre
et de mort entre nationalistes ? Nous ne le pensons pas et nous faisons
confiance à la responsabilisation de tous. En revanche, au vu de
l’histoire, de tels propos restent déplacés et dangereux car ils sont
susceptibles d’ouvrir la voie à toutes les manipulations et coups tordus
de la part d’officines barbourzardes, à la solde d’un Etat français
spécialiste en la matière. Le chaos recherché tendrait à discréditer, à
faire disparaître politiquement le Mouvement National, alors même
qu’il reste la seule alternative crédible au système colonial, et ses
alliés du clan et de la voyoucratie, afin de fermer tout espoir de solution
politique, de paix et de liberté en Corse. Le piège tendu par Paris
depuis quelques temps, est grossier. Aux nationalistes de ne pas se
tromper d’ennemis, ne pas se tromper d’adversaires, car le Peuple
Corse ne l’accepterait pas.
Amadeus Druppi