Les militants et sympathisants
de Corsica Nazione
Indipendente se sont donnés
rendez vous pour tenir une
conférence de presse au
Creps. Cette occupation
symbolique et politique avait
pour but de dénoncer le
recrutement douteux et l’absence
de politique sportive
au sein du Centre régional
d’éducation populaire et
sportive. Corsica Nazione
Indipendente a dénoncé
aussi l’utilisation de l’argent
prévus pour la construction
de villas destinés aux cadres
du CREPS alors que cet
argent devrait servir à la
construction d’outils pour les
jeunes.
Corsica Nazione Indipendente a
occupé les locaux du Centre régional
d’éducation physique et sportive
(creps) afin d’en dénoncer le recrutement
douteux et discriminatoire et
l’absence totale de politique sportive.
CNI a constaté tout d’abord que le
recrutement des personnels du
CREPS de corse se fait selon une
double logique : “D’une part offrir au
personnel de direction un moyen de
satisfaire leur goût de l’exotisme et
leurs ambitions carriéristes ; d’autre
part pour accomplir la stratégie de
l’Etat : pourvoir tous les postes de
direction et de formation avec des
fonctionnaires recrutés hors de Corse
afin d’accélérer la décorsisation du
secteur public.” En ce qui concerne
les postes plus modestes (entretien,
cuisine…) souvent pourvus par les
personnels ATOS de l’académie, le
problème est résolu puisqu’une partie
de ces services
est externalisé et
confiée à des
entreprises privées
selon des critères
peu lisibles. C’est
ainsi que les effectifs
en personnel
ont régressé passant
de 48 à 37 en
moins d’un an ! Et
c’est seulement à
la suite d’une longue
grève du personnel
du CREPS
en 2002 que la
direction et le
ministère ont
consenti à consolider
les contrats
précaires de personnels
corses
occupant des postes
indispensables
à la bonne marche
de l’établissement.
En revanche, la
direction s’est permis
de pourvoir
un poste de secrétaire
de la formation
en y plaçant une ouvrière d’entretien
non corse qui ne doit cette
étrange promotion qu’à l’intervention
des services du préfet et au fait
qu’elle soit la compagne d’un membre
des forces de répression, procédé
ahurissant dont on est en droit de
penser qu’il s’agit d’une pratique ordinaire
de discrimination anti corse !
Pour CNI, si les ministres successifs
affichent la volonté de doter notre
pays d’un outil de formation et de
développement sportif, en réalité ils
ne tiennent aucun compte des
besoins, des possibilités et du retard
structurel de la Corse !
La conséquence la plus grave est que
le CREPS de Corse fonctionne
comme une simple structure d’hébergement
sportif et qu’il ne va jamais
au devant des jeunes Corses et de
leurs besoins dans un secteur d’activités
essentiel pour la Corse d’aujourd’hui.
Le creps de corse dispense
aujourd’hui très peu de formations ;
ses ambitions se limitent à entretenir
notre jeunesse dans l’illusion du sport
d’élite et de pallier tant bien que mal
le déficit chronique des installations
sportives de la région. La restructuration
nécessaire de la base nautique a
finalement abouti à une quasi mise
en sommeil des activités liées à la
mer, ce qui est un comble pour une
structure implantée en plein golfe
d’Aiacciu. Quant aux installations
sportives, CNI note que la troisième
tranche de travaux d’équipement
indispensables privilégie d’ores et
déjà la construction de villas pour la direction alors que l’on attend toujours
une piscine de 50 mètres et une
véritable piste d’athlétisme ! Cela se
passe de commentaires…
Quoi qu’en dise Mr Champion, son
directeur adjoint, le CREPS de Corse
présente aujourd’hui un bilan désastreux,
conséquence de la politique
néocoloniale de l’Etat français en
Corse et de l’obsolescence des structures
institutionnelles. Pour CNI, “en
l’état, elles pérennisent l’archaïsme
d’un système qui obère la reconstruction
de notre pays et empêche les
Corse d’accéder à la modernité”.
C’est pourquoi CNI a exigé la territorialisation
pleine et entière du CREPS
de Corse, de ses objectifs et de son
recrutement. CNI a également
demandé que “les fonctionnaires et
enseignants qui confondent CREPS
de Corse et Club Med et pour lesquels
la corsitude ne représente pas
autre chose qu’un alibi folklorique,
rejoignent leurs postes d’origine ; les
postes vacants devront être pourvus
par des enseignants issus de la formation
STAPS de l’Université de
Corse”. CNI exige enfin que soit mise
en place une véritable politique de
formation et que le CREPS de Corse
devienne finalement le véritable outil
au service de la Corse, pôle sportif,
populaire et territorial que notre île
attend depuis longtemps. Conscients
du retard historique de la Corse dans
tous les secteurs d’activité, CNI exige
que le CREPS soit doté d’infrastructures
propres à répondre aux besoins
d’une société moderne dans le secteur
du sport, jusqu’ici livré à la
négligence de l’Etat français et à l’incurie
des politiques du clan. CNI
demande, à ce sujet, une réunion de
concertation avec les élus de la CTC
et les représentants en Corse des services
Jeunesse et Sports.
Les représentants de CNI ont conclu
leur conférence de presse en disant
qu’ils “attendaient une réponse claire
de la part des politiques”. Les lecteurs
du Ribombu aussi !
Ghjuvanni Deziu