En 1976, nous annoncions le franchissement d'une nouvelle étape du combat émancipateur mené par les forces
vives du peuple en ces thermes : "une organisation indispensable : Le Front de Libération Nationale. Le Front
permet de réaliser l'unité de notre peuple au sein d'une même organisation. Toutes les couches de notre peuple
qui ont intérêt à sa libération nationale se retrouvent dans ce Front uni, Le programme du Front est la base d'accord
minimum qui cimente les différentes couches de notre peuple".
En 1999, nous officialisions, après une période de divisions et de manipulations dirigées par l'Etat français, l'union
politique et structurelle des principales formations combattantes armées.
De nos jours, la configuration politique est toute autre. Le Mouvement National, et particulièrement le Mouvement
de Libération Nationale se sont affirmés publiquement, dans la diversité, sur un grand nombre d'espaces politiques,
économiques, sociaux et culturels. Notre rôle a évolué. Nous accompagnons les revendications et les aspirations de
notre peuple sachant pertinemment que la réussite de la lutte de libération repose sur la participation populaire. Pour
autant l'analyse de la situation actuelle confirme notre choix stratégique de l'action armée et de la résistance. L'action
armée ne s'improvise pas : elle est réfléchie pour servir exclusivement les objectifs fixés par notre combat. Elle répond
aux exigences d'une lutte organisée et ne peut être confondue avec de quelconques gesticulations groupusculaires
sans lendemain. N'en déplaise à tous nos pourfendeurs, ou qu'ils se situent, l'action armée est un instrument politique
patriotique. La résistance dont nous sommes l'une des représentations trouve sa naturelle légitimité face à l'Etat
centraliste français. Ce dernier refuse toujours de reconnaître les droits nationaux du Peuple Corse. Il s'attelle à décupler
la dépossession foncière, Il accentue la disparition de notre communauté, Il tente d'isoler politiquement la LLN,
de concert avec son quadrillage militaire, son arbitraire et on inique prétendue justice. La présence dominatrice française
n'a pas vocation à s'auto-mutiler, sauf sous les rapports de force. L'Etat français entreprend aujourd'hui une
nouvelle phase de son oeuvre de liquidation financière et économique susceptible de rentabiliser toute sa périphérie
affairiste. Notre combat est celui des humbles et des opprimés. Nous avons toujours défendu l'homme corse et
son identité en pensant au social. Nous nous situons clairement aux côtés de toutes ces personnes qui quotidiennement
revendiquent et se battent pour la langue, la culture, la terre, le pain et le travail. Notre vision de la souveraineté
repose sur la liberté, la démocratie, le progrès économique et social. Ce qui n'a rien à voir avec l'octroi d'une
quelconque réformette. Notre conception du développement s'appuie sur le bien public, la cohésion sociale, le respect
des équilibres écologiques et le partage au bénéfice du plus grand nombre. Nous refusons la logique du monopole
des richesses, des biens et des besoins. La mondialisation actuelle du système économique s'illustre par une
aggravation des inégalités humaines et sociales qui enfonce chaque jour un peu plus des millions de personnes dans
la pauvreté et la misère, Elle se traduit également par un pillage démesuré des ressources naturelles. La Corse entre
dans ce cadre.
Notre objectif d'un Etat indépendant qui trouve toute sa signification dans l'Europe actuelle s'insère dans une planification
d'accessibilité progressive à la souveraineté. Il en est l'aboutissement. Nous réaffirmons notre attachement
au principe d'une étape de nature à instaurer avec l'Etat français de nouveaux rapports politiques. Cette étape s'appuie
sur les points suivants :
Mise en place de négociations entre l'Etat français et le Mouvement de Libération Nationale dans toutes ces
composantes, et, au-delà, avec toutes les expressions de la société corse
Reconnaissance du Peuple Corse
Reconnaissance de la citoyenneté corse
Mise en place d'un véritable pouvoir législatif pour l'assemblée de Corse
Reconnaissance de la langue et de la culture corses
Réappropriation de la terre et du patrimoine foncier bâti.
L'éventualité d'une révision constitutionnelle française qui stipulerait une timide et retenue prise en considération de
notre langue n'entre pas dans ce cadre. Elle détourne la vocation de cette dernière de son environnement communautaire
et culturel. Nous suivons avec intérêt, sans y interférer, les débats et leur évolution au sein de la LLN. Nous
les suivons d'autant plus qu'à maintes fois, à notre niveau, nous avons toujours réitéré nos appels au principe stratégique
des convergences patriotiques. De l'aboutissement et la matérialisation de ces débats dépend une dynamique
novatrice de la LLN. Nous lui souhaitons une traduction organisationnelle véritablement unifiée, portée par un
élan révolutionnaire. Nous nous tenons prêts pour accompagner et s'adapter à ce possible choix.
Nous saluons la mémoire de tous les militants morts pour que vive le peuple. Ils sont présents pour chacune de nos
actions. Nous apportons notre soutien fraternel à tous les patriotes emprisonnés. Nous appelons chaque corse,
femme et homme, à rejoindre et renforcer nos rangs.
A POPULU FATTU BISOGNA A MARCHJA