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Articulu di u numaru 15, lugliu di u 2006




L’Histoire du FLNC, la fin des années 1990


Depuis trois mois, notre journal vous propose de revivre toute l’Histoire du FLNC. Dans cette troisième et dernière partie, nous évoquons le milieu et la fin des années 1990.

« Etat de légitime défense »


Les traditionnelles Ghjurnati di Corti (1993) sont l’occasion pour le FLNC historique d’apparaître de nouveau mais cette fois-ci dans un contexte particulièrement tendu. Outre une communication adressée à l’exécutif de a Cuncolta Naziunalista et portant en l’occurrence sur la situation internationale, le FLNC tient physiquement à revendiquer l’exécution de trois personnes en ces termes :

« Placés en état de légitime défense, nous avons procédé à trois reprises à l’élimination d’individus dont l’intention ferme et arrêtée était de porter atteinte à l’intégrité physique de plusieurs de nos militants. Deux de ces opérations visaient des bandes de truands, nous en avons éliminé les meneurs. Le troisième a touché un ancien militant de notre structure qui s’en était exclu de lui-même, en février 1992. Cet individu s’est trouvé chargé par un quarteron de manipulateurs sournois et sans scrupules de devenir l’exécutant devant abattre certains de nos militants.

Par cet acte, ces gens là comptaient lever l’obstacle à la récupération du Front par des idéologies d’un autre âge, complètement étrangères à notre lutte, à notre culture, à notre peuple. La mort n’est pas notre métier. Nous n’éprouvons aucun plaisir à remuer le fer dans les plaies. Si nous intervenons aujourd’hui, c’est parce que le choeur des crocodiles a dépassé les bornes de la délation et les limites de la décence. »


Pour « Resistenza », lors d’une conférence de presse, « ce drame marque un tournant dans l’histoire du mouvement nationaliste depuis le début des années 70. Le souci de refuser, même au plus fort de certaines tensions ou des moments les plus durs, l’affrontement fratricide tel que le connaissent la plupart des mouvements de libération marquait la spécificité de la lutte nationaliste corse. Un tel refus prenait sa source dans une vision idéologique et morale opposée à une logique totalitaire et militariste.

Elle se fondait sur une prise en compte de la réalité culturelle corse, marquée par l’omniprésence des rapports humains et du jeu des solidarités, qui ne pouvait que générer une escalade incontrôlée en cas d’agression physique sur un militant, de la part de sa famille et de ses amis. C’est hélas cet équilibre qui est aujourd’hui rompu et on ne peut pas parler de situation exceptionnelle ou de réponse “ponctuelle” car c’est bien un mécanisme suicidaire qui s’est mis en branle avec ce drame. »


Un comité Rober Sozzi se mettra en place pour dénoncer la mort de ce dernier et pour réhabiliter sa mémoire.

Communication de nouvelle année…

En janvier 1994, une nouvelle communication du FLNC historique rappelle le sens de son engagement :

« Conscient qu’il serait vain et dangereux d’attendre de l’Etat, de ses commis voyageurs, de ses administrateurs, de ses hauts fonctionnaires, la démolition d’un édifice dont ils ont tenté d’assurer la pérennité pendant deux siècles, nous nous déclarons une fois encore, favorables à l’union la plus large de toutes les forces vives de la nation corse. Non pas une union de circonstance, variable et interchangeable au gré des fluctuations électorales ou des ambitions personnelles et donc factices : mais une union fondée sur des principes politiques et un programme, solidement implantée sur les terrains des réalités et, partant, susceptible de redonner confiance à la jeunesse en particulier et d’associer le plus grand nombre de Corses à la renaissance d’une nation démocratique. »

Trois attentats sont commis dans la région de Capu di Muru en mémoire à Stefanu Cardi mort il y a dix ans dans cette même région.

Nouvelle conférence de presse !

Le 16 février 1994, une nouvelle conférence de presse du FLNC historique fait état d’une impasse politique : « Si nous voulons secouer le joug, ce n’est pas pour substituer un système autoritaire corse au système actuel d’aliénation et de décomposition, de dissolution de la nation corse. Nous n’entendons pas mettre à la retraite les sgiò d’aujourd’hui pour faire place nette aux éventuels sgiò de demain. Notre lutte de libération nationale va de pair, indissolublement, avec la lutte de libération sociale. Les défavorisés, les déshérités, les sans-travail, tous ceux qui luttent pour préserver leur dignité humaine sont nos alliés naturels. Quant à nous, face à l’intransigeance de l’Etat français, nous ré interviendrons sur tous les terrains de lutte, pour que le peuple corse, et lui seul, dessine bien avant 2015 la Corse souveraine. »

Le 17 février 1994, trois actions sont commises à Mende, ville où s’était déroulé le conseil interministériel français sur l’aménagement du territoire. Le FLNC historique revendique.

Un commando surpris…

En avril 1994, un commando du FLNC historique est bizarrement intercepté au sein du domaine de Speroni. C’est une première dans l’histoire militaire du Front. Dans son communiqué ce dernier dénonce la situation du moment :

« On assiste depuis quelque temps à une véritable offensive psychologique contre notre lutte, notre organisation. Cette campagne vise à salir notre action en tentant de l’assimiler à un combat anarchique mené par des bandes armées aux motivations désormais obscures.

Certains issus de nos rangs, pour la plupart ayant abandonné ou trahi la lutte historique de ce peuple se complaisent à affirmer que nous sommes entrés dans une phase politique nouvelle. Pour eux, les combats sont vains. A les entendre les bases d’une construction politique seraient aujourd’hui réunies avec ceux-là mêmes qui ont maintenu notre peuple en état de dépendance.

Ils vont jusqu’à regretter, voire même à condamner tout ce qui constitue le sens et l’essence de la lutte. »
Et d’énoncer plus loin : « A ceux - souvent les mêmes - qui nous font le grief d’être devenus “l’interlocuteur privilégié” de l’Etat, nous rappelons simplement qu’il n’y a pas d’exemple dans l’histoire de l’humanité d’un règlement de gré ou de force d’un conflit sans contacts préliminaires entre parties antagonistes. Les exemples les plus récents, concernent l’OLP et Israël, l’IRA et le gouvernement irlandais. »

De nombreux attentats sont organisés dans les semaines suivantes, le FLNC historique affichant ses capacités militaires toujours autant opérationnelles.

Un nouveau projet politique

En juillet 1994, le FLNC historique préconise un projet politique à définir en commun avec des forces populaires. A cet effet il organise une nouvelle conférence de presse.

Et il précise : « Le moment est venu de sortir de cette situation malsaine à tous les égards. Et pour cela de procéder non pas à une neutralisation mais à une définition de ces enjeux stratégiques, définition résultant non pas d’un compromis entre appareils dirigeants mais d’une vaste concertation à laquelle seraient invitées à prendre part toutes les forces vives dynamiques de la nation. Un projet politique élaboré en commun tiendrait d’autant plus la route que son élaboration et sa mise en application se feraient avec la participation et sous le contrôle vigilant du peuple seul habilité à choisir et à trancher en dernier ressort. »

Pratiquement au même moment une tentative d’assassinat touche la personne de Pierre Poggioli, un des dirigeants de l’ANC. Le climat devient de plus en plus pesant…

Cavaddu et Speroni

En octobre 1994, le FLNC historique frappe sur l’île de Cavaddu et sur Speroni - Piantaredda. Dans un communiqué il décrète le gel des projets suivants : « Cavallu, Sperone - Piantarella, Cala Longa tant qu’un véritable code des investissements prenant en compte les intérêts collectifs du Peuple Corse ne sera pas mis en place. »

L’initiative politique

Le 15 novembre 1994, le FLNC historique prend une nouvelle initiative. Après avoir pris acte du « très important travail réalisé par a Cuncolta Naziunalista pour l’élaboration de son projet basé sur la prise en compte de l’article 74 de la constitution française et qui a reçu l’adhésion de toutes les composantes de Corsica Nazione », il affirme que « l’important est qu’aujourd’hui le mouvement national, après s’être posé en force de propositions au plan national corse, franchisse le pas en posant aux yeux de l’opinion internationale les prémices d’une ouverture institutionnelle majeure pour la Corse. Il met ainsi l’Etat français en obligation de répondre, soit par le silence, soit par une proposition démontrant ainsi sa volonté de participer à cette ouverture nouvelle. »

A une question concernant le FLNC Canal Habituel, les porte-parole de l’organisation précisent que leur déclaration « s’inscrit dans le cadre de la défense des intérêts de notre peuple face au seul adversaire que nous ayons jamais eu : l’Etat Français ».

Pour sa part le Canal officiel avait quelques mois auparavant, lui aussi dans le cadre d’une conférence de presse le 13 avril 1993, affirmé que « la Corse est à un tournant de son histoire, si ses intérêts collectifs sont pris en compte, nous saurons en tirer les conclusions qui s’imposent. Dans le cas contraire, si la tentation répressive et barbouzarde, quelqu’en soit la forme prenait le pas sur l’intelligence politique, nous saurions comme nous l’avons toujours fait, nous montrer à la hauteur du rapport de force, y compris sur le terrain militaire ».

Le 24 novembre, un communiqué du FLNC historique rend publique outre le décret de « suspension totale de ses actions sur le sol national français et en Corse sur les fonctionnaires et les ressortissants français », un courrier envoyé au ministre en charge de la question corse pour « transmission au gouvernement et au chef de l’Etat français ».

Par cet acte le peuple corse « pourra ainsi mesurer notre totale détermination à rechercher toutes les voies d’un authentique processus politique ».

L’escalade…

Mais l’année 1995 commence dans le sang : Jean François Filippi et Franck Muzy sont assassinés. Des accusations publiques sont portées, le FLNC historique est, entre autres, ciblé. Ce dernier réagit pour affirmer : « Nous sommes totalement étrangers aux assassinats de J.F. Filippi et Franck Muzy. Nous refusons et refuserons toujours la logique de l’affrontement ». Mais les mécanismes vont en s’emballant…

Dans les mois qui suivent des militants et sympathisants vont tomber sous les balles… Jean Pierre Leca, Luc Belloni, Stéphane Gallo, Jean Nicolas Bacchelli, Vincent Dolcerocca, Noël Sargentini, Pierre Albertini, Jean-Pierre Duriani, Jules Massa, Paul Carlotti pour ne citer que ceux-là, décèdent ainsi.

Des militants, dont l’énergie aurait pu se concentrer sur l’unique ennemi qui vaille, s’affrontent… au bénéfice d’une logique implacable et en attente : la logique coloniale…

Le FLNC historique rappelle alors que « la spirale de mort enclenchée aujourd’hui en Corse, ne pourra prendre fin par des incantations. Elle est née de jeux troubles de l’Etat. Elle ne disparaîtra qu’avec l’abandon de ces manipulations. »

Des plasticages touchent également des biens appartenant à des nationalistes de diverses tendances, des structures professionnelles sont également visées…

Le FLNC historique assume officiellement sa part de responsabilité comme le démontre son communiqué d’octobre 1995 où il décrète un cessez-le-feu sans préalable.

Auparavant, « Résistenza » dans une conférence de presse tenue dans le sud de la Corse avec près de 150 militants, précisait « son hostilité à toute action pouvant entraîner l’affrontement entre Corses, car quelles que soient nos divergences, les Corses doivent toujours se donner les moyens de dialoguer et de trouver des solutions ensemble ».

Malgré cette situation le FLNC historique va continuer ses actions parfois spectaculaires contre les symboles de la présence étatique française, notamment sur sa police.

Le 1er juillet 1996, une voiture piégée explose à Bastia, elle tue Pierre Lorenzi et blesse grièvement Charles Pieri. Un pas nouveau est encore franchi…

Tralonca

Le 11 janvier 1996, plusieurs centaines d’hommes lourdement armés tiennent une conférence de presse nocturne à Tralonca, en Haute-Corse. Un certain nombre de points sont avancés pour l’instauration progressive des conditions de paix :

Reconnaissance du peuple corse.

Mise en place d’un système éducatif corse.

Officialisation de la langue corse.

Disparition des conseils généraux.

Renforcement des prérogatives de la nouvelle Assemblée de Corse.

Modification de la loi électorale.

Recréation de l’économie corse.

Une fiscalité corse fondée sur un statut dérogatoire ayant pour corollaire un P.O.S.E.I.C.O.R.

Réglementation des investissements.

Refonte du système des transports.

Cette conférence qui intervient la veille de la venue du ministre français de l’intérieur, Michel Debré, verra ses limites atteintes dans le temps, lorsque l’autoritaire et impopulaire Juppé réaffirmera l’arme de la répression policière et judiciaire… Une fois encore les manoeuvres continuent pour simuler un pseudo dialogue condamné d’avance…

En septembre 1996, le FLNC historique affirme dans un communiqué que « l’Etat a choisi la voie de la provocation » Le 5 octobre 1996, le FLNC historique frappe la mairie de Bordeaux, les dégâts sont importants et le message très clair pour Juppé… L’heure est encore – et toujours – au rapport de force…

« L’avenir est à la lutte »

En février 1997, le FLNC historique revendique une nuit bleue de plus de soixante attentats. L’heure est encore au constat :

« Le revirement effectué par le gouvernement français au cours de l’été dernier atteste de sa volonté de refuser de s’engager réellement dans un processus de paix en Corse et de pourrir la situation en revenant à l’ancienne politique de pacification par les armes qui a échoué tant de fois par le passé. Le choix était alors fait de retourner au tristement célèbre cycle répression-résistance avec toutes les conséquences que ce choix comporte. Notre responsabilité politique nous amène à refuser le défi sanglant à notre peuple lancé par Juppé. »

Et de poursuivre : « L’avenir sera de lutter, sachons-le, contrairement à ce que susurrent déjà ceux qui ont tronqué leur cagoule contre un strapontin électoral ».

Entre temps, les dragonnades policières s’intensifient, le canal officiel s’auto- dissout et un autre FLNC voit le jour…

L’esprit des fundamenti di l’unioni

Dans une interview accordée à un quotidien régional en juin 1997, le FLNC historique précise que sa « démarche politique s’articule autour de l’esprit qui a présidé la constitution d’I fundamenti di l’Unioni en 1992. Nous sommes convaincus que Corsica Nazione peut constituer un rassemblement suffisant pour tous ceux qui s’y reconnaissent ».

« La fin de la violence… »

Le 25 janvier 1998, dans une nouvelle conférence de presse, le FLNC historique rappelle ses points fondamentaux et précise encore que « prenant acte que l’Etat français considère comme une preuve de faiblesse toute initiative tendant à amorcer une solution politique, nous ne renoncerons pas à occuper militairement l’espace du politique ».

Le 6 février de la même année, le préfet Erignac est tué à Aiacciu. Le FLNC historique dément toute implication. Le 22 mars la liste Corsica Nazione, malgré la dureté du climat obtient 12 224 voix et 5 élus.

Actions contre les gendarmeries

En juillet 1998, un communiqué du FLNC historique critique la position du gouvernement français en place, M. Jospin étant premier ministre. Il est dit :

« Il semblerait que le gouvernement Jospin ait fait le choix de la radicalisation extrême afin de plonger la Corse dans le chaos politique et de la précipiter dans l’impasse économique. Cette démarche est d’autant plus lourde de conséquences qu’elle a instauré, sous couvert de rétablissement de l’état de droit, un ordre fasciste d’essence coloniale, et cela quel que soit le prix ».

Le FLNC revendique au même moment des actions contre des gendarmeries, celles de Borgu et de San Fiurenzu pour les nommer. Les descentes policières se poursuivent. Des communiqués anonymes mais précis revendiquent entre autres l’action contre la gendarmerie de Petrusella et la mort du préfet Erignac…

Nouvelle suspension

En janvier 1999, un nouveau communiqué fait état d’une nouvelle suspension :

« A l’approche de nouvelles élections territoriales, la tentation est à nouveau grande pour tous les provocateurs de “l’Etat de droit” français, d’essayer de briser l’élan populaire incarné par la démarche de Corsica Nazione, et de barrer plus largement la route au nationalisme et à tous ceux qui refusent la politique de l’Etat français en Corse. Dans ce contexte, conscients de nos responsabilités mais aussi des attentes de notre peuple, nous avons décidé, pendant cette période, de suspendre nos actions militaires sur le territoire national corse ».

A ce moment le préfet Bonnet commence à faire beaucoup parler de lui et Corsica Nazione renforce son assise électorale en entrant à la collectivité territoriale avec 8 élus le 14 mars 1999.

Les différentes offensives

Le 7 septembre 1999, le FLNC historique dénonce dans une nouvelle conférence de presse les différentes offensives dont la Corse est l’objet :

Offensive répressive.
Offensive terroriste.
Offensive idéologique.
Offensive ethnique.

Un constat de l’union est également posé : « Ce souci de l’union, son organisation pratique, c’est aussi l’analyse des mécanismes qui hier ont engendré des affrontements que tout un chacun connaît et qui ont gravement hypothéqué la dimension émancipatrice de notre peuple. Il n’est qu’un ennemi à abattre : le colonialisme français ». Un appel est également lancé à l’union des combattants sous-tendus par cette analyse : « En ce qui nous concerne, il n’est nullement question, pour autant, de verser dans un quelconque jusqu’au-boutisme. Notre détermination politique demeure sereine, notre action militaire parfaitement ciblée. Nous répondons aux exigences d’une lutte organisée. Nous n’avons pas le monopole de l’action l’armée. D’autres que nous ont conjoncturellement recours à ce moyen. »

Entre temps, le préfet Bonnet et son acolyte Pardini sont identifiés pour des tentatives d’incendies et autres manoeuvres provocatrices visant à déstabiliser la situation. Les formations nationalistes, solennellement, paraphent l’accord du Fiumorbu qui scelle une réconciliation censée tourner la page des précédentes années de plomb…

L’URSAFF et la DDE…

Le jeudi 25 novembre, deux fortes explosions retentissent à Aiacciu en plein jour. La DDE et l’URSSAF sont ciblées. Des dégâts très importants sont constatés ainsi que des blessés légers. Un nouveau sigle « Clandestinu » apparaît. Quelque temps après le premier ministre français Lionel Jospin ouvre les voies d’un dialogue sans tabou avec la Collectivité Territoriale de Corse. Un fait nouveau pour une nouvelle espérance.

« Clandestinu » apparaît pour la première fois, lors d’une conférence de presse, le jeudi 24 décembre, auprès d’autres formations, l’union des combattants est née.

Un FLNC Union des Combattants

Ainsi le 24 décembre, en plein jour, un cessez-le-feu sans aucune condition de temps ni de lieu est décrété. S’y associent donc « Clandestinu », mais également « Fronte Ribellu », le « FLNC du 5 mai 1996 », et le « FLNC canal historique ». Ils décident tous ensemble de se fondre sous le sigle originel FLNC du 5 mai 1976 officialisant ainsi l’union des combattants.

Ainsi le FLNC précise la conception de sa place : « Aujourd’hui la réalité du terrain des luttes, l’importance de l’espace occupé par les organisations publiques nous amènent tout naturellement à une adaptation de notre place au sein de la LLN.

Il n’est plus question pour nous de nous prévaloir d’une quelconque direction politicomilitaire. Ce faisant, cette redistribution des responsabilités au sein du mouvement national permettra de susciter un investissement militant beaucoup plus large. De même, bannissons- nous fermement toute idée d’hégémonisme, cette tentation a amené aux manipulations et aux drames dont nous avons souffert dans un passé récent. »
Mais tout aussi important une volonté de donner une chance à la paix est affichée : « En dépit du racisme anti-corse, en dépit de la manipulation sans relâche d’officines barbouzardes, en dépit des mensonges et des dissimulations sur les causes et les objectifs de notre lutte : nous avons décidé de donner une nouvelle chance à la paix. » Et de se projeter vers l’avenir en affirmant :

« nous avons la ferme conviction que notre peuple saura construire son avenir dans un cadre qu’il aura démocratiquement défini. Nul ne pourra se substituer à lui en ce domaine. Notre responsabilité commande d’en appeler à tous les Corses, d’origine et d’adoption, à tous ceux qui refusent l’affairisme et le clanisme, pour mettre en commun, en parlant d’une seule voix, celle de la Corse, un projet de développement et de civilisation durable donnant à chaque membre de notre communauté les mêmes chances d’accès à l’emploi et à la décision. Ce projet ne pourra que se nourrir de notre culture nationale enrichie des nécessaires apports extérieurs humains et progressistes. Au-delà de l’Etat français dont la capacité à se réformer reste largement sujette à caution, nous nous adressons au peuple français et à la communauté des peuples et des individus toute entière, pour multiplier les initiatives en vue d’un règlement politique du problème corse.

Nous appelons de nos voeux une solution négociée qui soit le fruit d’une participation collective sans exclusion aucune. Il s’agit de sortir une fois pour toute du cadre conflictuel qui oppose les intérêts collectifs du peuple corse au système colonial français. En ce qui nous concerne, nous sommes prêts à participer, dès lors que les conditions seront réunies à des négociations politiques.

Notre volonté d’indépendance nationale ne constitue en rien un préalable à toute discussion. L’emploi de l’action armée sera rendu caduc dès lors que l’Etat français, après avoir initié un processus de négociation crédible, se sera donné les moyens constitutionnels de garantir définitivement l’existence de notre peuple. C’est la raison pour laquelle nous décrétons un “cessezle- feu” sans aucune condition ni de temps ni de lieu, tel est le gage que nous donnons à la paix ».


Le processus de Matignon, malgré certaines vicissitudes était enclenché. Il prendra fin avec l’éviction aux présidentielles françaises du candidat socialiste. La droite, de nouveau au pouvoir, s’enfermera de nouveau dans une implacable logique répressive qui perdure encore actuellement…

Pour sa part le FLNC union des combattants continue sa lutte. Il n’est pas seul sur le terrain des combats, une autre organisation, le FLNC du 22 octobre, y affirme également sa présence.

Et l’heure n’est toujours pas à la résolution d’un problème politique au moment où en Europe, l’IRA d’une part, l’ETA d’autre part, par des gestes significatifs et stratégiques démontrent comment les résistances armées constituent des forces de dialogue et de construction dès lors que les conditions sont réunies…

La France elle, à l’instar de cette Turquie qui frappe à la porte du schéma européen, s’enferme toujours un peu plus dans son anachronique centralisme totalitaire, incapable de concevoir et de reconnaître les différences humaines et leurs droits, continuant à nier un petit peuple conquis par les armes et mis au pas dans le sang…

L’histoire continue.

Ulivieru Sauli

 

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