La nouvelle loi dite "Perben II" peut conduire à toutes les dérives. Nous reproduisons ci-après
un exemple de ce qui peut désormais arriver à tout le monde.
En prenant connaissance de ce texte
(ci-dessous) émanant d'une
Conférence de Stage du barreau de
Paris, on comprend mieux l'étendue des
pouvoirs policiers et judiciaires conférés par
la loi dite " PERBEN II "… La justice devient
l'épée de Damoclès, la police le " Big
Brother " si cher à M. Orwell, sauf que là, on
n'est plus dans la fiction…
Si des voix citoyennes se sont élevées en
France pour dire " non " à ces mesures plus
que d'exception, en Corse elles se sont déjà
faites entendre pour dénoncer les méthodes
" illégales " hier, légalisées aujourd'hui,
démontrant qu'ici on n'a pas attendu le vote
d'une loi pour surveiller - moyens sophistiqués
à l'appui - les dangereux terroristes corses…
Entre des caméras, des balises et des
micros, notre espace quotidien - malgré bien
des apparences trompeuses - devient un lieu
méticuleusement écouté, scrupuleusement
observé…
On n'est plus sur la traditionnelle - et toujours
vérifiable - rentabilité de l'écoute téléphonique
(y compris sur les mobiles portables),
mais bel et bien dans un tout autre univers
où votre véhicule, voire votre demeure
familiale (pour ne prendre que ces exemples)
sont l'objet d'adaptation technologique
et numérique directement liée à ces services
de renseignements policiers qui se délectent
- le mot n'est pas trop fort surtout pour certains
voyeurs - de ce qui peut se passer chez
nous…
Et oui, comme on le disait pendant la
seconde guerre mondiale : " chut, l'ennemi
guette vos confidences ! " C'est peu dire…
Adieu libertés individuelles et collectives,
bonjours la dictature technologique !!!
Et comme si l'arsenal ne suffisait pas, on
légalise également le repentir et la collaboration.
Ainsi s'amenuisent les droits de toute
personne présumée innocente conceptuellement
préparée durant la garde à vue à devenir
le dénonciateur d'on ne sait quel scénario
préparé pour la circonstance…
On pourra certes rétorquer que tout nationaliste
- il est vrai - n'a aucun compte à rendre
à cette justice. Il est juste de rappeler que
l'on a " rien à déclarer ". Mais la lecture de
certains procès récents à Paris a démontré -
à contrario de ceux qui par éthique et juste
conviction restent fidèlement
attachés à leur engagement et à
leur terre - que des individus,
par lâcheté et compromission
ont pris délibérément le choix
de co-signer avec certains policiers
et juges des procès verbaux
pour lesquels ces derniers
n'ont pas eu besoin de frapper
ou torturer…
Une journée de simple interrogatoire a même
pu suffire pour déblatérer on
ne sait quelle ineptie à charge…
Ainsi quand on entend, durant
certains réquisitoires comme
dans le cadre du procès baptisé
médiatiquement " PIERI ", de la
bouche des représentants du
ministère public, quelques indigents
propos de circonstance
du genre " sauve qui peut " on
ne peut que constater avec tristesse
et colère que la collaboration
a de beaux jours devant
elle…
On est bien loin de l'image de
ces corses qui " ne disent rien ",
de cette Corse " silencieuse "
devant l'autorité publique de
l'envahisseur français… Et dire que
quelques-uns, continuent comme s'ils n'avaient
rien fait ou dit, à donner des leçons à
qui sur l'union, à qui sur le mouvement.
Parini foli !!! Mais qu'ils se taisent !
Le Comité Anti Répression a déjà initié en
son sein - n'était-il pas temps - une réflexion
sur le comportement de ceux qui font le
choix de la justice et de la police du système
en place. On ne peut décemment combattre
un Etat et se rabaisser à ses " flics " !!! Suivant
en cela une position votée à l'unanimité lors
de la création de Corsica Nazioni
Indipendenta qui désormais récuse tout soutien
à toute personne collaborant politiquement
et nominativement.
En attendant prenons lecture du document
ci-joint, il donne un intéressant aperçu de ce
qui peut un jour nous arriver…
Ulivieru Sauli
ça peut vous arriver !
Vous aimez votre femme et votre femme
vous aime. Vous avez eu ensemble trois
enfants que vous adorez : Julie, Julien et
Juliette. Julien vient d'avoir 16 ans. C'est un
garçon rieur, heureux de vivre, un peu turbulent
au lycée, mais que les professeurs
trouvent sympathique. Parmi ses nombreux
amis, deux sont pour lui comme des frères :
Arnaud et Arthur. Ils forment à eux trois une
inséparable bande de joyeux drilles, connue
dans tout le lycée. Vous ignorez seulement
que, le mois dernier, Julien a connu une
grave déconvenue : le professeur de biologie,
Monsieur Bubard, lui a attribué un 2/20
pour "copie trop sale". Votre fils l'a ressenti
comme une profonde injustice, ainsi
qu'Arnaud et Arthur.
Ensemble, après avoir longuement réfléchi,
ils ont trouvé le moyen de venger Julien.
Monsieur Bubard se rend chaque jour au
lycée en bicyclette. Il range son vélo dans un
local non fermé mais surveillé depuis la grille
d'entrée par Paul, gardien depuis vingt ans,
dont les siestes sont légendaires. Une semaine
après la fameuse copie, notre trio passe à
l'action : Arthur fait le guet pendant que Julien et Arnaud s'emparent du vélo. Ils escaladent
ensuite la grille pour le cacher dans le
jardin de Roselyne Lajoue, retraitée. L'exploit
fait grand bruit. Julien et ses acolytes, galvanisés,
décident de ne pas en rester là, le local
regorgeant d'objets de convoitise : deux jours
plus tard, ils réitèrent avec la trottinette électrique
du professeur de mathématique et la
bicyclette rose de Madame le Proviseur.
Celle-ci, furieuse, mène alors l'enquête, en
toute discrétion. Ses soupçons se dirigent
rapidement vers votre fils et ses amis. Plainte
est déposée pour vol. Vol en bande organisée,
précise la police : la loi Perben II peut
s'appliquer.
Trois jours plus tard, un jeune homme souriant
aborde votre fils à la sortie du lycée. Il
lui montre une camionnette spécialement
aménagée et lui propose, en cas de besoin,
de transporter gratuitement tout engin à
deux-roues. Julien est étonné. Le jeune
homme le rassure, l'invite à prendre un café
et lui offre finalement un téléphone
portable : "appelle-moi ! ".
Cet homme est un policier, habilité
par Perben II (nouvel article 706-
81 du Code de procédure pénale)
à se faire passer pour complice ou
receleur des infractions. Il n'a pas
droit d'inciter au délit. Mais il peut
mettre à la disposition des personnes
suspectées tous les moyens
dont elles rêvent (juridiques, financiers,
transport, hébergement, télécommunication
: nouvel article 706-82). Votre fils, très excité,
appelle de son téléphone tout neuf
ses camarades. Le lendemain, décision
est prise de profiter de l'aubaine : on
demande au jeune homme de déposer le
butin près du stade de foot, histoire de prolonger
le plaisir.
Le lundi suivant, à 18 heures, Julien n'est
pas rentré à la maison. Votre femme s'inquiète,
Julie et Juliette le cherchent. 18h30 : le
téléphone sonne. C'est la police. Julien est au
commissariat en garde à vue. Comment ?
Qu'a-t-il fait ? Vous ne dormez pas de la nuit,
vous espérez à chaque heure que votre fils
va être relâché, vous voulez comprendre. Le
lendemain, un avocat de permanence vous
apprend que Julien va bien, mais il ne peut
vous en dire plus.
Une première journée passe, puis une
deuxième nuit. C'est un cauchemar. On se
réveillera. Mais mercredi matin, l'avocat vous
avoue que, depuis la loi Perben II, la garde à
vue peut durer 96 heures, même pour les
mineurs (nouvel article 706-88 du Code de
procédure pénale). Vous imaginez votre
Julien au commissariat pendant quatre jours
et quatre nuits, interrogé le jour et réveillé la
nuit. Mercredi, l'attente devient infernale.
A 20 heures, quatre hommes sonnent à
votre porte. Ce sont des agents EDF qui viennent
relever les compteurs. En un clin d'oeil,
les voilà dispersés dans tout l'appartement,
l'un d'entre eux restant en votre compagnie
pour vous occuper. Ils repartent cinq minutes
plus tard, sans vous avoir fait signer le
moindre bon. Vous êtes étonné, mais vous
avez d'autres préoccupations en ce moment.
Pourtant, ces hommes viennent d'installer
chez vous suffisamment de micros et de
caméras pour tout connaître de votre vie de
couple et des discussions entre Julie et
Juliette. Ils en ont le droit depuis Perben II
(nouvel article 706-97 du Code de procédure
pénal). De toutes façons, vous étiez déjà
sur écoute (nouvel article 706-96).
Les journées de jeudi et de vendredi sont
les plus atroces de votre vie. Julie et Juliette
ne sortent pas de leurs lits. L'école appelle,
vous lui raccrochez au nez. Votre femme
passe de l'hystérie à l'hébétement.
Vendredi ; 17h15 : Julien sort enfin de garde
à vue mais il est, dans la foulée, déféré
devant le juge d'instruction qui met Julien en
examen, les faits étant avérés. Il demande à
son collègue le juge des libertés et de la
détention de placer votre fils en détention
provisoire. Le magistrat accepte : il entend, lui
aussi, lutter efficacement contre l'insécurité
en ville. Julien est en prison, pour plusieurs
mois peut-être. Vos filles s'enferment dans un
profond mutisme.
Mardi, trois heures du matin. Voilà une
semaine que vous ne vivez plus. Vous êtes
endormi sur le canapé, une bouteille de
blanc à la main. Une sonnerie stridente vous
réveille soudain : vous vous traînez jusqu'à la
porte d'entrée que vous ouvrez. Cinq policiers
s'engouffrent chez vous. Pendant deux
heures, ils retournent l'appartement, crèvent
les coussins, vident les tiroirs. Cette perquisition
en pleine nuit (nouvel article 706-91) a
du bon : elle permet enfin à la famille de se
retrouver, vos filles et votre femme s'étant
blotties autour de vous dans le canapé. C'est
ainsi entouré que vous finissez la bouteille de
blanc.
Le lendemain, décision est prise d'envoyer
Julie et Juliette, pour les protéger, chez leur
grand-mère maternelle. Ce sera mieux pour
tout le monde. Votre belle-mère, ravie d'être
utile, vient les chercher chez vous. Elle se
permet une première remarque sur l'état de
l'appartement. Vous réussissez à vous contenir.
Elle jacasse ensuite un quart d'heure sur
le problème de la délinquance. Vous sentez
que vous allez sortir de vos gonds. Pour finir,
elle vous lance une remarque acerbe sur l'éducation
de Julien. C'en est trop : vous la
giflez.
Or vous étiez filmé.
Lorsque votre beau-père vient porter plainte,
les policiers sont déjà au courant. A votre
tour, vous êtes convoqué au commissariat,
placé en garde à vue, puis mis
en examen pour violences sur
personne vulnérable. Vous
encourez trois ans d'emprisonnement.
C'est le procureur qui vous
convoque à la fin de la garde à
vue. Il est indigné par ce que
vous avez fait et ne s'étonne
pas que votre fils ait mal tourné.
Il vous demande si vous
reconnaissez votre culpabilité,
une cassette vidéo à la main.
Vous répondez oui. Il vous propose
alors de prononcer luimême
votre condamnation
puisque vous ne contestez pas les faits. C'est
nouveau (Perben II, article 61), mais c'est efficace.
Si vous refusez, vous serez jugé par le
tribunal, dans longtemps et avec les aléas
qu'on connaît. Un avocat, penaud, vous
conseille d'accepter. Le procureur vous
condamne à 4 mois d'emprisonnement, non
sans préciser que c'est une peine bien indulgente
au vu des faits odieux que vous avez
commis.
Durant le trajet vers la prison, menotté dans
la fourgonnette, vous vous interdisez de penser
à votre femme, à Julie, à Juliette. Vous
vous demandez simplement si vous apercevrez
de votre cellule celle de Julien. Si vous
pourrez lui faire coucou.
Et, tout à coup, vous vous souvenez d'un
entrefilet dans le journal, en plein hiver 2004,
sur des avocats qui s'inquiétaient de l'entrée
en vigueur de la loi Perben II. Vous n'aviez,
à l'époque, pas compris pourquoi.
Sources : La Conférence du Stage du
Barreau de Paris