Au cours d’une conférence de presse les militants
et sympathisants du CAR ont tenu à porter
un soutien sans faille aux militants nationalistes
qui sont jugés pendant ce mois de
mai à Paris dans le cadre du procès dit du
FLNC des Anonymes.
Avant de commencer les responsables du CAR ont souhaité
faire part de leur indignation face aux propos scandaleux
du préfet d’Aiacciu qui pense que défendre les
prisonniers politiques corses et demander l’application
des lois communes représente une insulte à la mémoire
du préfet Erignac. Pour le CAR, l’insulte majeure qui est
faite à notre peuple et à notre jeunesse ce sont les provocations
policières, la répression et l’emprisonnement
de jeunes adolescents. Pour le CAR, la véritable insulte
faite à la mémoire de nos morts, de Ponte Novu au
Querciolu en passant par U Sulaghju, c’est lorsque l’on
traite les résistants corses de terroriste.
Le procès
Au sujet du procès du FLNC dit des anonymes, le CAR a
exprimé sa position : De nombreux corses, de tous âges
et de tous horizons sociaux seront jugés, non pas par le
peuple de France mais des magistrats professionnels de
la cour d’Assise spécialement composée de Paris, compétente
dans les affaires dites terroristes.
Ces militants sincères et dévoués de la cause corse ne
sont pas des mafieux ni des affairistes. Ce sont tout simplement
des hommes qui ont décidé de résister en utilisant
les moyens qu’ils estimaient être justes. Une fois de
plus on ne peut que s’indigner devant les délais de
détention préventive qui leur ont été infligés, et par la
qualification de « terroriste » qui leur est donnée.
Le syndrome de la condamnation
Il n’appartient pas aux Corses de juger leur choix de
lutte et il appartient encore moins aux cours spéciales de
les juger, dans un pays qui se veut démocratique et qui
le crie à la face du monde, il serait temps que ces
méthodes judiciaires d’un autre âge cessent définitivement.
Elles constituent une agression inacceptable pour
un peuple que des siècles, voire des millénaires
d’Histoire ont façonné à la révolte face à l’agression et
à l’injustice. Menacé de disparition sur sa propre terre,
attaqué de toutes parts, criminalisé dans sa moindre tentative
de révolte, le peuple corse d’aujourd’hui réclame
justice inlassablement, et les responsables ne sont pas
dans les box des cours d’assises spécialement composées,
ils sont ailleurs. Et ils condamnent… Certains ont
même des insomnies de condamnation ! Ils se réveillent
la nuit en sursautant et en hurlant : « Je condamne ! ».
Ce qu’ils ne savent pas ou ce qu’ils ne veulent pas savoir,
c’est qu’en condamnant ce peuple qui résiste, c’est la
Corse toute entière qu’ils condamnent et au-delà c’est
une Histoire, une civilisation venu du fond des millénaires
qu’ils contribuent à faire disparaître pour le seul et
maigre avantage d’une vie mesquine confortable et
d’une gloriole qui s’apparente au déshonneur. Puisse
tous ceux qui s’hérissent en juge y penser un instant…
Il ne faudrait pas oublier que quand le peuple s’exprime
sans fraude et sans pression, c'est-à-dire sans enjeu pour
les chefs clanistes corses, les résultats électoraux sont
bien curieux… Il n’y a qu’à voir les dernières élections et
compter le nombre de voix des communistes et de la
gauche dite républicaine à Bastia… La presse corse parle
de paradoxe, mais il faudrait peut-être trouver une autre
qualification à ce mot paradoxe. Nous, nous considérons
cela comme une spoliation de la démocratie que nous
avions pourtant été les premiers à mettre en place en
Europe, il y a deux siècles. Tant qu’il y aura des systèmes
de cette nature en place en Corse, il y aura des Corses
qui se lèveront pour dire NON.
La résistance
Les résistants qui sont devant les juges parisiens sont des
enfants de cette terre, parfaitement intégrés dans la
société qui ont choisi de prendre les armes pour empêcher
la disparition du peuple corse. Face à l’aliénation
culturelle, la spoliation de notre patrimoine, la main
basse sur la démocratie, ils ont choisi la lutte armée,
comme tant d’autres corses avant eux face à tous les
envahisseurs qui se sont succédé sur cette terre. Ce
choix leur appartient.
A la fin du mois de mai, les juges parisiens condamneront
nos résistants en voulant leur donner des leçons de
morale. Ils n’auront toujours pas compris que jamais,
jamais au cours de notre histoire multimillénaire, nous
n’avons baissé la tête devant l’oppresseur. Tant que Paris
n’aura pas intégré que le problème corse est éminemment
politique et que ce n’est que par la négociation
que l’on pourra y mettre fin et non pas par la répression,
il y aura toujours des Corses pour continuer le combat.
Marzulinu
Dernière minute : Le 30 mai 2007
La cour d’assise de Paris à prononcé des peines
allant de 12 ans à l’acquittement pour les 15
hommes qui comparaissaient depuis le 2 mai
dernier.