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Articulu di u numaru 24, aprile di u 2007


Divagation des animaux, les maires responsables ?





Les tribunaux condamnent régulièrement des maires de communes rurales pour les dégâts causés par les animaux errants. Ceux-ci s’insurgent contre leur responsabilité pénale, mais fontils tout ce que leur pouvoir leur permet pour régler durablement ce problème qui empoisonne la vie des villages.

Le maire d’un village de Castagniccia a été condamné à 15.000 € de dommages et intérêts par un tribunal qui l’a reconnu responsable en tant que premier magistrat de sa commune, des dégâts causés par des animaux en divagation aux propriétés d’un tiers. C’est le syndicat des propriétaires forestiers qui a obtenu cette condamnation.

Ce cas n’est pas unique et alimente régulièrement la chronique judiciaire de la Corse. L’association des maires de Haute-Corse est bien sûr montée au créneau et s’est plainte de l’iniquité de cette loi française qui condamne régulièrement ses adhérents pour les dommages causés par les animaux errants. Bien sûr les maires ne sont pas débités sur leurs deniers, mais les petites communes sont tellement pauvres hélas.

Pour autant, ces maires ne sont-ils pas en grande partie responsables de ces faits répétitifs, font-ils vraiment tout pour éviter la présence de bêtes à cornes faméliques sur le bord des routes. Les propriétaires qui font l’effort de mettre en valeur leurs arbres à fruits sont-ils protégés dans leur investissement quotidien par l’action des municipalités ?

Y-a-t’il une réponse aux clôtures arrachées, aux plantations dévorées par les vaches, aux murs effondrés par les cochons ? Ces animaux ne sont pas tous sauvages, loin s’en faut. Il y a donc là des solutions à trouver pour revitaliser les campagnes, accorder propriétaires récoltants de châtaigniers ou d’oliviers et éleveurs de porcs ou de bovins. Il serait temps que les maires concernés cessent de se lamenter sur l’état d’abandon de leurs villages, et pensent enfin à utiliser leur énergie non pour défendre un bureau de Poste ou une gendarmerie, mais pour favoriser l’installation de jeunes agriculteurs qui permettront à leurs communes de vivre grâce à la production de richesse.

Pour cela, il faut innover et aller dans le sens du développement durable. Il faut sortir de la logique clientéliste d’élus pensant uniquement à leur réélection. Ces élus sont complices des dégâts causés par les animaux errants.

En effet, ce sont eux qui en faisant de fausses déclarations de surfaces permettent à des pseudoagriculteurs de toucher la prime à la vache. Ces surfaces déclarées ne sont pas entretenues et brûlent régulièrement, il n’y a pas de clôtures et de plus, les éleveurs qui voudraient s’installer et travailler ont du mal à obtenir des terres car ces communes les ont déjà attribuées. Ce cercle vicieux du clientélisme doit être brisé. L’agriculteur de montagne doit être considéré comme le jardinier de l’espace rural, celui qui protège la nature des ravages des feux et comme le dépositaire de la tradition agropastorale Corse. L’agriculteur du XXIème siècle doit fonder son activité sur l’identité des produits et pratiques, et le respect du capital environnemental et culturel. Les maires ont un rôle positif et culturel à jouer. Ils doivent favoriser les ententes entre exploitants, la création de groupements permettant la mise en commun des moyens matériels, la mise en place dans les PLU de zones agricoles qu’il faudra répartir en diverses affectations, plantations, arbres à fruits, forêts pour la production de bois de chauffage ou de bois d’oeuvre, zones d’élevage réparties entre caprins, bovins et porcins selon le couvert végétal et la topographie.

Par ce moyen il est possible d’obtenir une entente entre les différents exploitants évitant la discorde et les dégâts collatéraux. Cela s’est toujours fait dans nos campagnes. Il faut enfin réformer le système des primes à la tête de bétail. Cette fameuse prime à la vache est totalement contre productive.

Outre son effet clientélaire délétère elle produit une série d’effets nuisibles. L’élevage bovin nécessite de grandes surfaces, celles-ci sont gelées pour toute autre exploitation, les bovins qui ne disposent pas en zones montagneuses de prairies naturelles sont nourris par des apports de foin qui ne sont pas produits par l’agriculteur, cela n’est pas possible en zone accidentée, et qui parfois sont importées. Les surfaces allouées ne sont pas entretenues et le maquis y abonde. Ces terres qui pourraient servir de parefeu et diminuer d’autant le coût faramineux de la lutte anti-incendies sont donc stérilisées et inutilisables. Il faut donc remplacer cette fameuse prime à la vache par une prime à l’hectare de terre exploité, c’est-à-dire démaquisé et clôturé, ce qui sera facilement vérifiable. Il y a bien un avenir pour la Corse rurale et pas seulement par la vente des maisons de nos villages. Le changement d’affectation des subventions agricoles vers une agriculture de production alliant identité et environnement, l’affectation des terres à des activités viables, car si la chèvre se contente de terres maigres et arides, la vache a besoin de tout autre chose, la création de groupements d’exploitants par pievi doit permettre de revitaliser durablement l’intérieur, et d’y attirer des familles en leur permettant de vivre dignement de leur travail, tout en maintenant le lien social et la tradition de notre culture agropastorale.

Oui, messieurs les Maires, le temps n’est plus aux lamentations et au constat d’abandon de vos communes, il faut agir dans le sens du développement durable de l’économie de production et refuser la perfusion de l’assistanat qui ne fait que prolonger l’agonie de l’intérieur de la Corse.

Clément Filippi

 

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