Pillard, spoliateur,
corbeau, Taliban au
petit pied… Ayant,
de la façon que l’on
sait, obtenu la maison
de Jean-Claude
Rogliano en récompense
pour l’avoir
cambriolée, c’est
sans doute croyant
qu’il pouvait continuer
de sévir en
toute impunité que
cet individu s’est
mis à cumuler ces
spécificités. Or, une
de celles-ci va prochainement
le
conduire en correctionnelle.
Ce coup
de théâtre va-t-il,
dans cette incroyable
affaire, inverser
les rôles jusqu’à
voir cette fois des
magistrats sanctionner
le coupable
plutôt que la victime
?
Comme il le fait chaque
fois qu’il peut dénoncer
une atteinte aux Droits de
l’Homme quelles qu’en
soient les victimes, Jean-
Claude Rogliano adresse
à Corse-Matin un communiqué
dans lequel il
prends la défense de Jean-
Guy Talamoni, mis arbitrairement
en examen.*
Peu après, Rogliano reçoit
une lettre de menaces de
mort très particulière.
Dans la plainte contre
inconnu qu’il dépose
auprès du Parquet, on doit
reconnaître que ce genre
de courrier ne lui ôte pas
son sens de l’humour
puisqu’il écrit au procureur
de la République : «
cette lettre témoignant
chez son auteur d’une
haute valeur morale et
intellectuelle a été écrite
sur une feuille de papier
hygiénique dont vous
voudrez bien me pardonner
de ne pas savoir vous
préciser si elle a été rédigée
avant ou après son
utilisation. Les termes en
sont les suivants :
« VOILA CE QUE TU
EST (sic) TOI et TES
AMIS TALAMONI et
SIMEONI EDMONd
pour 99 % des CORSES
!! » Suit en gros caractères
le terme de « MORTE
» pour le cas où j’aurais
cru discerner une ombre
de bienveillance entre les
lignes du texte qui le précède
et dans l’illustration
dont, toute considération
esthétique mise à part,
vous ne disconviendrez
pas de la nature avantgardiste
de la technique et
du choix de la…
matière. »
Pour l’auteur de cette
lettre que Rogliano qualifie
plus loin de « si
bien… torchée », le malheur
est que l’auteur de
JUSTICE EN CORSE l’a
aussitôt reconnu. Et cela,
pour la simple raison que
c’est pour avoir écrit ce
livre qu’elle lui a été
adressée. On se souvient
de l’indignation de l’opinion
publique apprenant à
la lecture de cet ouvrage
comment un arrêt de la
cour d’appel de Bastia
avait donné une partie de
la maison de Rogliano au
pillard qui l’avait cambriolée.
Ne pouvant
apprécier qu’après cette
publication, ce que, dans LE MONDE, Philippe-
Jean Catinchi désigne
sous le terme de « racket
judiciaire », ait connu la
médiatisation que l’on
sait, notre passe muraille
(que, comme dans le
livre, nous continuerons à
appeler « Passamuri »)
cherchait depuis à se venger.
Il n’osait cependant le
faire de front, se souvenant
que, lorsque, voulant
jouer les gros bras, pour
avoir tenté d’agresser
Jean-Claude Rogliano, il
s’était retrouvé chez le
plus proche médecin quelque
peu cabossé. Il lui fallait
donc trouver un autre
moyen d’agression, en
l’occurrence, cette lettre
de menace de mort. Le
texte de Rogliano pour
soutenir Talamoni tombait
à pic pour laisser croire
que l’auteur de cette lettre
anonyme était un lecteur
mécontent du communiqué.
C’était faire d’une
pierre deux coups puisque,
outre la menace de
mort, cet individu pouvait
vomir sa haine du nationalisme
corse à travers des
hommes qui le représentent.
Mais notre Passamuri
oubliait l’existence d’autres
textes rédigés de sa
main dont l’écriture, parfaitement
identique à celle
de la lettre anonyme permettait
qu’il soit formellement
identifié. « A cela,
précise Rogliano, accessoirement,
s’ajoutaient la
présence de fautes d’orthographes
dans le texte
écrit en Corse correspondant
à sa méconnaissance
de la langue Corse et celles
d’orthographe et de
syntaxe dans la texte écrit
en Français témoignant de
son ignorance crasse.
Il suffisait donc de joindre
ces preuves à la
plainte adressée au procureur
pour que soit
confondu le corbeau.
« Après avoir découvert
dans sa cave les meubles
qu’il avait volé en pratiquant
un trou dans le mur
de ma maison, j’avais
commis l’erreur de ne pas
le poursuivre en justice,
rappelle Rogliano. Cette
façon de m’en être reconnaissant
en obtenant,
grâce à un jugement désormais
tristement célèbre,
une partie de la maison
qu’il avait cambriolée,
témoigne de la moralité
de l’individu. Aussi, la
relation étroite entre la
nature abjecte de la formulation
de cette menace
et son extrême misère
intellectuelle ne lui permettant
pas d’avoir
recours à un moyen d’expression
au-dessus de son
rectum me dispensait de
porter des soupçons sur
personne d’autre que
lui ».
Après quelques lignes
dictées dans une gendarmerie,
comme cela était
inéluctable, l’expertise
graphologique ordonnée
par le procureur permettait
de démasquer définitivement
le corbeau, « sans
même, ajoute sans rire
Jean-Claude Rogliano,
que du ténébreux volatile,
il fût besoin d’avoir
recours à l’analyse
A.D.N. … de la fiente ».
Mais l’humour de Jean-
Claude Rogliano est une
façade derrière laquelle se
cache un drame : en
annulant un premier jugement
qui reconnaissait ses
droits, en refusant de tenir
compte des témoignages,
des procès verbaux, des
rapports d’expertise
démontrant par leur limpidité
qu’inverser ce jugement
équivalait à se rendre
volontairement
complice d’une spoliation
immobilière, l’arrêt de la
cour d’appel rendu au
profit d’un cambrioleur
converti aujourd’hui en
corbeau, outre la perte
d’une maison, se traduit
par celle de plusieurs
mois de travaux et de plusieurs
dizaines de milliers
d’euros.
Cette lettre de menace
de mort n’est donc pas la
manifestation d’une malveillance
ordinaire mais
celle d’une volonté de
réduire au silence la victime
de cette extorsion
qui a eu le courage de la
dénoncer.
On aurait pu croire aussi
que, de cambriolage en
spoliation immobilière, de
coups montés en envoi de
lettre anonyme, notre
Passamuri serait arrivé au
terme de son voyage au
bout de l’ignominie. Le
dernier rebondissement
démontre qu’il est loin
d’avoir épuisé sa capacité
de nuisance : voulant
faire payer à Rogliano son
refus obstiné d’accepter
d’être pillé, spolié, puis
menacé de mort pour
avoir osé dénoncer ses
deux premiers forfaits, le
pillard, le spoliateur, le
corbeau, transformé en
« Taliban local » fait
savoir qu’il a commencé à vandaliser Mal’Concilio
et annonce son intention
de l’abattre. Parce que cet
arbre a inspiré le livre qui
porte son nom, détruire
cet incontournable élément
emblématique de
notre patrimoine insulaire
est la dernière façon de
Passamuri de s’attaquer à
J.C. Rogliano.
Aussi, alors que d’ordinaire,
c’est l’auteur de
Justice en Corse qui soutient
ceux dont les droits
sont bafoués, à présent,
c’est lui que nous devons
soutenir.
Cette occasion nous est
donnée : le corbeau a été
démasqué. Le 13 février
prochain, à 14 heures, il
sera traduit devant le tribunal
correctionnel. Tous
ceux qui, au-delà de sa
propre affaire, connaissent
l’engagement de
Rogliano pour la défense
de notre culture et des
Droits de l’Homme,
seront ce jour-là à ses
côtés au palais de justice
de Bastia.
Dernière
minute
Alors que le corbeau
sera traduit le 13 février
prochain devant le
Tribunal Correctionnel du
palais de justice de Bastia,
nous apprenons que l’autre
spoliateur dont il est
question dans Justice en
Corse devrait lui aussi
rendre des comptes à la
justice. Cette affaire ne
concernant pas Rogliano
et étant en cours d’instruction,
nous n’entrerons
pas encore dans les
détails.
Cependant, on ne peut
manquer d’être interpellé
par ce que ces deux personnages
ont en
commun :
- Pour avoir, chacun de
son côté, commis le
détournement de biens
immobiliers appartenant
à Jean-Claude Rogliano,
le premier, à Bastia, le
second à Carchetu, l’un
et l’autre ont spolié la
même victime.
- L’un et l’autre ont
pour cela bénéficié de la
même incroyable complicité.
- Etant donné qui a
favorisé cette spoliation,
et aussi accablants que
soient les faits, l’un et
l’autre en bénéficient
sans être poursuivis.
- On découvre
aujourd’hui que l’un et
l’autre, sauf intervention
occulte, seront jugés
pour deux nouveaux
délits particulièrement
graves.
En s’ajoutant aux précédents,
ces deux nouveaux
délits font apparaître
plus implacablement
encore combien étaient
fondées les accusations
portées par Rogliano
contre ces individus et
leurs complices. Or,
infliger à ces aigrefins la
sanction dont ces derniers
délits les rendent
passibles, entraînerait
implicitement à reconnaître
le degré de turpitude
de ceux qui ont
favorisé cette spoliation.
C’est pourquoi, selon la
lourdeur ou la légèreté
des sanctions infligées, il
sera possible de déterminer
s’il existe une
volonté de reconnaître ou
de continuer de nier
l’évidence d’un scandale
judiciaire dont on sait
l’émotion qu’il a suscité
auprès de l’opinion publique.
Des
“Talibans” à
Carchetu
Des nombreux basreliefs
que la nature a
sculpté sur l’écorce de
Mal’Concilo, ce visage de
monstre était un des plus
remarquables.
Depuis la parution du
roman Mal’Concilio, ce
châtaignier faisant l’objet
d’un grand nombre de
reportages, cette image
paraissait dans divers
magazines de la presse
écrite ou télévisuelle.
L’ayant repéré lors d’une
diffusion d’un de ces
reportages, le vandale qui
n’avait pas caché son
intention d’abattre
Mal’Concilio a commencé
par le plus facile :
il tient parole en détruisant
cette sculpture.
(Extrait du site
www.malconcilio.net)
Felice Bacciochi
Le communiqué
Le communiqué adressé à la presse par J.C
Rogliano pour soutenir Jean-Guy Talamoni lors
des sa mise en examen qui a donné au corbeau
l’idée de la lettre de menace de mort :
“Depuis
trente années, la récurrence des procédés répressifs
des tenants successifs du Pouvoir fait apparaître
comment la presse est utilisée ou occultée selon que
l’une ou l’autre stratégie fasse ou non son affaire :
Aleria. Une trentaine de Corses veut alerter l’opinion
publique pour dénoncer les escrocs de la
vinasse : le ministre de l’Intérieur d’alors positionne
deux mille gardes mobiles entre les militants
et les journalistes afin, en monopolisant l’information
pour la pervertir, de tenter de camoufler le
scandale et éviter aux escrocs la prison exclusivement
réservée à ceux qui les montrent du doigt.
Bastelica-Fesch. Même scénario pour cette fois
nier l’existence des barbouzes alors pris sur le fait
avec armes et autres pièces à conviction.
Aujourd’hui, dans le but de la diabolisation d’un
mouvement, c’est tout au contraire, qu’avant de
mener toute action répressive, le Pouvoir dépêche
en Corse une presse parisienne experte en diffusion
d’informations sélectives dont le dernier Envoyé
Spécial et le dernier Complément d’enquête ont
démontré combien leurs journalistes sont passés
maîtres dans l’art de la manipulation… sans se rendre
compte que de l’affaire d’Aleria à celle de
Bastelica, de l’affaire Bonnet à celles d’une justicespectacle
à épisodes, chacune de ces affaires, du
peuple Corse, chaque fois, ouvre un peu plus les
yeux.”