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A Chjama di u PNC


J'adhère pratiquement en totalité, en tout cas largement sur sa première partie, au dernier communiqué, je ne dis pas la dernière revendication, du PNC.

Il est évident que c'est, une fois de plus, l'Etat jacobin dans son expression la plus sinistre, celle qui rappelle étrangement le fascisme à la française version dix-huit brumaire, qui est aujourd'hui responsable du blocage de la situation politique en Corse.

La classe politique corse n'est guère plus brillante, en particulier celle qui se regroupe frileusement soit autour de la minoritaire majorité territoriale ou alors dans les contours d'une pseudo gauche républicaine, elle est totalement vendue à la cause de l'Etat salvateur, pourvu qu'il continue à distribuer des prébendes et des subsides. Elle persiste dans ses réflexes malsains qui l'avaient conduite à dynamiter, au nom de la préservation de ses acquis, le fameux référendum de 2003. Sur ces points, le PNC a cent fois raison.

Je ne partage évidemment pas la suite de son point de vue, en particulier sur sa lecture de l'action politique clandestine, telle que cette dernière s'est exprimée, en tout cas, dans ses plus récentes communications. Il est faux et dangereux, sauf à vouloir jouer les pyromanes, que d'imaginer une surenchère ou une rivalité quelconque entre des mouvements qui, s'ils sont séparés, donnent nettement l'impression de tirer dans le même sens.

Ne jetez pas d'huile là où il n'y a, visiblement, pas de feu. Le PNC est aujourd'hui, enfin, un mouvement politique responsable et adulte, il faut le dire et je suis parmi les premiers à m'en féliciter, il n'a plus besoin pour exprimer ses points de vue d'utiliser la tactique de l'épouvantail. Nous avons une base première, le dialogue du Fiumorbu, elle est une des pierres fondatrices de la Corse libre de demain, n'y revenons plus.

Pareillement, il est nuisible à une bonne lecture des choses que de mélanger en permanence, sur le thème de l'affrontement entre corses, des revendications politiques que l'on peut, bien évidemment, ne pas approuver et des exactions qui relèvent certainement du droit commun. Alors sur l'Unione Naziunale, ce n'est certainement que par oubli que l'esecutivu n'a pas souligné, avec davantage de force, la volonté commune qui a prévalu à sa création, c'est-à-dire son caractère éminemment stratégique. Et c'est ce seul aspect qui peut et doit nous rassurer, nous sommes désormais, tous et selon les termes de ce communiqué, dans une stratégie commune. C'est ce qui est le plus important.

Nous ne pouvons que nous en féliciter et condamner fermement, avec nos frères de lutte du PNC, l'attitude irresponsable de l'Etat car c'est lui seul qui, volontairement, dans le but de gagner du temps, retarde l'arrivée d'un possible processus de paix, tel que nous ne pouvons que le souhaiter.

Tout nous le démontre.

Tout d'abord le mépris le plus total à l'encontre de tout ce qui touche à la Corse. L'attitude méprisante du ministère de la Justice, depuis des mois, à l'encontre des familles, à l'encontre de mères, de femmes et d'enfants est édifiante sur ce point. L'absence permanente de pistes d'avancées politiques, économiques ou sociales, en dehors de l'ectoplasmique PEI dont nous n'avons que faire car il n'est nullement mis en place au service des intérêts de la Corse et des Corses.

La pitrerie lamentable d'un exécutif régional devenu la marionnette de tous les salons parisiens.

Les atteintes permanentes par la police politique à tout ce qui ressemble de près, voire même de très loin, à un nationaliste. Disons-le clairement, à tout ce qui ressemble à un Corse, la police d'Etat chasse du Corse comme elle chasse de l'islamiste, un point c'est tout.

Les condamnations disproportionnées, au regard des faits, par une justice instrumentalisée, dans des procès à répétition et médiatisés à l'extrême.

Le refus intransigeant de rapprocher des leurs, de la Corse, l'ensemble des prisonniers politiques.

Tout ceci pose, à l'évidence, les conditions volontaires d'un durcissement prévisible et souhaité de la situation, par des provocations répétées et délibérées et nous ne pouvons que nous féliciter, au final, de l'esprit de responsabilité qui prévaut, malgré tout, au sein de cet espace stratégique large que nous a défini le PNC. Bien sûr, il faut toujours vouloir plus, espérer davantage, des autres et en premier lieu des siens. Bien sûr, il est raisonnable que de vouloir avancer vite mais comme le souligne le PNC, nous ne pourrons être régulateurs que de notre propre vitesse et jamais des lenteurs ou des freins de l'Etat. Et sur ce point, il est certain que les rencontres initiées, dans les jours à venir, entre les différentes composantes de l'Unione feront mentir nos détracteurs permanents, en particulier certains médias sordides, images locales du journal officiel. Elles devront faire le point sur nos difficultés individuelles et collectives à avancer, concrètement et surtout stratégiquement, sur certains terrains essentiels des luttes publiques. Elles nous permettront de progresser encore plus sur la pratique de l'Unione qui, nous le savons tous, n'a jamais été un simple arrangement pour une coalition électorale.

Certes, comme au précédent scrutin, 25 000 Corses nous ont demandé de continuer sur la base programmatique qui était la nôtre, mais nous ne sommes dépositaires que de nos devoirs envers eux et leurs espoirs.

Plus gravement encore, la société corse traverse, actuellement, une crise structurelle profonde et peut-être sans précédent. Et nous ne savons pas lui apporter une véritable réponse globale, nous laissons se saucissonner, sous nos yeux, le dossier en répondant, parfois fort justement bien entendu, mais au cas par cas. Or, il n'en est rien, l'avenir du monde agricole est lié, au hasard, à l'instauration d'une maîtrise totale et efficiente des moyens de transports, l'officialisation ou la coofficialité de notre langue sont liées à une large mise hors norme de l'académie de Corse, notre plan structurant d'infrastructures est lié au maintien intangible, par la loi littorale renforcée, de la pérennité de notre patrimoine. Le rétablissement du plein emploi est lié en priorité à la corsisation du travail. La revitalisation de l'intérieur est liée à la redéfinition d'une carte administrative fondée sur le principe des provinces.

Il en est tant d'autres exemples et tous sont immanquablement reliés entre eux.

Encore une fois, nous devons donner un caractère stratégique, une réelle planification à nos propositions. Encore une fois surtout, comme le dit le PNC, " l'Unione naziunale est la condition nécessaire à la mise en oeuvre de cette stratégie. " La seule. Pour le reste, pour le temps, un de nos élus, spécialiste en proverbes corses, pourra nous dire que " ùn vale à nunda à vulè fà u passu più grande chè l'infurcatoghja ".

Carlu Pieri

 

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