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Articulu di u numaru 20, dicembre di u 2006


Renforcer la Cunsulta Naziunale



Jamais sans doute comme aujourd’hui, les responsables de la C.T.C. n’auront affiché leur inféodation au parti au pouvoir en France. Il est vrai que le chef de l’U.M.P. sait galvaniser ses troupes. Il n’est pas avare de promesses et ignore ce que signifie le doute. Il rappelle parfois ces scènes satiriques que Bertolt Brecht décrit admirablement dans « La résistible ascension d’Arturo Ui ». Mais en attendant de conquérir l’Elysée, il ne manque d’épuiser toutes le ressources répressives que lui confère sa fonction, - en Corse surtout - où le risque électoral peut lui paraître moindre eu égard à la démographie et où il sait pouvoir compter sur des ambassadeurs fiables - préfet et élus du clan - pour affirmer son autoritarisme. Car il faut bien constater que l’esprit de décentralisation voulu par le législateur français en 1981 a complètement disparu et que désormais l’Assemblée territoriale fonctionne comme une chambre d’enregistrement des diktats de la place Beauvau.


Une situation de blocage

S’il est vrai que les pouvoirs de l’Assemblée se limitent à la gestion de lignes budgétaires déjà définies, on aurait pu attendre de ses élus qu’ils délaissent parfois leurs comptes d’apothicaires pour envisager la Corse dans sa globalité. Une démarche qui aurait été d’autant plus judicieuse que les données historiques, économiques, sociales, culturelles ne sont pas ici de même nature que dans n’importe quelle autre région administrative de la France.

Et indépendamment des conséquences politiques que les uns et les autres pouvaient en tirer, une Corse appréhendée dans son entité aurait permis de dégager, à défaut de consensus, des politiques harmonieuses. Or, la gestion au coup par coup, voire dans l’urgence, imposée par un exécutif qui ignore superbement le débat, conduit inévitablement à une immense gabegie. Et le préfet peut jouer avec les chiffres comme un marabout avec son amulette, il ne changera pas pour autant le cours d’une situation économique et sociale déplorable.

Dans ces conditions, pour un élu nationaliste, siéger à l’Assemblée tient du sacerdoce. D’autant plus qu’il ne semble pas y avoir pour l’heure d’alternative au système.

Car l’exécutif sait pouvoir compter, quoiqu’il fasse, sur le soutien implicite de ceux qui, ailleurs, auraient constitué une opposition et qui, ici, font fi de toute préférence idéologique au nom du front républicain. C’est-àdire, au nom du parti français. Parce qu’il faut bien comprendre que la mission confiée aux gestionnaires de l’Assemblée, elle, est politique.

Elle consiste à marginaliser, à travers ses représentants élus, l’ensemble du mouvement national.


Le parti corse

Cette entreprise est vouée à l’échec même si elle bénéficie du support médiatique « d’observateurs avisés » adeptes de la méthode Coué, qui annoncent régulièrement la fin du nationalisme corse.

La réalité est autre. Le mouvement national n’a jamais été aussi présent dans l’organisation sociale des Corses, comme en témoigne sa représentativité dans le syndicalisme, dans les chambres consulaires, dans la vie associative, dans le monde des idées aussi. Car sans les nationalistes, la Corse serait muette. Même Zuccarelli ne serait plus tenu de réciter son bréviaire républicain d’un autre âge. Sans les nationalistes, la spéculation immobilière et foncière permettrait aux affairistes de mettre la Corse en coupe réglée. Dans leur immense majorité, les Corses le savent. Mais on ne se débarrasse pas facilement des pesanteurs nées d’une démocratie sans cesse bafouée, dévoyée, pervertie, une démocratie à la française qui n’a jamais su forger ici une conscience citoyenne.

On n’échappe pas non plus facilement à l’allégeance à un clan qui a pu paraître à un moment de l’Histoire, être un gage de survie. C’est pourquoi le nécessaire rassemblement des Corses autour de l’idée nationale passe par une union stratégique qui doit s’affirmer sur le terrain des luttes par la défense des droits collectifs du peuple corse. Ce serait une erreur d’envisager l’Union dans sa seule dimension électorale ou de lui accorder plus d’importance qu’elle n’en a. Cela signifierait que l’espace institutionnel français peut suffire à poser la question nationale corse et par conséquent à y répondre.


Une Assemblée Nationale Provisoire

Or, c’est une Assemblée constituante qui seule peut exprimer les besoins collectifs du peuple corse. En ce domaine, la Corse peut se référer sans crainte à sa propre histoire. Elle n’a nul besoin de s’en remettre à des modèles. On a souligné plus haut l’enracinement du mouvement national dans toutes les couches sociales du peuple corse, mais cette adhésion des Corses ne peut trouver sa traduction politique dans des institutions politiques qui reposent sur le postulat de la négation du peuple corse. C’est donc ailleurs, qu’il convient d’inviter ce peuple à se prononcer sur son avenir de peuple.

On comprendra dès lors que l’A.N.P. puisse être le lieu de son expression, ce qui implique fatalement d’y adhérer à titre individuel. Les partis politiques n’ayant en l’occurrence pour toute obligation que celle d’encourager et d’organiser les adhésions.

Ceci étant précisé à l’intention de ceux qui craindraient quelque hégémonie ou quelque manoeuvre politicienne susceptible de contrarier la dynamique de l’Union. Tout au contraire. C’est dans la perspective de la mise en place de l’A.N.P., que l’union stratégique prendra tout son sens et toute sa dimension politique.

Dumenicu Tognotti

 

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