Le Comité Anti Répression a tenu une conférence de presse pour mettre au jour le cas de Patrickl
Castreno, et à travers cet exemple, celui de tous les prisonniers politiques. Alors que rien ne s’oppose
à son retour en Corse au Centre de détention de Borgu, c’est à Salon-de-Provence qu’on lui
a proposé d’être transféré ! Une conférence de presse, c’est une première, qui a été filmée et qui
est visible intégralement sur Internet, sur le site de Unità Naziunale.
Pour le CAR, le
ministère de la justice
est coupable
d’un flagrant délit de nonapplication
de la loi. Les
porte-parole du CAR ont
expliqué au cours de leur
conférence de presse que
“malheureusement, ces
flagrants délits sont une
habitude, et les professionnels
corses de la
condamnation sont étonnamment
muets sur ce
sujet. Ces grands humanistes
qui s’indignent au
moindre pétard mouillé,
au moindre bâtiment
endommagé, ne trouvent
rien à dire lorsque des
nationalistes corses sont
victimes d’une violence
d’Etat qui consiste à les
priver de leur terre et des
leurs, et ce, en allant à
l’encontre de toutes les
lois et directives européennes
sur le rapprochement
des détenus”.
Le cas de Patrick
Castreno est particulièrement
démonstratif de
cette politique d’Etat qui
consiste à oublier d’appliquer
la loi lorsqu’il s’agit
de patriotes corses.
Patrick Castreno a été
condamné à 15 ans de
réclusion criminelle par la
cour d’assise spéciale de
Paris. Il a purgé
aujourd’hui plus de 6 ans
de détention et sera accessible
à la libération conditionnelle
dans un peu plus
d’un an. Il est incarcéré à
la Maison Centrale de
Lannemezan. Comme
tous les détenus, il a fait
une demande de transferts
et comme tous les Corses,
il a demandé à être incarcéré
sur sa terre, au près
des siens.
Le ministère de la justice
a accepté de le transférer
d’une Maison Centrale,
considérée comme sécuritaire
et répressive, vers un
Centre de Détention où
les détenus purgent généralement
la fin de leur
peine. Mais, alors que
rien ne s’opposait à son
transfert à Borgu, c’est à
Salon-de-Provence qu’on
a proposé de l’envoyer !
Patrick Castreno est
Corse, il habitait en Corse
au moment de son arrestation,
et ses proches habitent
en Corse. Il a donc
tout naturellement refusé
ce transfert vers Salon-de-
Provence et fait une nouvelle
demande pour
Borgu.
L’administration pénitentiaire
et notamment la
direction de la Maison
Centrale de Lannemezan
ont rendu des rapports
favorables à ce transfert.
Son dossier est depuis
plusieurs mois en attente
au ministère de la justice,
et il ne manque que la
décision du Garde des
Sceaux pour qu’il puisse
revenir en Corse.
Aujourd’hui, rien, absolument rien ne
s’oppose à son retour.
Borgu est un Centre de
Détention qui a exactement
la même qualification
que celui de Salonde-
Provence, il y a
largement la place pour
accueillir Patrick
Castreno et d’autres prisonniers
politiques.
Le CAR a posé la
question de savoir pourquoi
Patrick Castreno
est encore incarcéré en
France et aimerait
savoir ce qui peut justifier
le fait qu’il ne soit
pas encore à Borgu.
Le cas de Patrick
Castreno est significatif
d’une volonté politique
de l’Etat français d’appliquer
une triple peine
aux prisonniers politiques
corses, l’exil, la
détention et une peine
financière. Sur une
soixantaine de prisonniers
politiques dont
plus de 20 sont condamnés
définitivement,
seuls deux sont actuellement
incarcérés en
Corse. Pourtant, depuis
plus de 4 ans, plusieurs
ministres se sont exprimés
sur ce sujet en
disant que la loi serait
appliquée et que les «
détenus corses »
condamnés seraient rapprochés
de leur famille.
Pour le CAR, “force est
de constater que ces
ministres sont
aujourd’hui pris en flagrant
délit de mensonge”.
Le CAR a exigé que
l’on applique la loi et
que Patrick Castreno
soit immédiatement
transféré en Corse, tout
comme les autres prisonniers
politiques.
Marzulinu