C’est fait. Deux ans à peine
après les élections, qui ont
vu la victoire, pour quelques
dizaines de voix, de la liste
d’union Toussaint Galli/UPA contre
la liste nationaliste sortante
Artisgiani, la Chambre des Métiers
de la Haute-Corse va être de nouveau
placée sous tutelle de la préfecture.
Cette dernière sera chargée,
jusqu’aux nouvelles élections,
d’expédier les affaires courantes.
Cette situation est la conséquence
de l’invalidation de l’élection du
président Toussaint Galli par le
conseil d’Etat, et la démission collective
des 11 élus nationalistes. Il
ne reste désormais plus que 14 élus
pour faire fonctionner la Chambre,
alors que la loi demande une représentation
minimale de 18. Il s’agit
depuis 2001 de la seconde mise
sous tutelle de la Chambre des
Métiers... un triste record.
En deux ans, tout le travail réalisé
par les élus nationalistes pour
redresser l’institution des artisans,
au plan financier, au plan de
l’image vis-à-vis de ses partenaires,
au plan de ses capacités à mettre en
place des politiques de formations,
a été jeté aux orties pour laisser
place, comme à l’accoutumée, à
une politique clientéliste et clanique.
La Chambre des Métiers n’a
plus joué son rôle d’accompagnement
et de défense des artisans,
mais a été confisquée pour assouvir
les intérêts de quelques personnes,
au demeurant officieusement soutenues
et encouragées, lors des dernières
élections de 2005, par la
Chambre de Commerce de la
Haute-Corse et la Mairie de Bastia.
Comme quoi, entre clanistes, de
droite ou de gauche, on sait s’entendre
!
Comme l’ont indiqué les élus de
la liste Artisgiani, au cours d’une
conférence de presse, “la coalition
Galli/Piacentini/UPA a eu tôt fait
d’imploser pour des raisons obscures
sans doute plus liées à des intérêts
personnels qu’à le défense de
l’artisanat (...) le bilan de leurs
deux années d’activité se solde par
une politique méprisable : tension
sociale, retard dans la construction
de la nouvelle Chambre (...) l’actuel
secrétaire général a été mis à
pied, révoqué, puis réintégré (...)
n’a plus accés à aucun document,
ne peut plus exercer sa fonction, il
doit s’en référer au Directeur de
Cabinet ou à l’audit interne (...)
dont le quota supporté par les artisans,
avoisine les 100 000 Euro
par an ! La fonction inavouée de
cet audit est de superviser le fonctionnement
administratif de l’ensemble
des services, d’animer et
coordonner toutes les activités (...)
aider les élus dans leurs activités,
et veiller à les faire respecter. Ces
fonctions sont légalement du ressort
exclusif du secrétaire général
(...) la liste Une Voix pour l’artisanat
a ridiculisé l’artisanat en
Haute-Corse”.
Pour les élus nationalistes, il faut
changer de cap, et retrouver les
chemins qu’ils avaient initiés lors
de leur mandature : “Cet outil de
travail étant incontournable pour
l’avenir de notre artisanat, nous
souhaitons vivement que cet établissement
(...) retrouve sa sérénité
et ses vraies valeurs qui sont le travail
et la probité (...) l’artisanat,
qui est la première force économique
de l’île entend retrouver sa
fierté”.
L’artisanat attend un changement,
une nouvelle démarche politique
gagnante. Il revient donc aux nationalistes
de prendre, dès à présent,
toute la mesure de l’enjeu, peutêtre
dans l’union, afin de rempoter
les prochaines élections et ainsi
mettre un terme à l’expérience de
Toussaint Galli, qui, comble de la
bétise devant la situation, se disait,
le 15 mars dernier, “fier de son
bilan” !
Battì Lucciardi