Les nationalistes, à l’appel de A
Cuurdinazione di u Fium’Orbu et du
Comité Anti Répression, se sont
mobilisés en faveur des prisonniers
politiques. Plus d’une centaine de
personne se sont retrouvées, le dimanche 20
mai, à l’entrée du Pénitencier de Casabianda
afin d’informer, d’alerter, une nouvelle fois
l’opinion publique sur les conditions d’incarcération
et la situation que vivent près de 70
militants, toutes tendances confondues, dans
les prisons françaises.
Alors que le pénitencier était placé en état de siège sous
« la protection » de plusieurs dizaines de gardes mobiles
habillés en martiens et armés jusqu’aux dents, les
nationalistes ont dans un premier temps bloqué la route
nationale 198, avant de procéder à un barrage filtrant.
La revendication principale de cette journée de solidarité
était l’obtention d’un statut de prisonniers politiques
car comme l’ont rappelé les organisateurs « la
France ne reconnaît pas aujourd’hui le statut de prisonniers
politiques. Pourtant (…) la France (…) avait toujours
eu l’honneur de reconnaître un statut différent,
pour ces hommes et femmes qui se battaient pour des
revendications politiques (…) le gouvernement n’avait
pas peur (…) de reconnaître le caractère politiques de
ces infractions (…) le caractère politique de l’infraction
était à l ‘époque déterminant quant au traitement carcéral
que la personne (…) allait subir (…) en 1975, un
décret précisait même que les personnes poursuivies
devant la Cour de Sûreté de l’Etat, ou condamnées par
cette juridiction bénéficiaient d’office de ce statut spécial.
Le statut spécial (…) a été supprimé en 1981, en
même temps que la sinistre Cour e Sûreté de l’Etat. Mais
avec la mise en place dès 1986 de la justice d’exception
dite anti terroriste, ce sont les inconvénients de la Cour
de Sûreté de l’Etat qui ont été remis en place, sans préserver
le statut honorable et démocratique de prisonniers
politiques ».
Le choix de Casabianda était également symbolique car
il rappelait notamment que cette prison a accueilli
exclusivement, durant de nombreuses années des
condamnés, pour affaires graves notamment sexuelles,
dans des conditions de quasi semi-liberté, alors que dans
le même temps les prisonniers politiques corses ont toujours
été soumis à des régimes d’éloignement ou d’isolement
sur le continent français. De plus, il faut savoir que
Casabianda n’a justement plus, depuis peu, de spécificité
en matière d’accueil de prisonniers particuliers et
qu’il peut donc, dorénavant, accueillir tous types de
condamnés, de droit commun comme politiques. Par
conséquent, entre Borgu et Casbianda, il y a largement
de la place pour que les prisonniers déjà condamnés, au
nombre d’une vingtaine, puissent effectuer leur peine en
Corse, aux cotés des leurs. Actuellement, seuls trois sont
à Borgu. L’Etat français continue de mépriser ses propres
lois en matière de rapprochement et viole sa parole donnée
en 2002, à Aiacciu, par 4 de ses ministres dont le 1er
ministre Raffarin, et alors même que l’Assemblée de
Corse, certes croupion, a voté à l’unanimité une motion
demandant le transfèrement sur l’île des personnes
jugées. Pour le CAR et la Coordination du Fium’Orbu, «
ce flagrant délit de non application de la loi (…) n’est
donc pas l’exception, mais bien la règle ».
La question des prisonniers reste donc au coeur des
revendications des nationalistes. Leur rapprochement
est également à considérer comme une période transitoire,
car l’objectif fondamental reste leur libération.
Les nationalistes doivent demeurer vigilants et solidaires.
La situation des prisonniers est indissociable de toutes
solutions politiques négociées.
Battì Lucciardi