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Articulu di u numaru 6, ottobre di u 2005


Construire l'Unioni, une union de combat !


Durant tout l'été, les médias, bientôt relayés par des mouvements politiques puis par des prisonniers politiques, ont mis en avant le débat sur " le dépôt des armes ". Ce débat récurrent émerge à chaque situation de blocage avec notre ennemi : l'Etat français. Si le terme " ennemi " est employé c'est qu'il est hélas, le seul approprié.

Comment nommer autrement un état qui n'a jamais trouvé que la solution militaire et répressive pour régler ce que d'aucuns nomment pudiquement " le problème corse " mais qui est un véritable conflit qui dure depuis plus de 200 ans. Comment trouver un autre terme lorsque l'on a goûté aux interpellations musclées, aux prisons françaises et à la justice d'exception. Ainsi donc, l'heure serait à l'arrêt de l'action clandestine (Fussila puri !!!).

Je ne connais pas de militant nationaliste qui ne soit d'accord sur la nécessité de la paix. D'ailleurs les discussions ayant précédé les débats de l'Unioni Naziunali ont montré la convergence de vue sur la nécessité de l'apaisement pour construire une Corse démocratique et prospère dans l'ensemble européen. L'Unioni devant devenir l'alternative commune au colonialisme, le FLNC décidait donc d'amener sa pierre à l'édifice et déclarait une trêve.

Cette trêve est historique car elle ne se situe pas dans un contexte de discussion avec l'Etat français. Non, c'est un gage à destination des composantes de l'Unioni et du peuple corse. Ainsi la France se trouvait en position de hors-jeu politique. La pression répressive qui a suivi cette annonce montre à quel point le gouvernement français n'a pas apprécié l'initiative.

Mais cette trêve ne pouvait durer sans que les mouvements publics ne prennent le relais dans les différents combats primordiaux pour la survie du peuple corse : spéculation, colonisation de peuplement, culture… d'ailleurs des engagements clairs ont été pris, à l'époque, par les mouvements autonomistes de l'Unioni. On allait voir ce que l'on allait voir…

En la matière, les seuls qui ont montré la voie sont nos amis agriculteurs. Ils ont d'ailleurs payé le prix fort : interpellations, emprisonnement, matraquages… rien ne leur a été épargné. Ailleurs ce fut plus silencieux. Soyons clairs, il n'y a pas eu de mobilisation. Pourtant il n'y a pas si longtemps, dans les années 90, c'est tous ensembles que nous occupions Sperone, Cavaddu et autres bronze- culs pour jet-set internationale. C'est nombreux et unis que dans les régions nous montions des opérations publiques pour stigmatiser la colonisation de peuplement. Les exemples sont nombreux. Quant à l'Assemblée, elle retentit encore d'interventions politiques et de clashs retentissants lorsque l'exécutif franchissait les bornes.

Ce n'est pas le travail des élus qui est en cause. Ils sont exemplaires dans leur tâche, présents, travaillant dossier par dossier. Non, ce qui est en cause c'est l'absence de décision politique de l'Unioni en ce qui concerne la mise en place de véritable stratégie de combat pourtant décidée lors de sa création.

Le noeud du problème est là et les débats lors des Ghjurnate ont bien montré l'attente grandissante, non seulement des militants mais aussi et surtout de nos électeurs.

L'Unioni est une nécessité impérieuse et stratégique, il ne faut surtout pas la remettre en cause ou la fragiliser. Il faut donc qu'elle dépasse le cercle militant pour devenir une réalité de terrain. Pour ce faire, et afin qu'un pas de plus vers une paix victorieuse soit accompli, il faut occuper d'une manière énergique tous les terrains de lutte. Le monde agricole nous a montré le chemin. Il faut le suivre, courageusement et en sachant qu'en face de nous, nous trouverons notre seul ennemi : l'Etat français. Quant au dépôt des armes, assurément il viendra en son temps, lorsque l'instauration de la démocratie ouvrira des perspectives nouvelles. Pour l'heure, même si l'ensemble des mouvements clandestins le décrétait de manière unilatérale et inconditionnelle, il est certain que des fils de cette terre reprendraient immédiatement le flambeau de la lutte armée.

Nous devons donc construire l'Unioni, une union de combat, une union de terrain où chacun doit occuper toute sa place.

Dumenicu Andreani

 

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