Hervé Santelli est un prisonnier politique corse. Comme de nombreux patriotes, il est incarcéré
depuis de longues années en France, et malgré le fait qu’il soit accessible à la libération conditionnelle
depuis longtemps, il n’est toujours pas libre, il n’a pour le moment même pas pu bénéficier
d’une mesure de rapprochement. Son cas qui n’est malheureusement pas isolé est révélateur
de la situation faite aux nôtres.
Incarcéré depuis 4 ans et demi
alors qu’il a été condamné à 8
ans de prison (pour un pétard
mouillé contre l’appartement de
monsieur Zuccarelli qui était présent
au procès pour mettre la pression
et obtenir une condamnation la
plus lourde possible), Hervé Santelli
est actuellement incarcéré au Centre
de Détention de Salon-de-Provence.
Cette incarcération loin de sa
famille le prive de pratiquement
tout lien avec sa famille et notamment
sa fille aujourd’hui âgée de 5
ans.
Au cours d’une conférence de
presse donnée devant l’école de
cette dernière à Casamozza, le CAR
et la famille d’Hervé ont exigé que
toutes les lois communes soient
appliquées pour permettre, et c’est
la seule revendication d’Hervé
Santelli, à un père de se rapprocher
de sa fille. Les possibilités sont
multiples dans l’arsenal juridique
français, Hervé pourrait faire l’objet
d’une mesure de rapprochement et
être incarcéré en Corse, ou bien il
pourrait bénéficier d’une libération
conditionnelle, depuis de nombreux
mois.
Les réponses de l’administration
sont iniques, puisque lors de sa première
demande de rapprochement,
au mépris de toutes les lois, on lui a
répondu qu’on ne pouvait pas l’incarcérer
à Borgu car « son complice
» y était déjà incarcéré, alors
qu’une fois qu’un accusé devient
condamné définitif la notion de
complicité n’existe plus. Devant
l’absurdité des propos, l’administration
a choisi de ne même plus motiver
le refus de rapprochement lors
de la seconde demande d’Hervé
Santelli. Non seulement rien dans la
loi ne s’oppose à son retour, mais en
plus, les lois communes et les directives
européennes préconisent le
rapprochement.
De plus, Hervé Santelli est conditionnable
depuis de très nombreux
mois pour deux raisons différentes,
tout d’abord parce qu’il a effectué
bien plus de la moitié de sa peine,
en l’occurrence les deux tiers, mais
en plus une autre loi autorise tous
les condamnés qui ont un enfant de
moins de 10 ans à charge et à qui il
reste moins de 4 ans à bénéficier de
liberté conditionnelle. Ce qui est le
cas d’Hervé.
Mais, la seule préoccupation
d’Hervé est de se rapprocher d’une
manière ou d’une autre de sa fille.
C’est pour cela qu’il a fait une nouvelle demande de rapprochement vers le CD
de Borgu ou celui de Casabianda. Le CAR a
précisé au cours de la conférence de presse
qu’il y avait 7 places de libres à Borgu et
qu’Hervé Santelli qui avait déjà rendu en
signe de protestation sa carte de circulation
interne de la prison de Salon était prêt à
mener d’autres actions allant jusqu’à la grève
de la faim si on ne le rapprochait pas d’une
manière ou d’une autre de sa fille (libération
conditionnelle ou transfert en Corse dans un
des deux CD).
Sur le document de gauche, on peut noter que
la demande de transfert d’Hervé est refusée,
mais la case réservée à la motivation de ce
refus est désespérement vide. Comment
expliquer l’inexplicable ?
Felice Bacciochi