A la veille de son procès
en correctionnel
devant le tribunal de
Paris, près d’une centaine
de militants du
CAR, de sympathisants,
d’amis et de membres
de la famille de Coco
Gianesini s’étaient réunis
à Grussetu Prugna
en soutien au militant
nationaliste qui était
incarcéré en région
parisienne.
Le Comité Anti Répression a
une nouvelle fois alerté l’opinion
publique sur le sort d’un
patriote corse injustement incarcéré
pour une prétendue implication
dans la conception d’une
plaque commémorative du
FLNC et la détention d’une
arme.
Ghjuvan Maria Poli a lu le
texte du CAR dont voici l’intégralité
:
« Christophe Giannesini est
incarcéré à la prison bois
d’Arcy depuis plus de 11 mois.
On se souvient que son interpellation
avait causé un profond
émoi auprès de la population du
Taravu car elle a été consécutive
à l’affaire dite «de la plaque
commémorative » dédiée à
la mémoire d’Emile
Corticchiato que le F.L.N.C.,
lors de ses obsèques, avait
reconnu comme un de ses militants.
Depuis, Christophe
Giannesini subit une incroyable
détention préventive de près
d’une année, uniquement basée
sur sa prétendue implication
dans la conception de la
fameuse plaque.
Nous devons ici rappeler que
cet hommage a déchaîné les
investigations de la police spéciale
entraînant de nombreux
tracas pour la famille du défunt
comme pour ses amis. Jamais,
de mémoire de corse, la police
n’avait fait preuve d’un tel
acharnement pour réprimer ce
que nous considérons être un
traditionnel devoir de mémoire
à l’égard de l’engagement d’un
patriote. En effet, après avoir
interpellé la famille en deuil et
les proches d’Emile
Corticchiato, les forces de
répression n’en sont pas resté
là. Elles n’ont pas hésité, dans
un ultime sacrilège, à dérober
la plaque, puis à continuer les
harcèlements visant à terroriser
tous ceux qui avaient un lien
parental ou amical avec Emile
Corticchiato. Pour nous,
Corses, le devoir de mémoire
est partie intégrante de notre
identité et de notre culture. La
mort est aussi sacrée que la vie.
Tous les peuples du monde
honorent leurs résistants. Les
nôtres auraient-ils moins de
valeurs que les leurs ? Nos
sépultures seraient-elles moins
sacrées que leurs arcs de triomphes
et autre mont Valérien ?
Aurions-nous tort de rappeler
par une simple plaque que les
résistants corses du XXIe siècle
ne sont pas des soldats inconnus
ou abandonnés de leur peuple ?
Quoi qu’il en soit nous considérons
que dans ce cas nous
sommes tous solidaires de ce
fait, que nous sommes tous des
femmes et des hommes de ce
pays qui continueront sans relâche
à respecter les valeurs que
nous ont inculqué nos anciens et
qui ont fait de nous ce que nous
sommes : des hommes épris de
justice et de liberté et perpétuellement
en lutte conte l’arbitraire.
Le Comite Anti
Répression tient ici à insister
sur l’aspect fortement symbolique
de cette affaire, qui fait de
Christophe Giannesini le bouc
émissaire de l’Etat Français qui
veut empêcher toutes les formes
de manifestation honorant la
mémoire d’un militant ayant
emprunté les chemins de la
résistance nationale. Nous assurons
Christophe de notre entière
solidarité et rappelons qu’il
sera jugé ce mercredi 29
novembre à Paris par un tribunal
spécialement constitué. 12
mois de détention préventive
pour la simple suspicion d’avoir
commandé cette plaque sont
une aberration.
Seule la relaxe de Christophe,
même si elle ne peut faire
oublier les exactions des enquêteurs,
peut rétablir la justice
dans cette affaire ».
A la suite de ces explications,
Ghjuvan Filippu Antolini a longuement
expliqué l’attachement
des Corses à leurs morts. Pour
le porte parole du CAR, la culture
corse est depuis des temps
immémoriaux intimement liée
au culte des morts. Seuls des
gens venus d’ailleurs, avec une
autre culture et un respect totalement
différent des morts peuvent
reprocher à des Corses
d’avoir rendu hommage à l’un
des leurs.
Par la suite, maitre Giuseppi,
l’avocat de Coco Gianesini a
expliqué que les seules charges
qui pesaient contre son client
étaient « une détention
d’arme » pour un vieux fusil de
la première guerre mondiale,
qui était hors d’usage et qui
était accroché au mur de son
bar, en guise de décoration,
comme cela se fait dans beaucoup
de commerces en Corse.
Le seul problème de ce fusil,
c’est qu’il n’a pas été démilitarisé
dans les règles de l’art.
Ensuite, l’association de malfaiteur
dont on accuse Coco
Gianesini tient par le fait qu’il
serait allé, avec une personne
non identifiée, dans le commerce
qui a fabriqué la plaque
que le FLNC a déposé sur la
tombe d’Emile Cortichiato.
Finalement, le tribunal correctionnel
de Paris a quand même
condamné Coco Gianesini, à
deux ans de prison, dont 1
ferme, ce qui a eu pour effet de
permettre la libération du militant
nationalistes dans les jours
qui ont suivis le procès,
puisqu’il avait effectuer plus de
11 mois de détention préventive.
Une fois de plus, si les portes
des prisons se referment souvent
derrière nos patriotes, pour
une fois, ces maudites portes se
sont ouvertes pour permettre le
retour d’un des nôtres.
Felice Bacciochi