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Articulu di u numaru 28/29, Aostu/Sittembre di u 2007


Discours du Comité Anti Répression Corse



Cette année le peuple corse a encore perdu l'un de ses plus fidèle défenseur.

Anghjulu Maria TIBERI
était aussi un militant exemplaire et indéfectible du soutien aux prisonniers politiques et militant du Comité Anti Répression. Nous saluons sa mémoire et le courage de sa famille.

Nous rappelons que le Comité Anti Répression milite pour la libération de tous les patriotes des peuples concernés par la répression coloniale. Nous réaffirmons notre solidarité aux peuples en lutte représentés ici ce soir in Corti :

Salutu fraternu à i nosci frateddi di u Paesi Bascu : Gora Euskadi Ta Askatasuna

Salutu fraternu à i nosci frateddi di Sardegna

Salutu fraternu à i nosci frateddi di Catalunia

Salutu fraternu à i nosci frateddi di u Scozia : and congretulation for your political fight

Salutu fraternu à i nosci frateddi di u Polinesia venuti da tantu luntanu

E tanti altri ch'ùn hanu pussutu veni

Ils sont plus de 60 prisonniers politiques corses à croupir dans les geôles coloniales. Certains, comme Charles SANTONI, sont incarcérés depuis plus de dix ans. D'autres sont en attente de jugement depuis plus de 4 ans ce qui constitue encore un triste record en matière de préventive. Que dire des condamnés en exil carcéral depuis de très longues années, qui en fait de rapprochement, sont éloignés :

De Clairvaux à Lannemezan, de Paris au bagne de Toulon ils sont trop nombreux à être dispersés à plusieurs centaines de kilomètres de leurs foyers.

Nous saluons les familles qui endurent courageusement l'incarcération des leurs. C'est une double peine qui est volontairement infligée par l'Etat afin de briser la résistance corse. Ma sò forti, è u nostru duveru hè d'esse à fiancu à elli pà sustegnelli.

La répression n'est pas une fatalité : c'est l'arme utilisée par l'Etat colonial pour soumettre et annihiler notre revendication nationale. Les prisonniers politiques corses sont la résultante du rapport de force qui oppose depuis des siècles l'Etat français et la lutte de libération nationale. Ce rapport de force nous engage tous :

Nous devons renforcer notre solidarité avec les résistants de la nation, nous ne renoncerons jamais à nos droits légitimes et nous continuerons notre juste combat pour la liberté.

Les lois Perben encourageant à la repentance ne peuvent avoir de place dans notre lutte. Face à l'attitude de l'Etat qui s'obstine dans sa répression aveugle la seule réponse politique que nous devons lui apporter c'est la rupture. Définitivement, face aux juges : NOUS N'AVONS RIEN A DECLARER.

Leur justice n'est pas fondée à juger notre lutte. Mais La répression est multiforme et oppressive : Lorsqu' on nie notre langue c'est de la répression. Lorsque les corses sont victimes de ségrégation à l'emploi : c'est de la répression.

Lorsque l'on nous spolie de notre terre : c'est de la répression.

Tous les secteurs de la vie sociale en sont victimes. La répression touche également ceux qui luttent dans les organismes sociaux pour défendre les intérêts collectifs du peuple corse. Le STC marin, dans sa lutte syndicale exemplaire, paye chèrement son engagement. Certains de ses militants vont passer aux assises. C'est un fait unique dans les annales du syndicalisme. A eux aussi nous leur devons une indéfectible solidarité. Leur action hautement symbolique et courageuse est venue rappeler à l'Etat la faillite de la continuité territoriale "made in Paris ".

La répression coloniale est instrumentalisé par le plus haut niveau de l'Etat :

Nicolas Sarkosy, le Président des Français s'implique personnellement. Au mépris de l'indépendance de la justice et de la présomption d'innocence, il a déjà déclaré coupable Yvan Colonna. Le procès d'Yvan se déroulera dans quelques semaines. Le CAR appelle au soutien de ce militant dans un procès hautement symbolique et multipliera et accompagnera toutes initiatives pour obtenir sa libération.

La situation de nos frères de lutte incarcérés et déportés est de plus en plus insupportable. Aussi, il y a peu, le CAR a pris l'initiative de rencontrer les 4 députés de la Corse. Devant l'importance des enjeux nous avons choisi de porter notre message à Paris, au centre de décision législatif de la République française : leur Assemblée Nationale.

La symbolique politique de cette rencontre n'a échappée à personne : la question des prisonniers politiques a franchi les portes du parlement français. Face à face, assis à la même table, les députés corses des partis français et des portes paroles du Comité Anti Répression dont certains ont connu Paris sous son expression carcérale ont une nouvelle fois exposé les multiples et graves atteintes au droit que la France pratique au quotidien envers l'ensemble des prisonniers politiques corses.

Nous avons été intransigeants sur le rapprochement de l'ensemble des prisonniers politiques et la libération immédiates de tous les conditionnables.

Qu'ils soient à l'instruction, en attente de jugement ou définitivement condamnés : ils doivent rentrer au pays. Qu'elle que soit la peine prononcée : ils doivent rentrer au pays.

Cela fait 8 ans maintenant que l'on nous promet le rapprochement :

De Vaillant Ministre de l'intérieur, à Sarkozy, de Jospin pendant le processus de Matignon à Sarkozy Président des Français, tous se sont engagés à rapprocher nos frères de lutte.

8 ans plus tard rien n'a été fait.

Aussi nous avons rappelé aux 4 députés que leur responsabilité, en tant que législateurs, était engagée. Nous leur avons rappelé également que les prisonniers politiques corses ne sont pas les parias de notre société, ce sont les nôtres. A ce titre, au delà de leur mandat électif, les députés sont comptables, en tant que Corses, de la situation de nos frères déportés.

Nous avons été intransigeants, en fixant une date buttoir au 25 décembre. Nous mesurons l'importance de notre engagement. Inévitablement, il devra être au moins à la hauteur du sacrifice de nos patriotes. C'est pour nous que ces militants ont perdu leur liberté.

Passée cette ultime échéance nous considérerons que c'est une volonté clairement affichée de la part de l'Etat de transgresser ces propres lois. Alors la seule réponse appropriée sera de créer les conditions d'une très forte mobilisation.

La rentrée sera déterminante pour l'ensemble des victimes de la répression. Nous engagerons alors des actions de rupture, signifiant clairement à l'Etat que nous ne renoncerons jamais. Pour cela nous avons besoins de vous tous.

A vi dumandu francu è chjaru :

Seti pronti à falà in carughju ?

Seti pronti à taglià e stradde ?

Seti pronti à bluccà porti è aeroporti ?

Seti pronti à occupà e case cumune ?

Seti pronti à casticà u statu pà fàla finita incù st'inghjustizia ?

Carri surelli e cari fratelli ci vularà à esse pronti E truva i mezzi d'impone u ritornu di i nostri resistanti Parchi so i nostri, so i figlioli di a nostra tarra e so i puntelli di a nostra lotta per a libertà di a nazioni. Ci vularà à esse pronti e à esse forte, per caccialli di e prigioni pulitichi induve u terrorisimu di u statu francese l'hà incapiatti.

Sè no semu veramentu i militanti d'una nazioni in lotta pà a so libertà, ci vularà a mustralu di pettu a u statu francese e u so ordine culuniale chè no semi pronti à scunbatte pà a ghjustizia e a libertà di u nostru populu.

A libertà di u nostru populu, cumencia pà a libertà di tutti quelli chi so vittime di a ripresioni culuniale.

A Libertà hè dinù una vulintà,

E incù a vulintà si po astradà a libertà

aviva a lotta di liberazione naziunale

aviva a resistenza di a nazione

Libertà per tutti i patriotti

Comité Anti-Répression Corse

 

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