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Création d'un Conseil de la langue et de la culture corses


A l'initiative de l'Unione Naziunale et d'autres groupes de l'opposition : Lors de la dernière réunion de l'Assemblée de Corse, une décision extrêmement importante a été prise : la création d'un Conseil de la langue et de la culture corses. On sait qu'un tel organisme, " Conseil " ou " Office " de la langue corse, fait partie des revendications essentielles d'Unione Naziunale. À de nombreuses reprises, le Conseil exécutif avait déclaré qu'il n'y était pas favorable.


Depuis plusieurs mois, la question de la langue était traitée à l'Assemblée à travers le Plan Régional de Formation (PRDF). Dans le cadre de ce travail, un certain nombre d'idées avancées par les élus d'Unione Naziunale avait été prises en compte. Pourtant, lorsque Antoine Giorgi, conseiller exécutif en charge de la langue, venait de présenter son rapport devant les élus territoriaux, les représentants du groupe nationaliste avaient prévenu qu'il ne pouvaient, en l'état, soutenir le rapport de l'exécutif.

En effet, ce dernier proposait la création d'un " Comité Territorial de Concertation sur le Plan de Développement de la langue corse ", simple organisme administratif dépourvu de moyens financiers et humains. Il s'agissait en fait de ce genre de commissions que l'on crée généralement lorsque l'on veut enterrer un dossier ! À l'évidence, cette structure était beaucoup trop éloignée de celle que proposaient les nationalistes. Par ailleurs, les objectifs fondamentaux étaient affirmés peu clairement par l'exécutif.

Aussi, Unione naziunale et d'autres groupes d'opposition se concertèrent afin de déposer un amendement au rapport de l'exécutif, susceptible de changer radicalement l'esprit des orientations proposées et la nature du dispositif à mettre en oeuvre. L'amendement fut rédigé et déposé. Il affirmait clairement l'objectif : un réel bilinguisme devant conduire à un nécessaire plurilinguisme.

Par ailleurs, il proposait la création d'un " Cunsigliu di a lingua è di a cultura corsa " (Conseil de la langue et de la culture corses), pourvu de " moyens financiers conséquents " et de " moyens humains suffisants et compétents, notamment en matière linguistique et en matière d'évaluation des politiques publiques ". Il exigeait en outre qu'un calendrier soit fixé. Après de longues heures de discussions, le Conseil exécutif acceptait de prendre en compte cet amendement.

À ce moment, intervint une manoeuvre de dernière minute destinée à faire échouer la démarche. Un amendement était déposé par une élue radicale proche d'Emile Zuccarelli. Manifestement, le Maire de Bastia, bien que ne siégeant plus à l'Assemblée, continue à peser, à distance, sur ses travaux, au besoin en rédigeant lui même motions et autres textes où l'on reconnaît aisément sa plume inimitable. En l'espèce, l'amendement visait à empêcher les nationalistes de voter le rapport final. En effet, il introduisait une notion particulièrement inacceptable de leur point de vue et au demeurant hors sujet : l'intangibilité du cadre légal et institutionnel actuel. Là encore, il fallut de longs débats pour lever la difficulté en balayant l'amendement en question. Le rapport, affirmant désormais un objectif clair et créant le " Conseil de la langue et de la culture corses ", pouvait enfin être voté à l'unanimité.

Incontestablement, une étape venait d'être franchie. Toutefois, c'est avec la plus grande vigilance que les élus nationalistes devront faire valoir leur point de vue au sein du Conseil. Rendez- vous à la rentrée, pour l'installation de cette nouvelle institution au service de notre langue nationale.

Petru Paulu Ottavi

 

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