Le mois dernier le Ribombu consacrait un dossier à la situation au Pays Basque et notamment à la dernière évolution, le “cessez le feu permanent” de l’ETA. Au cour d’une conférence de presse les représentants de Corsica Nazione Indipendente sont revenus sur la situation internationale de leurs partenaires basques, mais aussi catalans pour démontrer qu’aujourd’hui en Europe il ne reste plus que la France qui se refuse à chercher une solution politique à un problème politique.
Depuis quelques mois, les
situations basque et catalane
sont en rapide évolution.
Corsica Nazione
Indipendente, qui entretient
depuis des années
d’étroites relations avec
les principaux acteurs
politiques de ces pays, a
suivi avec beaucoup d’attention
les opérations de
ces dernières semaines.
Plusieurs responsables se
sont donc rendus tant à
Barcelone qu’à Bilbao. En
effet, la politique internationale
de CNI a conduit à
un partenariat, déjà
ancien, d’une part avec
Batasuna en Euskal
Herria et d’autre part
avec Esquerra republicana,
parti actuellement au
pouvoir en Catalogne.
La Catalogne
Afin de suivre au quotidien les événements
actuels devant conduire à la
reconnaissance par Madrid des droits
nationaux catalans, CNI s’est dotée
d’une antenne à Barcelone. Une délégation
du parti a, en outre, participé
en décembre dernier à la première
« Conférence méditerranéenne des
nations sans Etats » organisée par le
gouvernement de Catalogne et présidée
par Josep Bargalló, premier
ministre. À cette occasion, les mouvements
républicains corse et catalan
ont pu échanger sur leurs perspectives
et le renforcement de leur collaboration.
C’est bien la souveraineté
pure et simple qui est aujourd’hui en
ligne de mire, même s’il n’est nullement
question d’écarter les voies
pouvant y conduire par étapes.
Madrid a beaucoup évolué, ce qui
permet de voir l’avenir de façon
beaucoup plus positive. Sur les plans
social, économique, culturel et institutionnel
la Catalogne et son gouvernement
sont résolument entrés dans
une véritable démarche de reconstruction
nationale. D’autres contacts
sont prévus avec Esquerra republicana
dans les jours à venir.
Le Pays Basque
La situation y était totalement bloquée
il y a seulement deux ans. Avec
le changement de gouvernement et
l’attitude plus ouverte de celui de
Monsieur Zapatero, un processus de
dialogue et de paix a pu s’ouvrir. Ces
dernières semaines, une collaboration
fructueuse s’est établie entre CNI et
Batasuna - notamment lors du « congrès
interdit » de Bilbao - devant déboucher
sur des initiatives qui seront
bientôt rendues publiques. S’agissant
du processus de paix, CNI a salué la
décision de ETA de décréter un « cessez-
le-feu permanent » et l’espoir
qu’elle a fait naître. Cette annonce et
les réactions qui l’ont suivies montrent
que lorsque l’on crée des tendances
lourdes en faveur de la paix,
les choses peuvent avancer très vite.
Le récent ralliement au processus de
paix - hier encore jugé impossible - des principales organisations dites
« de victimes du terrorisme » en est
un parfait exemple. Personne ne
pouvait imaginer cela il y a seulement
quelques jours. Chacun peut se
rendre compte que ce n’est pas à travers
les incantations, les condamnations
et les anathèmes que l’on construit
la paix, mais par le dialogue.
Autre enseignement à retenir des
récentes évolutions de la question
basque : les tentatives d’isoler une
partie du peuple sont illusoires et
vouées à l’échec.
La Corse
Dans l’île, la situation demeure bloquée
et le conflit corse est depuis quelques
jours le seul où aucune solution ne semble
pour l’heure envisageable. Pourtant,
on a été très proche d’une solution à l’époque
du processus de Matignon, qui,
avant d’être interrompu pour des raisons
extérieures à la Corse (l’élimination de
Lionel Jospin aux élections présidentielles
française), commençait déjà à porter se
fruits. Est-il besoin de rappeler que 44
élus sur les 51 que compte l’Assemblée de
Corse avaient validé un projet global de sortie
de crise ?
D’ailleurs, les partenaires basques de
CNI ont suivi de très près ce processus et
ont demandé, ces derniers temps, de leur
en décrire le détail, car, même si elle n’a
pu être conduite à son terme, cette expérience
contribue aujourd’hui à alimenter
cette véritable « ingénierie de la paix »,
actuellement en cours d’élaboration.
Pour une « ingénierie
de la paix »
Ce que l’on peut tenir aujourd’hui pour
acquis, c’est que rien n’est possible sans
que toutes les forces politiques,
publiques ou non, participent à la construction
de la paix. En Corse, la lutte
armée est incontournable et il n’est pas
possible d’imaginer une solution politique
à laquelle cette dernière, particulièrement
représentée par le FLNC Union des
Combattants, n’aurait pas apporté sa
contribution, comme cela a été le cas en
Irlande pour l’IRA ou, plus récemment,
au Pays Basque pour l’ETA. Or, cette
contribution ne peut venir que dans des
conditions propices à l’apaisement. À cet
égard, le gouvernement français est face
à ses responsabilités. Comme le gouvernement
britannique à l’égard de la question
irlandaise et le gouvernement de
Madrid pour le problème basque, Paris
devra tôt ou tard changer d’attitude. Il
devra se convaincre qu’il ne se débarrassera
pas du problème corse par la répression
aveugle et les manipulations policières
comme celles qui ont été
publiquement révélées ces derniers
temps.
Dans les semaines à venir, Corsica
Nazione Indipendente amplifiera son
action internationale, notamment auprès
des autorités communautaires, et dénoncera
l’attitude injuste et archaïque de la
France à l’égard de la Corse, qui fait de
celle-ci le dernier endroit d’Europe où
l’on ne voit pas se dessiner de solution
politique au conflit. En ce qui la concerne,
Corsica Nazione Indipendente a clairement
et publiquement formulé ses « propositions
en cinq points » pour une sortie de
crise, et les a prioritairement soumises à
ses partenaires du mouvement national.
Aujourd’hui comme hier, CNI est pleinement
disponible pour travailler avec tous
ceux qui veulent construire un avenir de
paix sur la terre de Corse.