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Articulu di u numaru 19, nuvembre di u 2006


Quatre questions à Joseph Colombani


Joseph Colombani est le secrétaire général du syndicat agricole FDSEA. Toujours à la pointe du combat pour la défense de l’agriculture et des agriculteurs corses, il sera bientôt jugé en correctionnelle par la cour d’appel de Bastia. L’Etat veut apparemment le museler en l’incarcérant, dans le doit fil de l’agression des militaires français en octobre 2005 contre les syndicalistes du STC...

U Ribombu : le 22 novembre 2006 à 14 heures, vous passez en appel au tribunal de Bastia pour avoir en décembre 2004 saccagé le bureau du directeur départemental de l’Agriculture et de la Forêt. Ne craignez-vous pas qu’une condamnation à de la prison ferme ne vous empêche de vous présenter aux élections de la Chambre d’Agriculture de Haute-Corse fin janvier 2007 ?

Joseph Colombani :
On peut en effet se poser des questions sur l’acharnement de l’administration judiciaire qui fait appel des 3 mois de sursis et sur le délai de presque dix huit mois pour être rejugé, ce qui nous amène à deux mois de l’échéance électorale. Je pense par ailleurs qu’il n’y a pas un seul agriculteur en Corse qui accepterait de gagner des élections grâce à un tel stratagème. Cela dit, j’espère que la mobilisation du 22 novembre au Palais de Justice sera en mesure de dissuader quiconque voudrait jouer avec la démocratie.

U Rib. : En quoi un candidat comme vous, qui se reconnaît dans le mouvement national, est intéressant à la tête d’une institution consulaire comme la Chambre d’Agriculture ?

J. C. :
Un candidat nationaliste est en effet le mieux placé, par définition, pour défendre l’intérêt exclusif du peuple corse dans toutes ses composantes et donc l’agriculture. Un candidat nationaliste est le mieux placé pour fédérer les différentes tendances « droite-gauche » qui traversent notre peuple car situé naturellement au-dessus des partis traditionnels. Un candidat nationaliste est le mieux placé pour défendre l’intérêt collectif par la promotion d’un développement endogène c’est-à-dire un développement économique fait par les Corses pour tous les Corses.

U Rib. : Cela fait huit ans que vous êtes président de la F.D.S.E.A. de Haute-Corse où tous connaissent le syndicaliste par ses coups d’éclat et son franc parler. En cas de prise de responsabilités à la tête de la Chambre d’Agriculture, n’y-a-t-il pas un risque de s’institutionnaliser ?

J. C. :
Mais je compte bien rester syndicaliste, d’ailleurs le sens de ma candidature est bien de syndicaliser l’institution et non l’inverse ! Il faut pour que l’agriculture corse ait un réel avenir que la Chambre avance de concert avec le syndicalisme et non à distance, voir en opposition comme nous avons pu le constater lors de la dernière mandature.

D’ailleurs il faudra à très court terme que l’ensemble des agriculteurs corses réussisse à se fédérer, sur des projets ambitieux qui ne laissent personne sur le bord de la route, en dehors donc de tout élitisme.

Il faudra aussi imposer par un rapport de force démocratique et syndicaliste l’occupation de l’espace rural corse par une agriculture raisonnée qui doit être soutenue dans sa capacité de production afin de sortir définitivement de l’assistanat.

U Rib. : Un de vos combats est la lutte contre la spéculation foncière qui prive les agriculteurs corses de la maîtrise de la terre. Que pensez-vous du sondage qui attribue au F.L.N.C. le premier rôle dans la défense contre la bétonnisation du littoral ?

J. C. :
Tout d’abord, je salue la lucidité des Corses et le sacrifice des clandestins. Ensuite, je pense que la meilleure alternative durable à la bétonnisation et donc à la spéculation foncière passe par des principes simples, comme « les terres agricoles restent agricoles » notamment lors de l’élaboration du P.A.D.D.U.C., des P.O.S., ou autres P.L.U... Bien entendu, il faut aussi que le métier d’agriculteur reste attractif à travers un vrai plan de relance de l’agriculture corse ce qui aujourd’hui est loin d’être le cas. Malgré l’après-Erignac et la campagne Glavany « anti-agriculteur », la F.D.S.E.A. a réussi à bloquer la saisie des 30000 hectares de terre hypothéquées en plaine orientale, saisie programmée par le Crédit Agricole. Ainsi, a pu être évité l’accaparement de la plaine par des non-agriculteurs voire des non-corses. Il serait dommage que ces belles terres de plaine aujourd’hui quasiment sauvées ne servent pas à une logique de solidarité avec un développement de l’intérieur. En effet, des productions fourragères en plaine doivent soutenir les besoins en montagne en évitant les coûts exorbitants de l’alimentation du continent.

C’est cette vision globale de l’intérêt exclusif de tous les Corses qui anime et animera toujours notre démarche.

Propos reccueillis par Francescu Albertini

 

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