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Articulu di u numaru 26, ghjugnu di u 2007


Soutien aux prisonniers politiques à Casabianda





Les nationalistes, à l’appel de A Cuurdinazione di u Fium’Orbu et du Comité Anti Répression, se sont mobilisés en faveur des prisonniers politiques. Plus d’une centaine de personne se sont retrouvées, le dimanche 20 mai, à l’entrée du Pénitencier de Casabianda afin d’informer, d’alerter, une nouvelle fois l’opinion publique sur les conditions d’incarcération et la situation que vivent près de 70 militants, toutes tendances confondues, dans les prisons françaises.

Alors que le pénitencier était placé en état de siège sous « la protection » de plusieurs dizaines de gardes mobiles habillés en martiens et armés jusqu’aux dents, les nationalistes ont dans un premier temps bloqué la route nationale 198, avant de procéder à un barrage filtrant. La revendication principale de cette journée de solidarité était l’obtention d’un statut de prisonniers politiques car comme l’ont rappelé les organisateurs « la France ne reconnaît pas aujourd’hui le statut de prisonniers politiques. Pourtant (…) la France (…) avait toujours eu l’honneur de reconnaître un statut différent, pour ces hommes et femmes qui se battaient pour des revendications politiques (…) le gouvernement n’avait pas peur (…) de reconnaître le caractère politiques de ces infractions (…) le caractère politique de l’infraction était à l ‘époque déterminant quant au traitement carcéral que la personne (…) allait subir (…) en 1975, un décret précisait même que les personnes poursuivies devant la Cour de Sûreté de l’Etat, ou condamnées par cette juridiction bénéficiaient d’office de ce statut spécial.

Le statut spécial (…) a été supprimé en 1981, en même temps que la sinistre Cour e Sûreté de l’Etat. Mais avec la mise en place dès 1986 de la justice d’exception dite anti terroriste, ce sont les inconvénients de la Cour de Sûreté de l’Etat qui ont été remis en place, sans préserver le statut honorable et démocratique de prisonniers politiques ».

Le choix de Casabianda était également symbolique car il rappelait notamment que cette prison a accueilli exclusivement, durant de nombreuses années des condamnés, pour affaires graves notamment sexuelles, dans des conditions de quasi semi-liberté, alors que dans le même temps les prisonniers politiques corses ont toujours été soumis à des régimes d’éloignement ou d’isolement sur le continent français. De plus, il faut savoir que Casabianda n’a justement plus, depuis peu, de spécificité en matière d’accueil de prisonniers particuliers et qu’il peut donc, dorénavant, accueillir tous types de condamnés, de droit commun comme politiques. Par conséquent, entre Borgu et Casbianda, il y a largement de la place pour que les prisonniers déjà condamnés, au nombre d’une vingtaine, puissent effectuer leur peine en Corse, aux cotés des leurs. Actuellement, seuls trois sont à Borgu. L’Etat français continue de mépriser ses propres lois en matière de rapprochement et viole sa parole donnée en 2002, à Aiacciu, par 4 de ses ministres dont le 1er ministre Raffarin, et alors même que l’Assemblée de Corse, certes croupion, a voté à l’unanimité une motion demandant le transfèrement sur l’île des personnes jugées. Pour le CAR et la Coordination du Fium’Orbu, « ce flagrant délit de non application de la loi (…) n’est donc pas l’exception, mais bien la règle ».

La question des prisonniers reste donc au coeur des revendications des nationalistes. Leur rapprochement est également à considérer comme une période transitoire, car l’objectif fondamental reste leur libération. Les nationalistes doivent demeurer vigilants et solidaires. La situation des prisonniers est indissociable de toutes solutions politiques négociées.

Battì Lucciardi

 

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