Cette année le peuple corse a encore perdu l'un de ses
plus fidèle défenseur.
Anghjulu Maria TIBERI était aussi un militant exemplaire
et indéfectible du soutien aux prisonniers politiques et
militant du Comité Anti Répression. Nous saluons sa
mémoire et le courage de sa famille.
Nous rappelons que le Comité Anti Répression milite
pour la libération de tous les patriotes des peuples
concernés par la répression coloniale. Nous réaffirmons
notre solidarité aux peuples en lutte représentés ici ce
soir in Corti :
Salutu fraternu à i nosci frateddi di u Paesi Bascu :
Gora Euskadi Ta Askatasuna
Salutu fraternu à i nosci frateddi di Sardegna
Salutu fraternu à i nosci frateddi di Catalunia
Salutu fraternu à i nosci frateddi di u Scozia :
and congretulation for your political fight
Salutu fraternu à i nosci frateddi di u Polinesia venuti
da tantu luntanu
E tanti altri ch'ùn hanu pussutu veni
Ils sont plus de 60 prisonniers politiques corses à
croupir dans les geôles coloniales. Certains, comme
Charles SANTONI, sont incarcérés depuis plus de dix
ans. D'autres sont en attente de jugement depuis plus de
4 ans ce qui constitue encore un triste record en matière
de préventive. Que dire des condamnés en exil carcéral
depuis de très longues années, qui en fait de rapprochement,
sont éloignés :
De Clairvaux à Lannemezan, de Paris au bagne de Toulon
ils sont trop nombreux à être dispersés à plusieurs
centaines de kilomètres de leurs foyers.
Nous saluons les familles qui endurent courageusement
l'incarcération des leurs. C'est une double peine qui est
volontairement infligée par l'Etat afin de briser la
résistance corse. Ma sò forti, è u nostru duveru hè d'esse
à fiancu à elli pà sustegnelli.
La répression n'est pas une fatalité : c'est l'arme utilisée
par l'Etat colonial pour soumettre et annihiler notre
revendication nationale. Les prisonniers politiques corses
sont la résultante du rapport de force qui oppose depuis
des siècles l'Etat français et la lutte de libération nationale.
Ce rapport de force nous engage tous :
Nous devons renforcer notre solidarité avec les résistants
de la nation, nous ne renoncerons jamais à nos droits
légitimes et nous continuerons notre juste combat pour
la liberté.
Les lois Perben encourageant à la repentance ne peuvent
avoir de place dans notre lutte. Face à l'attitude de l'Etat
qui s'obstine dans sa répression aveugle la seule réponse
politique que nous devons lui apporter c'est la rupture.
Définitivement, face aux juges : NOUS N'AVONS RIEN A
DECLARER.
Leur justice n'est pas fondée à juger notre lutte.
Mais La répression est multiforme et oppressive :
Lorsqu' on nie notre langue c'est de la répression.
Lorsque les corses sont victimes de ségrégation à l'emploi
: c'est de la répression.
Lorsque l'on nous spolie de notre terre : c'est de la
répression.
Tous les secteurs de la vie sociale en sont victimes. La
répression touche également ceux qui luttent dans les
organismes sociaux pour défendre les intérêts collectifs
du peuple corse. Le STC marin, dans sa lutte syndicale
exemplaire, paye chèrement son engagement. Certains
de ses militants vont passer aux assises. C'est un fait unique
dans les annales du syndicalisme. A eux aussi nous
leur devons une indéfectible solidarité. Leur action hautement symbolique et courageuse est venue rappeler à
l'Etat la faillite de la continuité territoriale "made in
Paris ".
La répression coloniale est instrumentalisé par le plus
haut niveau de l'Etat :
Nicolas Sarkosy, le Président des Français s'implique personnellement.
Au mépris de l'indépendance de la justice
et de la présomption d'innocence, il a déjà déclaré coupable
Yvan Colonna. Le procès d'Yvan se déroulera dans
quelques semaines. Le CAR appelle au soutien de ce
militant dans un procès hautement symbolique et multipliera
et accompagnera toutes initiatives pour obtenir sa
libération.
La situation de nos frères de lutte incarcérés et déportés
est de plus en plus insupportable.
Aussi, il y a peu, le CAR a pris l'initiative de rencontrer
les 4 députés de la Corse. Devant l'importance des
enjeux nous avons choisi de porter notre message à Paris,
au centre de décision législatif de la République française
: leur Assemblée Nationale.
La symbolique politique de cette rencontre n'a échappée
à personne : la question des prisonniers politiques a franchi
les portes du parlement français. Face à face, assis à
la même table, les députés corses des partis français et
des portes paroles du Comité Anti Répression dont certains
ont connu Paris sous son expression carcérale ont
une nouvelle fois exposé les multiples et graves atteintes
au droit que la France pratique au quotidien envers l'ensemble
des prisonniers politiques corses.
Nous avons été intransigeants sur le rapprochement de
l'ensemble des prisonniers politiques et la libération
immédiates de tous les conditionnables.
Qu'ils soient à l'instruction, en attente de jugement ou
définitivement condamnés : ils doivent rentrer au pays.
Qu'elle que soit la peine prononcée : ils doivent rentrer
au pays.
Cela fait 8 ans maintenant que l'on nous promet le rapprochement
:
De Vaillant Ministre de l'intérieur, à Sarkozy, de Jospin
pendant le processus de Matignon à Sarkozy Président
des Français, tous se sont engagés à rapprocher nos
frères de lutte.
8 ans plus tard rien n'a été fait.
Aussi nous avons rappelé aux 4 députés que leur responsabilité,
en tant que législateurs, était engagée. Nous
leur avons rappelé également que les prisonniers politiques
corses ne sont pas les parias de notre société, ce
sont les nôtres. A ce titre, au delà de leur mandat électif,
les députés sont comptables, en tant que Corses, de
la situation de nos frères déportés.
Nous avons été intransigeants, en fixant une date buttoir
au 25 décembre. Nous mesurons l'importance de notre
engagement. Inévitablement, il devra être au moins à la
hauteur du sacrifice de nos patriotes. C'est pour nous que
ces militants ont perdu leur liberté.
Passée cette ultime échéance nous considérerons que
c'est une volonté clairement affichée de la part de l'Etat
de transgresser ces propres lois.
Alors la seule réponse appropriée sera de créer les conditions
d'une très forte mobilisation.
La rentrée sera déterminante pour l'ensemble des victimes
de la répression.
Nous engagerons alors des actions de rupture, signifiant
clairement à l'Etat que nous ne renoncerons jamais.
Pour cela nous avons besoins de vous tous.
A vi dumandu francu è chjaru :
Seti pronti à falà in carughju ?
Seti pronti à taglià e stradde ?
Seti pronti à bluccà porti è aeroporti ?
Seti pronti à occupà e case cumune ?
Seti pronti à casticà u statu pà fàla finita incù
st'inghjustizia ?
Carri surelli e cari fratelli ci vularà à esse pronti
E truva i mezzi d'impone u ritornu di i nostri resistanti
Parchi so i nostri, so i figlioli di a nostra tarra e so i
puntelli di a nostra lotta per a libertà di a nazioni.
Ci vularà à esse pronti e à esse forte, per caccialli di e
prigioni pulitichi induve u terrorisimu di u statu francese
l'hà incapiatti.
Sè no semu veramentu i militanti d'una nazioni in lotta pà
a so libertà, ci vularà a mustralu di pettu a u statu francese
e u so ordine culuniale chè no semi pronti à scunbatte
pà a ghjustizia e a libertà di u nostru populu.
A libertà di u nostru populu, cumencia pà a libertà di
tutti quelli chi so vittime di a ripresioni culuniale.
A Libertà hè dinù una vulintà,
E incù a vulintà si po astradà a libertà
aviva a lotta di liberazione naziunale
aviva a resistenza di a nazione
Libertà per tutti i patriotti
Comité Anti-Répression Corse