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Articulu di u numaru 20, dicembre di u 2006


Flagrants délits !



Le Comité Anti Répression a tenu une conférence de presse pour mettre au jour le cas de Patrickl Castreno, et à travers cet exemple, celui de tous les prisonniers politiques. Alors que rien ne s’oppose à son retour en Corse au Centre de détention de Borgu, c’est à Salon-de-Provence qu’on lui a proposé d’être transféré ! Une conférence de presse, c’est une première, qui a été filmée et qui est visible intégralement sur Internet, sur le site de Unità Naziunale.

Pour le CAR, le ministère de la justice est coupable d’un flagrant délit de nonapplication de la loi. Les porte-parole du CAR ont expliqué au cours de leur conférence de presse que “malheureusement, ces flagrants délits sont une habitude, et les professionnels corses de la condamnation sont étonnamment muets sur ce sujet. Ces grands humanistes qui s’indignent au moindre pétard mouillé, au moindre bâtiment endommagé, ne trouvent rien à dire lorsque des nationalistes corses sont victimes d’une violence d’Etat qui consiste à les priver de leur terre et des leurs, et ce, en allant à l’encontre de toutes les lois et directives européennes sur le rapprochement des détenus”.

Le cas de Patrick Castreno est particulièrement démonstratif de cette politique d’Etat qui consiste à oublier d’appliquer la loi lorsqu’il s’agit de patriotes corses.

Patrick Castreno a été condamné à 15 ans de réclusion criminelle par la cour d’assise spéciale de Paris. Il a purgé aujourd’hui plus de 6 ans de détention et sera accessible à la libération conditionnelle dans un peu plus d’un an. Il est incarcéré à la Maison Centrale de Lannemezan. Comme tous les détenus, il a fait une demande de transferts et comme tous les Corses, il a demandé à être incarcéré sur sa terre, au près des siens.

Le ministère de la justice a accepté de le transférer d’une Maison Centrale, considérée comme sécuritaire et répressive, vers un Centre de Détention où les détenus purgent généralement la fin de leur peine. Mais, alors que rien ne s’opposait à son transfert à Borgu, c’est à Salon-de-Provence qu’on a proposé de l’envoyer !

Patrick Castreno est Corse, il habitait en Corse au moment de son arrestation, et ses proches habitent en Corse. Il a donc tout naturellement refusé ce transfert vers Salon-de- Provence et fait une nouvelle demande pour Borgu.

L’administration pénitentiaire et notamment la direction de la Maison Centrale de Lannemezan ont rendu des rapports favorables à ce transfert. Son dossier est depuis plusieurs mois en attente au ministère de la justice, et il ne manque que la décision du Garde des Sceaux pour qu’il puisse revenir en Corse.

Aujourd’hui, rien, absolument rien ne s’oppose à son retour. Borgu est un Centre de Détention qui a exactement la même qualification que celui de Salonde- Provence, il y a largement la place pour accueillir Patrick Castreno et d’autres prisonniers politiques.

Le CAR a posé la question de savoir pourquoi Patrick Castreno est encore incarcéré en France et aimerait savoir ce qui peut justifier le fait qu’il ne soit pas encore à Borgu.

Le cas de Patrick Castreno est significatif d’une volonté politique de l’Etat français d’appliquer une triple peine aux prisonniers politiques corses, l’exil, la détention et une peine financière. Sur une soixantaine de prisonniers politiques dont plus de 20 sont condamnés définitivement, seuls deux sont actuellement incarcérés en Corse. Pourtant, depuis plus de 4 ans, plusieurs ministres se sont exprimés sur ce sujet en disant que la loi serait appliquée et que les « détenus corses » condamnés seraient rapprochés de leur famille.

Pour le CAR, “force est de constater que ces ministres sont aujourd’hui pris en flagrant délit de mensonge”. Le CAR a exigé que l’on applique la loi et que Patrick Castreno soit immédiatement transféré en Corse, tout comme les autres prisonniers politiques.

Marzulinu

 

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