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Esclavage et colonisation De Victor Schoelcher |
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L'esclavage est, lui, aboli dans les colonies françaises une première fois le 4 février 1794 par la Convention nationale. Rétabli par Napoléon Bonaparte en 1802, il faudra attendre 1848 pour qu'il soit de nouveau aboli. Victor Schoelcher (1804-1893) sera la figure de proue de ce mouvement abolitionniste. Il voit ses idées triompher en 1848. En 1948, une sélection de textes du célèbre abolitionniste est publiée, pour célébrer le bicentenaire de l'abolition. Il s'agit d'un recueil de l'essentiel des textes de combat de Victor Schoelcher, préfacé par Aimé Césaire et intitulé Esclavage et colonisation. A. Césaire (1913-2008), poète et homme politique, est notamment à l'origine du concept de « Négritude ». Ce concept, forgé en réaction à l'oppression culturelle du système colonial français, vise à rejeter d'une part le projet français d'assimilation culturelle et d'autre part la dévalorisation de l'Afrique et de sa culture. En préfaçant « Esclavage et colonisation », il donne une dimension nouvelle au discours de Victor Schoelcher, montrant qu'il est toujours d'actualité. En effet, V. Schoelcher dénonce les horreurs de l'esclavage et expose les enjeux du système colonial et esclavagiste, mais prévoit également un véritable projet de société. Un projet de société devant permettre le développement des colonies, ainsi qu'une réelle égalité et la fin du « préjugé de couleur ». Lorsqu'Aimé Césaire préface ce livre, cela est loin d'être la réalité. Encore aujourd'hui, la situation des Antilles montre que les enjeux économiques prennent toujours le pas sur l'objectif de justice sociale. Les anciennes colonies, devenues départements français en 1946, subissent une colonisation économique qui s'inscrit dans le système mondial d'exploitation de l'autre. La responsabilité de l'Etat français est grande, même s'il s'en défend avec une totale mauvaise foi. Parmi les arguments spécieux visant à le présenter comme généreux, l'idée que les départements d'Outre mer coûtent plus qu'ils ne rapportent est fréquemment utilisée. Encore faut-il préciser que dans le budget de ces régions sont pris en compte les frais relatifs à la police, à la justice et à l'armée, à la différence de toutes les autres régions dites françaises excepté … la Corse. Curieuse ressemblance… La révolte aux Antilles, au même titre que l'abolition de l'esclavage, montre qu'en France, la liberté et la justice ne peuvent être obtenues qu'au prix de luttes acharnées. Déjà en 1848, le soulèvement populaire avait obligé le gouvernement local à anticiper de plus de deux mois le décret d'abolition et si « la clairvoyance et l'obstination de Schoelcher avaient donné le branle de la liberté. L'impétuosité nègre fit le reste. » (Aimé Césaire) Ainsi, ce livre qui témoigne des horreurs de l'esclavage est d'une actualité saisissante et nous apporte un précieux éclairage sur le conflit et la situation des Antilles. Serena Talamoni |
© U Ribombu Internaziunale — 2009 |