C'est le CAR qui a commencé le meeting de clôture des Ghjurnate Internaziunale par un
discours que l'assistance a pu apprécier à sa juste valeur. Voici l'intégralité de l'allocution
qui a été lue par Ulivieru Sauli.
En rapprochant sur la prison
de u Borgu notre
frère et ami Ghjaseppu
Peraldi, le gouvernement français
en place légitimise une de
nos revendications réaffirmée
ces dernières années : le RAPPROCHEMENT
de TOUS les
prisonniers politiques.
Ce rapprochement n’est pas,
et ne peut tenir lieu de programme
politique : il traduit la
revendication d’un droit international,
celui d’être détenu
près de son lieu d’origine. Il est
un droit humanitaire, il doit
être la matérialisation par les
autorités en place d’un réel
respect de la dignité humaine.
Mais Ghjiseppu Peraldi ne
peut pas être un cas isolé, voire
l’arbre qui cache la forêt. Son
rapprochement doit être marqué
du sceau de la lisibilité :
En reprenant les engagements
de Monsieur Sarkosy, alors accompagné de monsieur
Raffarin, aucune condition préalable ne pouvait s’opposer
à cette revendication qui est la nôtre depuis plusieurs
années.
Il l’a bien dit, mais les gestes n’ont pas réellement suivi.
Il est revenu il y a peu en Corse, mais à l’instar de
Bonnet, il n’a plus dit un mot sur ce sujet, préférant la provocation
impétueuse pour réserver à nos élus une réponse
qui s’inscrit à l’opposé d’une considération intelligente
d’une aspiration à la différence, invoquant on ne sait quel
racket, des cagoules, et le grand banditisme…
Il disait que la " Corse lui manquait " et d’affirmer sans
ambages qu’il est revenu nous dire que " tous les engagements
" qu’il avait pris " ont été scrupuleusement tenus ".
Si le sujet n’était pas dramatique, nous aurions souri de
ces contorsions politiciennes dont la classe politique française
a le secret.
Mais avec plus de soixante prisonniers politiques toujours
déportés et éparpillés aux quatre coins de France,
nous sommes ici confrontés à un mensonge d’état.
Monsieur Sarkosy, si avec cynisme la Corse vous
manque, avec notre peine et notre coeur ce sont tous nos
frères incarcérés qui nous manquent !!!!
Et vous n’avez rien fait, avec votre gouvernement, en l’état
actuel des choses, pour les rapprocher globalement.
Et ce ne sont certainement pas vos marionnettes de circonstances,
celles sur qui malheureusement vous ne pouvez
que vous appuyer ici, qui démontreront le contraire.
Ces marionnettes d’un triste spectacle qui ici abusent des
malheurs des familles et qui dans les salons parisiens
appellent à la répression. Nous n’en dirons pas plus mais
simplement nous rappellerons à leur égard une phrase
très adaptée d’un homme politique français qu’ils prétendent
pourtant représenter, Charles De Gaulle : " Il n’y a
décidément rien à faire avec ces gens – là. Ils ont, c’est un
fait, choisi la médiocrité et la servitude ".
Et au moment où Mr Sarkosy nous ressert la diatribe d’un
nécessaire " travail d’assainissement " pour notre pays,
dans la suite logique du karcher, et part en guerre contre
on ne sait quelle soi-disant " mafia nationaliste ", nous lui
opposerons une autre phrase de ce même De Gaulle qui
disait aussi : " Je n’aime pas les socialistes parce qu’ils ne
sont pas socialistes. Je n’aime pas mes partisans parce
qu’ils aiment l’argent ".
Et oui M. Sarkosy l’actuelle France qui veut nous donner
des leçons de probité, c’est la France des emplois fictifs du
R.P.R., celle des marchés de rénovations de 300 lycées de
l’île de France et celle des H.L.M. de Paris, celle des fraudes
électorales du IIIeme et Veme arrondissements de Paris
et celle des frais de bouche…
Avec tout cela on ose nous parler d’honnêteté de fermeté
et de sécurité !!!
Mais de qui se moque t’on ?
Nous voilà en face d’une France qui n’ose même paslever le petit doigt pour respecter des droits humains et
universels mais qui bafoue sur l'autel de sa propre constitution
l'éthique, et la démocratie.
Et au-delà de cette approche il est nécessaire de rappeler
que la question des prisonniers politiques est inévitablement
liée à la prise en compte et à la résolution du problème
identitaire tel qu'il se pose chez nous. Car si cette
question n'est point un préalable, la libération de tous les
patriotes reste notre objectif et est indissociable de l'affirmation
citoyenne de notre peuple.
Et là encore pendant que M. Chirac se tait, le ministre
français de l'intérieur s'enferme dans ses contre-vérités du
genre : " les nationalistes ne sont plus au centre du jeu
politique et c'est une nouveauté ".
Nous lui rétorquerons par une phrase d'Abraham
Lincon : " Vous pouvez tromper tout le monde un certain
temps, vous pouvez même tromper quelques personnes tout
le temps, mais vous ne pouvez tromper tout le monde tout
le temps ".
Car inévitablement surgira ce jour où la raison et la sagesse
prendront le pas sur la réaction et l'immobilisme : il
faudra bien à un moment ou à un autre réunir toutes les
conditions pour que tous les protagonistes du conflit qui
oppose les intérêts du peuple corse à ceux de l'état français
travaillent communément à la résolution de ce même
conflit.
Un livre blanc publié il y a quelques années projetait clairement
cette situation : " hors du mouvement de libération
nationale, aucun règlement du problème corse quel qu'il
soit n'aura lieu, chacun doit en être conscient ". Et aujourd'hui
à travers cette démarche d'union qui lance les bases
d'un redéploiement stratégique et citoyen et auquel participent
à leur façon l'ensemble des patriotes emprisonnés
les gestes n'ont pas manqué pour rappeler cette nécessité
d'une véritable confrontation des idées pour des pistes
exploratoires quant à l'avènement d'une paix réelle et
durable. Des gestes qui démontrent unilatéralement de
quel coté est l'espoir et l'avenir.
Et si M. Sarkosy se
complait à fustiger
on ne sait quelle
cagoule, l'histoire
des conflits politiques,
y compris
ceux de son pays
démontre que pour
négocier autour
d'une table, il faut
qu'il y ait autour
d'elle sans exception
toutes les formations
quelle que
soit la nature de
lutte des parties
concernées par ces
négociations.
Aussi, au moment
où le politiquement
correct oblige
beaucoup de gens à
se taire ou à courber l'échine, pour notre part, nous
tenons à réaffirmer, sans romantisme aucun, sans gesticulation
pseudo-révolutionnaire, mais avec une lucide et
sage détermination politique notre fraternelle solidarité
avec toutes les expressions du mouvement national, particulièrement
avec celles qui payent un lourd tribu à la
répression et qui nous rappellent que la résistance est
aussi construction lorsqu'elle se donne pour avenir la paix
et la liberté.
N'ayons pas peur des mots, le FLNC en l'occurrence est
une composante importante de la vie politique corse et
aucune négociation si elle doit aboutir ne pourra échapper
à cette donnée.
Les prisonniers politiques attendent du fond de leur cellule
ce moment historique où enfin la responsabilité prendra
le pas sur les affrontements, la discussion le dialogue
et les échanges sur les conflits. Car leur sacrifice n'aura pas
été vain. Ils participent malgré les conditions de détention
à cette émancipation pour laquelle ils ont tant donné.
Aucune prison de France ne pourra enfermer la liberté de
lutter et de penser.
Et si aujourd'hui la situation demeure figée, confirmant
ainsi, et nous terminerons par elle, cette phrase de
Chamfort qui est - hélas - d'actualité : " En France, on
laisse en repos ceux qui mettent le feu, et on persécute ceux
qui sonnent le tocsin ", elle ne saurait en aucune façon
altérer notre détermination à combattre jusqu'à la victoire.
E strapparemu isse catene di a ripressione !
Mandemu un salutu fraternu da Corti à tutti i prigiuneri è
e so famiglie. Mandemu un salutu fraternu da Corti à tutti
quelli chì lottanu contr'à u culunialisimu francese è più
particularmente à e nostre surelle è i nostri fratelli di u
Fronte di Liberazione Naziunale di a Corsica !
A Lotta di Liberazione Naziunale crescerà. L'unione crescerà,
u populu corsu camperà.
Libertà per tutti i patriotti !
Comité Anti Répression