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Articulu di u numaru 41, Ferraghju 2009


Chambre de Commerce et d’Industrie de la Corse : Le débat

 

A l'instar des collectivités territoriales, dont le gouvernement français veut supprimer les départements pour les fusionner à un échelon présenté comme régional, les établissements publics que sont les organismes consulaires, chambres de commerce et d'industrie et chambres de métiers n'échappent pas à cette réforme.

Les positions affichées concernant l'avenir des deux chambres consulaires de Corse mettent en évidence des contrastes d'appréciation. Les propos de Jacques Nacer, actuellement président de la Chambre de commerce et d'Industrie de la Corse du Sud s'appuient sur « les avantages d'un maintien en région Provence Alpes Côte d'Azur (P.A.C.A.) ». A Bastia, Paul Trojani, président de la Chambre de Commerce et d'Industrie de la Haute - Corse dénonce ce rattachement « P.A.C.A. » comme un « anachronisme qui ne doit plus subsister ». Ces prises de position sont relayées politiquement.

Elles interpellent en l'occurrence les organisations patriotiques comme « U Riacquistu » qui à l'échelle communale de Portivechju affirme que « attaché au développement identitaire, il s'oppose à la dilution de la Chambre de Commerce et d'Industrie au sein de la P.A.C.A. : l'île de Corse est la principale concernée.

Les vocations de l'antenne consulaire de l'extrême sud, et spécifiquement son rôle à Portivechju seraient détournées au profit d'appréciations extérieures à nos intérêts communaux et corses », et du tout nouveau mouvement Corsica Libera qui affirme à son tour que le rattachement P.A.C.A. « contribuerait à aggraver la situation économique de notre pays, coupé par la politique de l'Etat de ses relation naturelles avec son environnement méditerranéen, et dont les liaisons ont été orientées de façon quasi exclusive vers le continent français. ». Deux élus de la C.C.I. Corse du Sud répondent à nos questions. Le premier Marcu Papi est président de la commission aéroport de Figari.

Il est également membre du Partitu di a Nazioni Corsa (P.N.C.). Le second Paulu Leonetti siège à Aiacciu, il est militant de Corsica Libera. Ils expriment leur rôle d'élu en complémentarité avec leur engagement patriotique. Ils émettent leur avis sur le principe d'une chambre unique. Fruits d'une contrainte administrative départementalisée - et non d'une approche naturelle territoriale de l'île - les deux établissements consulaires posent avec acuité le problème des institutions publiques et de leur évolution, confronté aux réflexes nuancés et timorés des tenants du statu quo. A travers les chambres consulaires c'est aussi une certaine vision de la Corse qui se dessine, de ses institutions, de son développement économique social et culturel.

Intervista di Marcu Papi :

U Ribombu Internaziunale : Vous êtes un élu de la Chambre de Commerce et d'Industrie de la Corse du Sud. Vous êtes également nationaliste. Pourriez-vous nous expliquer la traduction de votre engagement politique au sein de l'établissement consulaire.

Marcu Papi : Agir par l'économie et pour l'économie c'est aussi participer à l'émancipation de notre peuple. C'est aussi :

  • Réfléchir et travailler à un statut fiscal adapté.
  • Réfléchir et travailler à des transports fiables et pérennes.
  • Travailler à la formation des hommes qui sont au service de notre économie.
  • Réfléchir et travailler à l'émergence d'une économie durable.
  • Mettre en synergie le littoral et l'intérieur.
  • Structurer et organiser nos infrastructures portuaires et aéroportuaires.
  • Accompagner au quotidien nos ressortissants pour sauver le peu d'économie existante…

Autant de challenges à relever pour un élu nationaliste à la Chambre de Commerce et d'Industrie de la Corse du Sud.

 

U Ribombu Internaziunale : L'actuel président de la Chambre de Commerce et d'Industrie Monsieur Jacques Nacer, défend le principe d'un maintien consulaire en région Provence Alpes Côte d'Azur. Etes-vous d'accord avec ce principe ?

Marcu Papi : En tant que nationaliste corse je suis évidemment pour la simplification de la carte administrative, l'idée d'une chambre unique tombe sous le sens, mutualiser les moyens et les compétences au service d'un développement économique durable, quoi de mieux ? Mais pourquoi faudrait-il le faire à vitesse grand « V » comme le voudraient certains hommes politiques, saisis d'une frénésie soudaine, à l'approche des élections territoriales de 2010.

La chambre unique ça ne se décrète pas, ca se prépare, ça se travaille, ça s'organise : 6 ports, 4 aéroports, une délégation à Porto Vecchio, une succursale à Calvi, plus de 700 permanents impliquant une nouvelle gestion à laquelle nous devons être préparés. Pour l'instant nous préconisons donc le statu quo : les deux C.C.I. ont démontré leur pertinence et leur efficacité sur leur territoire respectif. Par contre rien n'empêche de réfléchir et de travailler sur la prochaine Chambre Régionale, qui à moyen terme nous permettra d'accéder à une plus grande autonomie. D'ailleurs sur certains secteurs comme l'export ou la formation, des expérimentations peuvent se faire dès maintenant avec nos collègues de Haute-Corse.

Pour conclure, une C.C.I. unique pour la Corse, et comment ! Ma chi và pianu và sanu, e chi và sanu và luntanu…

 

Intervista di Paulu Leonetti :

U Ribombu Internaziunale : Vous êtes un élu de la Chambre de Commerce et d'Industrie de la Corse du Sud. Vous êtes également nationaliste. Pourriez-vous nous expliquer la traduction de votre engagement politique au sein de l'établissement consulaire.

Paulu Leonetti : En un mot : frustration. Il est illusoire de penser que les mêmes moyens produiront des effets différents. Notre mission est d'imaginer et d'organiser une économie respectueuse de notre environnement, créatrice, en liaison directe avec les formateurs, les universités, etc...

Difficile mission tant les actions concomitantes de tous les dispositifs se neutralisent finalement, et entravent les volontés. J'essaie pour ma part de promouvoir l'innovation et d'obtenir de l'administration des chiffres qui rendent véritablement compte de l'état des lieux, condition indispensable à une lecture objective du développement que tous les élus revendiquent.

 

U Ribombu Internaziunale : L'actuel président de la Chambre de Commerce et d'Industrie Monsieur Jacques Nacer, défend le principe d'un maintien consulaire en région Provence Alpes Côte d'Azur. Etes-vous d'accord avec ce principe ?

Paulu Leonetti : Ce que défendent le Président et la majorité des élus, insuffisamment préparés à la perspective nouvelle d'une chambre régionale, non envisagée par la réforme mais proposée par les Bastiais, c'est en fait le "statu quo" : Les 2 chambres consulaires restent en l'état, mais rattachées officiellement à P.A.C.A.C. Cette réticence ajaccienne est davantage due à la mobilisation générale des Bastiais qui installeraient la future chambre chez eux, sans concertation ni pédagogie en direction du sud.

Pour ma part je privilégie une chambre régionale, où les acteurs de terrains, entrepreneurs, commerçants, industriels, porteurs de ce seul mandat, condition indispensable pour une vision objective de l'économie corse qui reste à inventer, représenteraient l'ensemble du territoire. Deux collèges Cismonti et Pumonti, dont les représentants éliraient un Président en mutualisant les moyens de gestion. Ce chantier reste ouvert. Mon engagement politique l'exige et je ne désespère pas de convaincre nos ressortissants et les élus des 2 camps.

 

 

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