Démontrer que la Corse
a avantage, économiquement
et socialement,
à devenir une nation
souveraine, voilà la
tâche du mouvement
indépendantiste. Passer
de l'assistanat institutionnalisé
à une économie
de production, c'est
améliorer durablement
la vie quotidienne des
Corses. Seule l'élaboration
d'une politique économique
au service du
peuple corse, peut amener
cette révolution salutaire.
La pseudo-économie de la Corse
contemporaine
En Corse, aujourd'hui, le sport
national préféré, de nos chers
élus, est la recherche de subventions.
Celles-ci, qu'elles soient
aides à l'emploi, aides à la
construction, subsides à diverses
activités n'ont aucun fondement
économique. Il ne s'agit pas de
soutenir une démarche productive,
créatrice d'emplois et de
richesse. Cette logique ne guide
aucunement l'attribution des subventions.
La seule logique est le
maintien d'un système Aliénation-
Assistanat dans lequel l'élu du
haut de la pyramide tape à la
porte de l'Etat et ensuite répartit,
selon ses besoins électoraux, les
subsides qu'il a obtenus. Comme
il faut bien proposer quelque
chose, on a tout misé sur le tourisme
de masse. Là c'est une autre
logique encore plus pernicieuse
que la précédente qui prévaut :
braderie de notre patrimoine foncier,
afflux de résidents n'ayant
aucun intérêt au développement
de la Corse, afflux de capitaux
douteux responsables d'une flambée
des prix de l'immobilier et
d'une économie souterraine qui
représenterait 3O% de l'activité
totale. Ce tourisme de masse, non
maîtrisé, crée de l'emploi précaire,
saisonnier, peu qualifié et
mal rémunéré, qui ne peut convenir
à notre jeunesse aspirant,
comme tout un chacun, à un
emploi stable qui lui permette de
s'établir dans la vie. Voila où
interviennent nos élus qui créent
dans un vaste élan de générosité
des emplois publics ou parapublics
sans aucune utilité économique.
Car, en effet, il faut bien
caser tous ces jeunes et renouveler
l'électorat pour pérenniser
leurs carrières politiques. Cette
masse d'emplois, subventionnés,
brise toute initiative économique
individuelle. Pourquoi créer son
activité, au prix d'un effort conséquent
lorsqu'on peut vivre d'un
emploi octroyé beaucoup moins
péniblement ? Ce cercle vicieux,
cette spirale de l'échec maintient
la Corse dans la dépendance de la
générosité, alléguée, de l'Etat
Français et entretient le non développement.
Intérêt financier et social de l'indépendance
économique
Certes nous vivons dans un
monde d'interdépendance économique
et nul pays ne peut se targuer
d'être totalement indépendant
en cette matière. Il y a
cependant un monde entre une
économie vivant de l'assistance et
une économie de production qui
élabore sa propre stratégie de
développement. La logique de
l'économie doit être la création
soutenue d'emplois, par une activité créatrice de richesses. L'Etat
doit donc faciliter l'action économique
et l'entreprenariat. Nous
disposons de quelques atouts.
Des petites entreprises dynamiques,
souvent innovantes, où la
gestion doit être encore simplifiée
par des règles administratives
allégées. Il faut une fiscalité spécifique
pour la micro entreprise,
et ne pas exiger qu'elles se soumettent
à des lois sociales identiques
à celles des grandes entreprises.
La création d'entreprise
doit être simplifiée au maximum,
en allégeant leurs charges et
leurs obligations. Elles doivent
bénéficier de prêts à taux zéro,
de cautions bancaires de l'Etat,
de prises de participation si
besoin et non de subventions
non remboursables, qui déresponsabilisent
l'entrepreneur.
Voila la finalité. L'entrepreneur
crée des emplois et prend un risque
économique, l'Etat l'aide
dans cette démarche mais il
s'agit d'un système équilibré où
l'aide engage celui qui la reçoit à
se battre pour prouver la viabilité
de son projet.
Quels sont les moyens de cette action
économique
Il y a trois grands axes, réduire
l'emploi public, augmenter le
capital connaissance, augmenter
la production et donc la richesse.
L'emploi public, nous en connaissons
les causes, représente près
de 45% de l'emploi total et probablement
un peu plus si l'on
compte toutes les diverses associations
à fonds exclusivement
publics. Ce secteur est très largement
hypertrophié et crée peu de
richesse. Il faut donc le réduire à
25 ou 3O% des emplois et le
redéployer vers des secteurs productifs,
la santé, l'éducation et la
formation professionnelle, la justice
et la sécurité.
L'administration d'Etat doit être
réduite au strict nécessaire en évitant
tout doublon entre services,
tout double emploi avec les collectivités
locales et en favorisant
la poly compétence des fonctionnaires.
L'économie de la connaissance
dans notre pays sans
industrie, sans ressources de
sous-sol est une voie d'avenir.
L'université doit pour cela être
développée, devenir l'acteur
principal de la formation professionnelle
et s'engager résolument
dans la recherche appliquée. La
création de richesse immatérielle,
le savoir, en recherche
développement en énergies
renouvelables, en environnement,
en agro-alimentaire dans
les nouvelles technologies sera
une source de revenus non négligeable.
Augmenter la production,
cela est réalisable sans pour
autant écarter les problématiques
environnementales. L'agriculture
biologique, le pastoralisme, la
pèche et l'aquaculture, peuvent
très vite augmenter leur production
de 5O%. La demande de
produits de qualité à fort contenu
identitaire est soutenue.
Le tourisme, sans les excès de la
masse doit rapporter plus.
Aujourd'hui un touriste moyen
dépense environ cinquante euro
par jour pour se loger, se nourrir,
se déplacer, s'amuser et
acheter. C'est vraiment très peu
et prouve s'il en était encore
besoin, que le milliard d'euro
de recettes annuelles peut être
augmenté de 5O voire 1OO%
en favorisant l'émergence d'une
clientèle plus fortunée attirée
par nos richesses naturelles.
L'ébauche d'une économie
Quelques principes de base :
- La Corse fait partie intégrante
de l'Union Européenne, elle
adhère à la Zone Euro et respecte
donc les critères de stabilité. Un
budget équilibré, un endettement
maîtrisé. L'adhésion à l'Union
Européenne comme Etat souverain
permet la négociation des
normes de production en particulier
agricoles.
- L'économie Corse est fondée
sur la libre entreprise et l'économie
de marché mais rejette les
excès du capitalisme sauvage.
- Un des objectifs de la politique
économique est la solidarité par
la redistribution de la richesse.
L'état aide les personnes en difficulté,
protège les plus vulnérables.
En contrepartie ceux-ci doivent
à la collectivité une activité.
Le but n'est pas l'enrichissement
de quelques uns mais la participation
de tous à une ouvre commune
de progrès et de bien être
matériel et social.
- Des actions économiques de
mise en oeuvre rapide. Cela se traduit
par une relance, via une politique
de grands travaux structurants,
faisant appel aux fonds
européens, de remise à niveau
économique. Cette politique doit
renforcer les entreprises locales
du génie civil, créer rapidement
des emplois et injecter des capitaux
dans l'économie locale.
- Investissement massif en de
recherche développement et formation.
Repenser les productions
pour renforcer leur spécificité et
utiliser l'avantage comparatif de
la marque Corse alliant, identité
du processus de fabrication,
garantie de qualité environnementale
et d'origine de la matière
première, fort contenu culturel.
La modification complète des circuits
commerciaux pour s'ouvrir
vers la Méditerranée. La Corse
doit s'inscrire en particulier dans
un axe Toscane - Sardaigne et audelà
Afrique du Nord. Cet axe
Nord - Sud facilitera nos exportations,
diversifiera nos sources
d'approvisionnement, en particulier
énergétique, et diminuera nos
coûts d'importation. Les infrastructures
nécessaires seront largement
financées par Bruxelles
dans le cadre d'INTERREG.
- L'action de l'Etat, malgré la
diminution importante des effectifs
de l'administration, ne sera
pas déficiente pour autant. En
favorisant la subsidiarité des compétences
entre Etat et collectivités
locales, en créant des corps de
fonction publique polyvalents
dans des secteurs de larges interrelations,
la productivité de la
fonction publique sera fortement
augmentée. D'autre part la création
de deux blocs de compétences,
environnement incluant agriculture,
eau, énergie, transport et
cohésion sociale incluant culture
et loisirs, logement, emploi et
action sociale est de nature à optimiser
l'utilisation des fond
publics.
- Le budget de l'Etat sera l'expression
de la finalité, il doit traduire
le recentrage de l'action
publique, l'autonomie et la responsabilité
des acteurs politiques,
la protection et le bien être du
citoyen dans un système de droits
et devoirs respectifs.
- Des objectifs ambitieux. Il faut
doubler la production agricole et
les revenus liés au Tourisme en
dix ans. Valoriser le travail, la
création d'entreprise, les faciliter
par une politique sociale adaptée
et l'allègement des charges et
contraintes administratives. Créer
une fiscalité propre à la très
petite entreprise.
- Travailler avec le système bancaire
à la création de fonds d'investissements
attractifs, cautionnés
par l'Etat.
- Libérer les énergies, retrouver
l'esprit d'entreprise et le dynamisme
de nos ancêtres du début
du XXe siecle.
- Préserver et valoriser notre
capital foncier, augmenter les
recettes de son utilisation et de
son occupation.
- Repenser l'action sociale, sortir
de la logique de l'aide charité
pour l' « Aiutu » expression d'une
véritable solidarité.
Cette politique économique équilibrée
entre production de
richesse et redistribution, privilégiant
la croissance par l'augmentation
de l'offre est à même de
sortir la Corse de cette économie
entretenue artificiellement par la
pseudo solidarité française.
Aujourd'hui la Corse avec quelques
aménagements de sa fiscalité
peut dégager une recette de
1,5 milliards d'euro/an. C'est une
somme considérable qui relativise
la « générosité » de l'Etat Français
à notre égard, et qui peut permettre
un essor économique de la
Corse non lié à la sollicitude des
Français, mais réalisé de façon
endogène avec le concours de
tous les Corses qui y trouveront
leur profit.
Clément Filippi