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Articulu di u numaru 22, farraghju di u 2007


Le corbeau pris au piège



Pillard, spoliateur, corbeau, Taliban au petit pied… Ayant, de la façon que l’on sait, obtenu la maison de Jean-Claude Rogliano en récompense pour l’avoir cambriolée, c’est sans doute croyant qu’il pouvait continuer de sévir en toute impunité que cet individu s’est mis à cumuler ces spécificités. Or, une de celles-ci va prochainement le conduire en correctionnelle. Ce coup de théâtre va-t-il, dans cette incroyable affaire, inverser les rôles jusqu’à voir cette fois des magistrats sanctionner le coupable plutôt que la victime ?

Comme il le fait chaque fois qu’il peut dénoncer une atteinte aux Droits de l’Homme quelles qu’en soient les victimes, Jean- Claude Rogliano adresse à Corse-Matin un communiqué dans lequel il prends la défense de Jean- Guy Talamoni, mis arbitrairement en examen.*

Peu après, Rogliano reçoit une lettre de menaces de mort très particulière. Dans la plainte contre inconnu qu’il dépose auprès du Parquet, on doit reconnaître que ce genre de courrier ne lui ôte pas son sens de l’humour puisqu’il écrit au procureur de la République : « cette lettre témoignant chez son auteur d’une haute valeur morale et intellectuelle a été écrite sur une feuille de papier hygiénique dont vous voudrez bien me pardonner de ne pas savoir vous préciser si elle a été rédigée avant ou après son utilisation. Les termes en sont les suivants : « VOILA CE QUE TU EST (sic) TOI et TES AMIS TALAMONI et SIMEONI EDMONd pour 99 % des CORSES !! » Suit en gros caractères le terme de « MORTE » pour le cas où j’aurais cru discerner une ombre de bienveillance entre les lignes du texte qui le précède et dans l’illustration dont, toute considération esthétique mise à part, vous ne disconviendrez pas de la nature avantgardiste de la technique et du choix de la… matière. »

Pour l’auteur de cette lettre que Rogliano qualifie plus loin de « si bien… torchée », le malheur est que l’auteur de JUSTICE EN CORSE l’a aussitôt reconnu. Et cela, pour la simple raison que c’est pour avoir écrit ce livre qu’elle lui a été adressée. On se souvient de l’indignation de l’opinion publique apprenant à la lecture de cet ouvrage comment un arrêt de la cour d’appel de Bastia avait donné une partie de la maison de Rogliano au pillard qui l’avait cambriolée.

Ne pouvant apprécier qu’après cette publication, ce que, dans LE MONDE, Philippe- Jean Catinchi désigne sous le terme de « racket judiciaire », ait connu la médiatisation que l’on sait, notre passe muraille (que, comme dans le livre, nous continuerons à appeler « Passamuri ») cherchait depuis à se venger.

Il n’osait cependant le faire de front, se souvenant que, lorsque, voulant jouer les gros bras, pour avoir tenté d’agresser Jean-Claude Rogliano, il s’était retrouvé chez le plus proche médecin quelque peu cabossé. Il lui fallait donc trouver un autre moyen d’agression, en l’occurrence, cette lettre de menace de mort. Le texte de Rogliano pour soutenir Talamoni tombait à pic pour laisser croire que l’auteur de cette lettre anonyme était un lecteur mécontent du communiqué. C’était faire d’une pierre deux coups puisque, outre la menace de mort, cet individu pouvait vomir sa haine du nationalisme corse à travers des hommes qui le représentent.

Mais notre Passamuri oubliait l’existence d’autres textes rédigés de sa main dont l’écriture, parfaitement identique à celle de la lettre anonyme permettait qu’il soit formellement identifié. « A cela, précise Rogliano, accessoirement, s’ajoutaient la présence de fautes d’orthographes dans le texte écrit en Corse correspondant à sa méconnaissance de la langue Corse et celles d’orthographe et de syntaxe dans la texte écrit en Français témoignant de son ignorance crasse. Il suffisait donc de joindre ces preuves à la plainte adressée au procureur pour que soit confondu le corbeau.

« Après avoir découvert dans sa cave les meubles qu’il avait volé en pratiquant un trou dans le mur de ma maison, j’avais commis l’erreur de ne pas le poursuivre en justice, rappelle Rogliano. Cette façon de m’en être reconnaissant en obtenant, grâce à un jugement désormais tristement célèbre, une partie de la maison qu’il avait cambriolée, témoigne de la moralité de l’individu. Aussi, la relation étroite entre la nature abjecte de la formulation de cette menace et son extrême misère intellectuelle ne lui permettant pas d’avoir recours à un moyen d’expression au-dessus de son rectum me dispensait de porter des soupçons sur personne d’autre que lui ».

Après quelques lignes dictées dans une gendarmerie, comme cela était inéluctable, l’expertise graphologique ordonnée par le procureur permettait de démasquer définitivement le corbeau, « sans même, ajoute sans rire Jean-Claude Rogliano, que du ténébreux volatile, il fût besoin d’avoir recours à l’analyse A.D.N. … de la fiente ».

Mais l’humour de Jean- Claude Rogliano est une façade derrière laquelle se cache un drame : en annulant un premier jugement qui reconnaissait ses droits, en refusant de tenir compte des témoignages, des procès verbaux, des rapports d’expertise démontrant par leur limpidité qu’inverser ce jugement équivalait à se rendre volontairement complice d’une spoliation immobilière, l’arrêt de la cour d’appel rendu au profit d’un cambrioleur converti aujourd’hui en corbeau, outre la perte d’une maison, se traduit par celle de plusieurs mois de travaux et de plusieurs dizaines de milliers d’euros.

Cette lettre de menace de mort n’est donc pas la manifestation d’une malveillance ordinaire mais celle d’une volonté de réduire au silence la victime de cette extorsion qui a eu le courage de la dénoncer.

On aurait pu croire aussi que, de cambriolage en spoliation immobilière, de coups montés en envoi de lettre anonyme, notre Passamuri serait arrivé au terme de son voyage au bout de l’ignominie. Le dernier rebondissement démontre qu’il est loin d’avoir épuisé sa capacité de nuisance : voulant faire payer à Rogliano son refus obstiné d’accepter d’être pillé, spolié, puis menacé de mort pour avoir osé dénoncer ses deux premiers forfaits, le pillard, le spoliateur, le corbeau, transformé en « Taliban local » fait savoir qu’il a commencé à vandaliser Mal’Concilio et annonce son intention de l’abattre. Parce que cet arbre a inspiré le livre qui porte son nom, détruire cet incontournable élément emblématique de notre patrimoine insulaire est la dernière façon de Passamuri de s’attaquer à J.C. Rogliano.

Aussi, alors que d’ordinaire, c’est l’auteur de Justice en Corse qui soutient ceux dont les droits sont bafoués, à présent, c’est lui que nous devons soutenir.

Cette occasion nous est donnée : le corbeau a été démasqué. Le 13 février prochain, à 14 heures, il sera traduit devant le tribunal correctionnel. Tous ceux qui, au-delà de sa propre affaire, connaissent l’engagement de Rogliano pour la défense de notre culture et des Droits de l’Homme, seront ce jour-là à ses côtés au palais de justice de Bastia.


Dernière minute

Alors que le corbeau sera traduit le 13 février prochain devant le Tribunal Correctionnel du palais de justice de Bastia, nous apprenons que l’autre spoliateur dont il est question dans Justice en Corse devrait lui aussi rendre des comptes à la justice. Cette affaire ne concernant pas Rogliano et étant en cours d’instruction, nous n’entrerons pas encore dans les détails.

Cependant, on ne peut manquer d’être interpellé par ce que ces deux personnages ont en commun :

- Pour avoir, chacun de son côté, commis le détournement de biens immobiliers appartenant à Jean-Claude Rogliano, le premier, à Bastia, le second à Carchetu, l’un et l’autre ont spolié la même victime.

- L’un et l’autre ont pour cela bénéficié de la même incroyable complicité.

- Etant donné qui a favorisé cette spoliation, et aussi accablants que soient les faits, l’un et l’autre en bénéficient sans être poursuivis.

- On découvre aujourd’hui que l’un et l’autre, sauf intervention occulte, seront jugés pour deux nouveaux délits particulièrement graves.

En s’ajoutant aux précédents, ces deux nouveaux délits font apparaître plus implacablement encore combien étaient fondées les accusations portées par Rogliano contre ces individus et leurs complices. Or, infliger à ces aigrefins la sanction dont ces derniers délits les rendent passibles, entraînerait implicitement à reconnaître le degré de turpitude de ceux qui ont favorisé cette spoliation.

C’est pourquoi, selon la lourdeur ou la légèreté des sanctions infligées, il sera possible de déterminer s’il existe une volonté de reconnaître ou de continuer de nier l’évidence d’un scandale judiciaire dont on sait l’émotion qu’il a suscité auprès de l’opinion publique.


Des “Talibans” à Carchetu

Des nombreux basreliefs que la nature a sculpté sur l’écorce de Mal’Concilo, ce visage de monstre était un des plus remarquables.

Depuis la parution du roman Mal’Concilio, ce châtaignier faisant l’objet d’un grand nombre de reportages, cette image paraissait dans divers magazines de la presse écrite ou télévisuelle.

L’ayant repéré lors d’une diffusion d’un de ces reportages, le vandale qui n’avait pas caché son intention d’abattre Mal’Concilio a commencé par le plus facile : il tient parole en détruisant cette sculpture.

(Extrait du site www.malconcilio.net)

Felice Bacciochi



Le communiqué


Le communiqué adressé à la presse par J.C Rogliano pour soutenir Jean-Guy Talamoni lors des sa mise en examen qui a donné au corbeau l’idée de la lettre de menace de mort :

“Depuis trente années, la récurrence des procédés répressifs des tenants successifs du Pouvoir fait apparaître comment la presse est utilisée ou occultée selon que l’une ou l’autre stratégie fasse ou non son affaire : Aleria. Une trentaine de Corses veut alerter l’opinion publique pour dénoncer les escrocs de la vinasse : le ministre de l’Intérieur d’alors positionne deux mille gardes mobiles entre les militants et les journalistes afin, en monopolisant l’information pour la pervertir, de tenter de camoufler le scandale et éviter aux escrocs la prison exclusivement réservée à ceux qui les montrent du doigt.

Bastelica-Fesch. Même scénario pour cette fois nier l’existence des barbouzes alors pris sur le fait avec armes et autres pièces à conviction.

Aujourd’hui, dans le but de la diabolisation d’un mouvement, c’est tout au contraire, qu’avant de mener toute action répressive, le Pouvoir dépêche en Corse une presse parisienne experte en diffusion d’informations sélectives dont le dernier Envoyé Spécial et le dernier Complément d’enquête ont démontré combien leurs journalistes sont passés maîtres dans l’art de la manipulation… sans se rendre compte que de l’affaire d’Aleria à celle de Bastelica, de l’affaire Bonnet à celles d’une justicespectacle à épisodes, chacune de ces affaires, du peuple Corse, chaque fois, ouvre un peu plus les yeux.”

 

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