Par la voix de ses porte-parole,
Pierre Paoli, François Sargentini,
Eric Simoni et Olivier Sauli, Corsica
Nazione Indipendente a rendu
publique sa position sur les élections
législatives françaises des 10 et 17 juin
prochains, en annonçant la participation du
Parti dans 3 des 4 circonscriptions de Corse :
les 1ere et 2e de Corse du Sud ainsi que la
2e de Haute Corse. Dans la 1ere circonscription
de Haute Corse, celle de Bastia, il n’y
aura pas de participation.
En effet, à Bastia, « les conditions d’une union (…) large
et efficasse (…) n’ont pu être réunies ». Cette décision
est en conformité avec les dispositions de la dernière
cunsulta de CNI, début mars – qui affirmait qu’une présence
nationale aux législatives était envisageable dans
le cadre d’une union large, afin d‘éviter notamment une
simple candidature de témoignage et un éparpillement
des voix. A ce titre, les sections ont évalué les situations
localement et donné leurs impressions sur l’opportunité
ou pas de désigner un candidat. Cette non participation
ne remet toutefois nullement en cause la volonté
d’union de CNI, puisqu’elle précise, qu’à Bastia, « d’autres
échéances démontreront notre souci de l’union qui
se matérialisera avec l’ensemble des forces patriotiques
pour combattre (…) la gauche française de Zuccarelli ».
Dans les autres circonscriptions, Corsica Nazione
Indipendente justifie sa présence, sous une bannière
d’union, avec A Chjama, le PNC, I Verdi, baptisée
Unione pè una soluzione pulitica, par le soucis de combattre
sur leur propre terrain les représentants du Parti
français, mais aussi de participer, de favoriser l’union
nationaliste la plus large possible. Par conséquent, cette
stratégie découle du concept de la LLN qui vise à occuper
tous les terrains de lutte, y compris celui des institutions
lié au système français en place. Pour le
Mouvement, il n’était pas question de laisser « le Parti
français, à travers les clans, monopoliser un électorat –
malgré la complexité et les limites du cadre électoral
français – particulièrement là ou le candidat Nicolas
Sarkozy, et il n’est pas le seul, a mené sa campagne présidentielle
sur fond de promesses répressives et sécuritaires.
Notre participation (…) peut déranger un ordre
établi, celui des tenants de l’immobilisme, de l’archaïsme
et de la répression politique. Dans certains cas,
un ballottage est même possible, démontrant (…) que le
mouvement national uni est, et demeure, l’alternative
d’avenir pour ce pays », comme l’a notamment
démonté le résultat du candidat nationaliste à l’élection
cantonal du Celavu Mezana, qui a réalisé près de 33% des
suffrages.
Par conséquent, CNI s’appuie sur des fondamentaux de
la LLN tout en cherchant à privilégier le souci de l’union
stratégique qui peut créer les conditions d’une solution
politique « avec l’Etat français d’une part, le peuple
corse et tous ses légitimes représentants d’autre part ».
Cette participation est une confrontation directe avec «
tous ces candidats, de la droite française qui ont toujours
tourné le dos à de réelles négociations politiques
pour sortir l’île de l’impasse (…) et tous ces candidats de
gauche française et républicaine qui récusent toute évolution
institutionnelle, et qui peu ou prou s’accordent
très bien avec la pensée uniformisatrice actuelle de
cette même droite ».
CNI rappelle également, comme elle l’avait fait lors des
élections présidentielles, que son discours et sa démarche
politique ne serait se confondre avec celui, populiste
et réactionnaire, du représentant local du FN, qui,
sous son visage sage de jeune premier, cherche via « un
discours illusoire sur l’immigration, détournant par la
même les fondamentaux progressistes de notre combat
au bénéfice d’illusions pseudo-identitaire plus que douteuses
». Le FN c’est le Parti de la France, et ses représentants
ont toujours été les alliés des clans, comme en
1986 à l’Assemblée de Corse aux côtés de leurs amis du
RPR et du MRG, des activistes de la CFR et des partisans
de la solution finale contre les patriotes corses.
Enfin, pour Corsica Nazione Indipendente, le sens de sa
participation, le message développé, vise à mettre en
place une véritable solution politique au problème
corse, porteur de paix et d’espoir pour demain.
Battì Lucciardi