Désigné à la vindicte populaire, trainé dans la boue pendant des années, Yvan Colonna
s’apprête donc à être jugé par une cour d’assise spécialement composée, après quatre ans et
demi de détention préventive.
Décidemment, la France n’aura respecté les délais
raisonnables pour personne dans cette affaire d’Etat, dans
cette affaire où tout, absolument tout, aura été permis dans
la plus grande complaisance. Le secret de l’instruction et
la présomption d’innocence ont été plus que largement
bafoués, pour tout les observateurs indépendants, mais
pas pour les juges parisien qui ont relaxé Nicolas Sarkozy,
car pour eux, dire que : « La police française vient d’arrêter
Yvon Colonna, l’assassin du préfet Erignac », cela n’est
pas attentatoire à la présomption d’innocence.
Et comment ne pas s’indigner des circonstances de cette
annonce, sous les applaudissements et les viva du public
présent ? Pourtant, le président des Français a rectifié le
tir, bien tardivement, lors de sa venue en Corse en disant
qu’il avait « mis à la disposition de la justice des personnes
recherchées ». Mais le mal est fait depuis longtemps !
C’est un patriote corse que l’on va juger à partir de lundi,
mais c’est en fait la DNAT que l’on devrait juger. Mais ce
jugement là, nous n’y assisterons jamais. Les inspecteurs
de la DNAT peuvent se permettre de cacher des explosifs
chez les nationalistes corses, suspendre des islamistes
par les fenêtres de leurs bureaux, utiliser leurs services
pour espionner ou écouter leurs anciennes petites amies,
faire des procès-verbaux antidatés, ou encore venir en
toute impunité déclarer à la barre des procès des théories
aussi farfelues que grotesques, ces gens là peuvent tout
se permettre, ils ne risquent rien.
Pourtant, nous avons bien vu les limites de la puissante et
omnipotente machine dite antiterroriste. L’affaire Castela
Andriuzzi est heureusement là pour démontrer que les
vérités absolues de la DNAT ne sont souvent que les
vérités qui plaisent le plus au pouvoir en place. Et que
face à des juges équitables, c’est l’acquittement qui est
prononcé, malgré des milliers de pages d’instruction à
charge, malgré des déclarations d’accusation et des
montages intellectuels sans aucun fondement. Et que
dire de l’attitude de Claude Guéant, secrétaire général
de l’Elysée, principal collaborateur du Président de la
République française, qui convoque Roger Marion à
quelques jours de l’ouverture d’un procès où ce dernier
portera un témoignage capital ? Qui pourra encore oser
parler de l’indépendance de la Justice ? Pouvons-nous
encore espérer avoir un procès juste dans ces conditions ?
Pour nous, la situation est claire, la justice dite antiterroriste
et son bras armé la DNAT (actuelle SDAT) ne sont plus
crédibles et ne devraient plus intervenir dans les affaires
corses. Yvan Colonna est innocent, il l’a déclaré depuis
le début, il a toujours maintenu ses déclarations et aucun
élément matériel ne vient corroborer les accusations des
juges parisiens. Si plusieurs ministres français n’avait pas
fait de lui un « présumé coupable » voir un « assassin »
ou encore « un tueur de préfet », Yvan Colonna serait en
liberté depuis longtemps avec un non lieu.
Nous le disons et le répétons et nous le répéterons
pendant tout le procès, Yvan Colonna est innocent et
tout autre verdict qu’un acquittement serait une véritable
provocation et un déni de justice.
Cumitatu contr’a a ripressione