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Articulu di u numaru 26, ghjugnu di u 2007


Le CAR soutient « les anonymes »





Au cours d’une conférence de presse les militants et sympathisants du CAR ont tenu à porter un soutien sans faille aux militants nationalistes qui sont jugés pendant ce mois de mai à Paris dans le cadre du procès dit du FLNC des Anonymes.

Avant de commencer les responsables du CAR ont souhaité faire part de leur indignation face aux propos scandaleux du préfet d’Aiacciu qui pense que défendre les prisonniers politiques corses et demander l’application des lois communes représente une insulte à la mémoire du préfet Erignac. Pour le CAR, l’insulte majeure qui est faite à notre peuple et à notre jeunesse ce sont les provocations policières, la répression et l’emprisonnement de jeunes adolescents. Pour le CAR, la véritable insulte faite à la mémoire de nos morts, de Ponte Novu au Querciolu en passant par U Sulaghju, c’est lorsque l’on traite les résistants corses de terroriste.


Le procès

Au sujet du procès du FLNC dit des anonymes, le CAR a exprimé sa position : De nombreux corses, de tous âges et de tous horizons sociaux seront jugés, non pas par le peuple de France mais des magistrats professionnels de la cour d’Assise spécialement composée de Paris, compétente dans les affaires dites terroristes.

Ces militants sincères et dévoués de la cause corse ne sont pas des mafieux ni des affairistes. Ce sont tout simplement des hommes qui ont décidé de résister en utilisant les moyens qu’ils estimaient être justes. Une fois de plus on ne peut que s’indigner devant les délais de détention préventive qui leur ont été infligés, et par la qualification de « terroriste » qui leur est donnée.


Le syndrome de la condamnation

Il n’appartient pas aux Corses de juger leur choix de lutte et il appartient encore moins aux cours spéciales de les juger, dans un pays qui se veut démocratique et qui le crie à la face du monde, il serait temps que ces méthodes judiciaires d’un autre âge cessent définitivement. Elles constituent une agression inacceptable pour un peuple que des siècles, voire des millénaires d’Histoire ont façonné à la révolte face à l’agression et à l’injustice. Menacé de disparition sur sa propre terre, attaqué de toutes parts, criminalisé dans sa moindre tentative de révolte, le peuple corse d’aujourd’hui réclame justice inlassablement, et les responsables ne sont pas dans les box des cours d’assises spécialement composées, ils sont ailleurs. Et ils condamnent… Certains ont même des insomnies de condamnation ! Ils se réveillent la nuit en sursautant et en hurlant : « Je condamne ! ».

Ce qu’ils ne savent pas ou ce qu’ils ne veulent pas savoir, c’est qu’en condamnant ce peuple qui résiste, c’est la Corse toute entière qu’ils condamnent et au-delà c’est une Histoire, une civilisation venu du fond des millénaires qu’ils contribuent à faire disparaître pour le seul et maigre avantage d’une vie mesquine confortable et d’une gloriole qui s’apparente au déshonneur. Puisse tous ceux qui s’hérissent en juge y penser un instant…

Il ne faudrait pas oublier que quand le peuple s’exprime sans fraude et sans pression, c'est-à-dire sans enjeu pour les chefs clanistes corses, les résultats électoraux sont bien curieux… Il n’y a qu’à voir les dernières élections et compter le nombre de voix des communistes et de la gauche dite républicaine à Bastia… La presse corse parle de paradoxe, mais il faudrait peut-être trouver une autre qualification à ce mot paradoxe. Nous, nous considérons cela comme une spoliation de la démocratie que nous avions pourtant été les premiers à mettre en place en Europe, il y a deux siècles. Tant qu’il y aura des systèmes de cette nature en place en Corse, il y aura des Corses qui se lèveront pour dire NON.


La résistance

Les résistants qui sont devant les juges parisiens sont des enfants de cette terre, parfaitement intégrés dans la société qui ont choisi de prendre les armes pour empêcher la disparition du peuple corse. Face à l’aliénation culturelle, la spoliation de notre patrimoine, la main basse sur la démocratie, ils ont choisi la lutte armée, comme tant d’autres corses avant eux face à tous les envahisseurs qui se sont succédé sur cette terre. Ce choix leur appartient.

A la fin du mois de mai, les juges parisiens condamneront nos résistants en voulant leur donner des leçons de morale. Ils n’auront toujours pas compris que jamais, jamais au cours de notre histoire multimillénaire, nous n’avons baissé la tête devant l’oppresseur. Tant que Paris n’aura pas intégré que le problème corse est éminemment politique et que ce n’est que par la négociation que l’on pourra y mettre fin et non pas par la répression, il y aura toujours des Corses pour continuer le combat.

Marzulinu

Dernière minute : Le 30 mai 2007


La cour d’assise de Paris à prononcé des peines allant de 12 ans à l’acquittement pour les 15 hommes qui comparaissaient depuis le 2 mai dernier.

 

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