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FLNC : les années 80


Le 10 mai 1981, François Mitterrand, candidat de la gauche française aux élections présidentielles, est élu président. Après plusieurs années de répression policière et barbouzarde, la promesse d’un statut particulier pour l’île et d’une amnistie pour tous les prisonniers politiques donnent de nouvelles perspectives de lutte. L’heure est pour le moment à l’espérance. Le FLNC, qui a joué un rôle important d’opposition armée à la droite autoritaire de Valery Giscard d’Estaing se repositionne…

Déjà, le 1er avril, lors d’une conférence de presse précédant ces mêmes élections, le Front situe les enjeux :

Sur son rôle : « Le rôle du Front n’est pas de se substituer au peuple corse pour prendre en charge sa libération. Sans contrepouvoirs populaires, sans prise en mains par le peuple lui-même du pouvoir économique et politique, il ne peut y avoir de libération. »

Sur sa vocation : « Faire prendre conscience au peuple de la nécessité de la lutte de libération par un travail de propagande et désigner les véritables ennemis. »

Sur ses revendications : « La reconnaissance des droits nationaux ; La destruction de tous les instruments du colonialisme français (Administration – colons – forces d’occupation et de répression) ;
Confiscation des grandes propriétés coloniales, des trusts touristiques, et annulation de toutes les transactions spéculatives depuis 1962 ;
Instauration d’un pouvoir populaire et démocratique expression de la volonté du peuple corse par le suffrage universel réhabilité ;
Réalisation de la réforme agraire pour assurer les aspirations des paysans, des ouvriers, des intellectuels, et débarrasser le pays de toutes les formes d’exploitation ;
Droit à l’autodétermination dont les modalités de déroulement seront définies lors des négociations avec la France. »



« Incù a treva, pruvemu di custruisce l’avvene »

Le changement politique survenu en France n’est donc pas sans répercussion en Corse.

Les libérations des dizaines de prisonniers politiques matérialisent la volonté de changement. Lors d’une nouvelle conférence de presse ouverte par une voix féminine dans la nuit du 1er au 2 juillet 1981, le FLNC prend acte de cette nouvelle donne :

« Le peuple français a manifesté sans équivoque sa volonté de changement. Le FLNC ne peut que se féliciter de cette maturité exprimée par le peuple français. » Toutefois il prévient sur l’euphorisme régnant du moment :

« Les problèmes de la Corse ne sont pas réglés, le peuple corse n’a pas retrouvé ses droits, son identité reste menacée. Nous refusons le mot d’ordre de « paix civile » car seul le colonialisme menace la paix sur notre terre ». Tout en précisant également : « Nous rappelons notre combat contre la droite et les clans : personne n’a combattu le pouvoir de droite plus que nous. Les faits et la répression sont là pour le prouver ».

Le FLNC conclut alors en ces termes : « La balle est dans le camps de l’Etat français et du gouvernement de gauche. Nous jugerons sur ce qu’il fera, et nous agirons en fonction des actes, non des promesses. »



« La nouvelle politique de l’état français s’appelle Statut Particulier »

Dans la nuit du 15 octobre 1981, le Front tient une nouvelle conférence de presse. L’analyse est très critique. Les limites du statut octroyé sont soulignées…

« On présente comme un exceptionnel avantage le droit pour la future assemblée régionale corse de faire directement des propositions de lois devant l’assemblée nationale française, mais cela veut dire en clair que le pouvoir législatif échappe encore et toujours à la Corse et aux Corses… U populu ùn pò accettà per sole legge chè a legge fatta da per ellu è per ellu. »

Il réaffirme donc que : « Aucune solution ne sera jamais viable sans la reconnaissance du peuple corse ».



A trappula

Alors que les nationalistes révolutionnaires publics de a Cunsulta di i Cumitati Naziunalisti dénoncent les premières élections régionales comme une « trappula », le FLNC réitère son approche très négative de la situation. En août 1982, il réaffirme ses propos :

« Nous avons fait notre part de chemin, sans cesse nous avons réitéré les exigences minimales d’un processus de décolonisation véritable, nous attendons toujours ».

Et le Front se fait plus menaçant :

« Désormais nous axerons notre intervention sur différents objectifs afin que des solutions rapides et concrètes soient apportées dans un certain nombre de secteurs vitaux pour l’avenir de notre peuple ».



« Il n’y aura jamais en Corse qu’une seule communauté de droit : le peuple corse »

Après sa rupture de la trêve, le Front dans un communiqué remis à U Ribombu de décembre 1982, rappelle la dimension du problème national corse, et en s’adressant aux partis français de gauche il précise :

« Que la violence politique actuelle face au pouvoir de gauche n’est pas moins légitime que la précédente contre le pouvoir de droite et que les patriotes d’aujourd’- hui ne le sont pas moins que ceux dont la conjoncture politique et la mobilisation populaire ont arraché la libération ».

Il délivre un message identique à l’Etat français : « Pour l’avoir vécu de façon douloureuse dans son passé proche qu’on n’arrête pas l’aspiration d’un peuple à retrouver sa liberté et sa souveraineté nationale ».



L’affaire Schoch

La criminalisation du mouvement national est mise en branle. Des signes annonciateurs mettent en évidence le risque de graves dérives. L’affaire du coiffeur « Schoch » en est révélatrice. Le FLNC prend ses distances par rapport aux personnes arrêtées et manipulées. On parle déjà du commissaire Broussard…

« Ramener notre lutte à quelques faits divers est grave politiquement. Dans toute lutte, partout dans le monde de tels faits se produisent et cela logiquement en rapport à toute situation troublée ».



L’enlèvement de Guidu Orsoni

Le 17 juin, Guidu Orsoni, militant nationaliste, est enlevé. Son corps ne sera jamais retrouvé… La Cunsulta di i Cumitati Naziunalisti accuse l’Etat français d’assassinat. Le FLNC revendique l’appartenance de ce militant à son organisation et accuse François Mitterrand d’avoir laissé faire :

« Mitterrand par son refus d’appréhender la réalité coloniale de notre pays en redorant le blason de la classe politique claniste traditionnelle (droite gauche confondue) qui se trouve unie contre les nationalistes lorsqu’il s’agit de défendre son intérêt particulier (que l’Etat français préserve).

L’Etat français en refusant de voir la réalité nationale corse et en faisant croire à la marginalisation du mouvement de libération nationale (criminalisé, divisé, infiltré, discrédité) est directement responsable de l’assassinat de Guy Orsoni. »



Stefanu Cardi

Les attentats se multiplient. La Corse Française et Républicaine entre en scène, instrumentalisée pour faire face à la poussée nationaliste. Dans ce contexte très tendu, le 10 janvier 1984, un militant nationaliste meurt en posant une charge : Stefanu Cardi devient le nouveau martyr de la cause corse. Ils sont plusieurs milliers à l’accompagner à Sarrera lors de son enterrement. Le Front est également présent.

Dans son communiqué, il précise : « l’hommage rendu à notre frère CARDI par les 6000 à 7000 personnes réunies aux obsèques est à la dimension de son engagement politique et de notre combat. Et ceci malgré l’intimidation policière et la présence massive d’uniformes en armes et gilets pare-balles le jour même que ce soit à Ajaccio qu’à Sarriera, ou même cimetière et église étaient ceinturés de mousquetons. »



L’action sur la prison d’Aiacciu

Le 8 juin 1984, un commando investit la prison d’Aiacciu exécutant Jean Marc Leccia et Salvatore Contini, deux auteurs présumés de l’enlèvement et de l’assassinat de Guidu Orsoni. La police réussit à encercler la prison, des militants sont arrêtés….

Dans un communiqué authentifiant l’action, le Front précise que cette dernière « entre dans le cadre des représailles nécessaires après l’assassinat politique de notre militant Guidu Orsoni. Bien que réaffirmant notre volonté d’une solution politique, nous ne saurions admettre que l’on puisse impunément s’attaquer à nos militants ».



Un C.R.S abattu…

Les manifestations succèdent aux manifestations. Avec toujours autant de monde mobilisé. Les actions politico-militaires aussi. Durant la nuit du 1er au 2 décembre après la manifestation populaire organisée par le M.C.A., la C.G.N.C., le S.T.C, le S.C.I. et A Riscossa, le FLNC frappe de nouveau. Un C.R.S. est abattu à Bastia. Dans son communiqué revendicatif, le Front rappelle son sens des responsabilités :

« Aucun chantage, aucune intimidation, aucune répression, n’infléchira notre combat. Mais nous ne sommes pas des jusqu’aux boutistes, nous sommes des gens responsables. Nous réaffirmons avec force que nous sommes pour un progressif règlement du problème corse. »



Les amalgames

En 1985, dans U ribombu du vendredi 15 fevrier, un communiqué du FLNC clarifie une accusation de portée internationale. Une réunion avec le groupe « Action Directe » est mise en avant par les médias français. Le Front récuse : « Nous démentons toute participation à une réunion au pays basque avec Action Directe. Nous refusons l’amalgame entre le terrorisme international et la résistance de notre peuple face au colonialisme français.

Contrairement au terrorisme, notre lutte a ses racines et repose sur la volonté de notre peuple à retrouver tous ses droits sur sa terre ».



« Imposer une solution politique »

En juin 1985, le FLNC rappelle au pouvoir en place sa volonté de participer à un règlement politique. Dans son communiqué cette importance est soulignée :

« Il n’y a qu’une issue au problème corse : elle est politique ! Les solutions purement institutionnelles ne sont que des apparences de règlement. Elles ont toutes échoué et échoueront toutes (y compris l’autonomie interne ou l’indépendance) dès l’instant où la défense de l’intérêt collectif corse ne constitue pas l’objectif d’une nouvelle politique économique, sociale et culturelle). C’est pourquoi nous réaffirmons l’urgence de l’instauration d’un processus de décolonisation passant par le préalable de la reconnaissance de notre peuple historique comme seule communauté de droit sur sa terre. »



106 attentats !!!

Dans le rapport de force constant et quotidien, le FLNC démontre certes son enracinement mais surtout ses capacités démultipliées à frapper qui il veut, quand il veut, où il veut… Un exemple parmi tant d’autres : la nuit « bleue » du 20 au 21 mars 1987 où plus de 106 attentats sont commis ! Dans son communiqué le Front précise :

« Ces actions sont une réponse aux chefs de clans qui ont basé leur campagne électorale sur l’appel à la répression anti-nationaliste. Elles signifient aussi que le problème corse ne sera pas réglé par l’assemblée de Corse à l’occasion d’une élection de plus, mais par la prise en compte par l’Etat français d’une véritable solution politique dont les bases seraient la reconnaissance des droits nationaux du peuple corse et un véritable processus de décolonisation dans les domaines politique, économique, social et culturel. »



À nouveau un gendarme abattu…

La dissolution du M.C.A., suivie de celle de A Riscossa, la multiplication des arrestations et des déportations, la venue provocatrice de Charles Pasqua suivie de graves affrontements, l’assassinat du docteur Lafay, l’affichage public de militants recherchés alourdissent le climat répressif le poussant à son paroxysme….Le 4 août à Lucciana, un fourgon de la gendarmerie est mitraillé. Bilan : un mort, trois blessés… le FLNC revendique :

« Aujourd’hui notre organisation a riposté à la surenchère répressive irresponsable imposée par l’état français depuis plusieurs mois. La répression ne résoudra jamais rien. Une nouvelle fois nous réaffirmons que le problème national corse est fondamentalement politique ».



Nouvel appel à une solution politique

Malgré la dureté de la répression, le Front réaffirme son attachement à une solution politique. Dans la nuit du 16 au 17 octobre 1987, le Front situe les enjeux :

« Nous sommes présents partout, à tous les échelons, sur tous les terrains, au grand désespoir de l’appareil répressif qui ne comprend pas comment nous sommes si bien informés. Nous sommes enracinés dans ce peuple dont nous sommes une réalité incontournable et le moteur essentiel de sa lutte ». Et de rappeler son attachement à une solution politique.



Ghjuvan Battista Acquaviva

Le 16 novembre, lors d’une opération militaire contre le colon Roussel, Ghjuvan Battista Acquaviva, jeune militant nationaliste recherché par voie d’affiches est assassiné dans de troubles conditions.

Après Guidu Orsoni et Stefanu Cardi, la lutte du peuple corse a un nouveau martyr. Ils sont plusieurs milliers à l’accompagner au cimetière d’Isula Rossa. Le Front lui rend un hommage :

« Notre militant est mort parce qu’il a tout sacrifié, jusqu’à sa propre existence, pour défendre les intérêts collectifs du peuple corse. La pureté de sa démarche, son désintéressement, son engagement total honorent notre combat et tranchent singulièrement avec la société corrompue que nous imposent le pouvoir colonial et les clans. Rien ne saurait remplacer la vie de notre frère. Mais nous sommes convaincus que son martyr ne sera pas vain. »



Le congrès du FLNC

En février 1988, le FLNC officialise par voie de communiqué son premier congrès. C’est une réponse cinglante au quadrillage policier et militaire de l’île. Ce communiqué précise entre autre :

« Les différents débats et analyses ont permis de préciser les axes stratégiques et tactiques inhérents à l’évolution de notre lutte dans le contexte méditerranéen, européen et mondial. »

Il affirme également que : « D’ores et déjà tous ceux, Corses ou non mais désirant sincèrement oeuvrer à la construction de la Corse de demain, doivent relever la tête face au colonialisme et à ses valets en refusant leur politique irresponsable. Ils se doivent de rejoindre le mouvement de libération nationale en soutenant notre action et celle de toutes les structures de lutte dont s’est doté notre peuple ».



Intensification et propositions

En mars 1988, le FLNC renforce son action militaire, en réponse aux menées policières. L’efficacité de ces dernières malgré les nombreuses arrestations marquent le pas. Le Front continue de frapper les gendarmes…. Toutefois il réitère ses propositions lors d’une nouvelle conférence de presse pour sortir de l’impasse. Ces propositions se veulent concrètes.

Une étape est dite franchie : « D’autre part le nationalisme corse a franchi désormais une étape historique celle de la construction d’une nouvelle société que nous qualifions, dans toute la dimension du terme, de socialiste dans la mesure où nous sommes déterminés à remettre en cause toute forme d’exploitation. Après un stade de dénonciation des années 1970, les années 80 ont été marquées par l’organisation du peuple corse au sein de structures originales de lutte. Nous saluons l’ensemble de ces organisations qui représentent par leur combat quotidien et leur exemplarité, l’alternative au système colonial. Nous savons que l’action militaire est l’arme politique la plus sophistiquée et nous prouvons par notre activité d’ensemble, que nous la maîtrisons, que nous savons la doser et que nos objectifs sont le fruit d’une analyse politique ».



Une suspension

Le 31 mai 1988, une nouvelle conférence de presse a lieu dans la région d’Aiacciu. Elle prend son analyse sur la réélection au pouvoir de François Mitterrand. L’analyse est sans appel, et une suspension des actions est annoncée :

« Cette reprise du pouvoir par le parti socialiste français et ses alliés intervient après une période très dure pour le mouvement nationaliste et le peuple corse, la droite ayant porté à un haut niveau le degré d’affrontement et de répression contre la partie la plus consciente et la plus organisée de notre peuple : le mouvement de libération nationale. Les exploits répressifs de cette droite sont dignes de la barbarie la plus inhumaine (référence : le massacre d’Ouvéa que les nationalistes corses ont ressenti au plus profond d’euxmêmes). Une poursuite de cette politique irresponsable et provocatrice en Corse aurait i m m a n q u a b l e m e n t conduit à de graves impasses et de nombreux drames ».

Un appel est de nouveau lancé, eu égard au changement politique en France, à une solution politique par l’Etat français :

« A lui de faire preuve de volonté et de courage politique pour débloquer la situation. Nous jugerons sur pièces. »



« Nous serons toujours présents pour défendre la Corse et son peuple »

Aux ghjurnati di Corti de 1988, alors que la suspension est maintenue, le Front apparaît sous le chapiteau plein à craquer de près de 3000 personnes pour y faire un discours. Cette apparition publique montre comment le FLNC sait utiliser l’arme médiatique. Un appel est de nouveau lancé :

« En Corse certaines déclarations, certaines propositions sont dignes d’intérêt. Nous n’avons pas le droit de les repousser. Nous n’avons pas non plus à prendre tout pour argent comptant. Nous savons que certaines évolutions sont loin d’être désintéressées et que certains rêvent de marginaliser le FLNC dans la perspective de 1992. Quel que soit le cas de figure, personne ne nie notre force politique. Nous sommes une réalité incontournable, rien dans ce pays ne se fera sans nous ».



« La dérobade de l’Etat »

La trêve des attentats est officiellement maintenue. Des remises en liberté provisoires de patriotes incarcérés sont faites, de plus en plus nombreuses. Mais sous un angle beaucoup plus général, la situation est découpée selon une vision critique. Dans une déclaration à une agence de presse en février 1989, le Front constate :

« Huit mois après le changement de pouvoir en France, François Mitterrand par son silence méprisant sur le problème corse joue toujours la politique de l’autruche. Huit mois après notre initiative de suspendre les opérations militaires, nous constatons que le seul changement du pouvoir est purement tactique. Le dossier corse pèse toujours de tout son poids, un poids que l’on voudrait mort.

L’Etat a malheureusement choisi de préparer la Corse à l’absorption européenne en nous faisant taire d’ici là. Qu’il sache que nous continuerons à parler ».



« Nous ne laisserons pas se poursuivre la spéculation immobilière »

La naissance du conflit social, l’occupation publique et organisée par les contre-pouvoir de ce terrain social, la mise ne place d’une union politique renforcée, les remises en liberté prémisses d’une future amnistie n’empêchent pas le Front de frapper ponctuellement malgré sa trêve.

En novembre 1989, un commando dynamite le complexe immobilier de Lecci di Porti Vechju. Le FLNC revendique :

« Aujourd’hui notre organisation constitue un rempart contre l’accaparement de notre territoire national au profit de cette spéculation internationale. Une spéculation de plus en plus souvent liée aux intérêts maffieux. » Et le FLNC annonce également que, prenant la mesure du nouveau défi lancé à la Corse à la veille de 1992, il présentera « les bases d’un projet de société ».



Le projet de société du FLNC

Le vendredi 29 décembre, aux environs de 20 heures, dans la région d’Aiacciu, le FLNC présentera son projet de société à travers une conférence de presse regroupant plus de 100 hommes en armes. Ce document se veut une contribution au débat. Le Front en donne la trajectoire :

« Fruit d’une réflexion collective, irrigué par les acquis de la stratégie de libération nationale, il doit être enrichi pour permettre la rédaction d’un ouvrage dans le courant de l’année 90. Ouvrage que nous diffuserons à une très large échelle tant en Corse qu’au niveau international.

Néanmoins notre approche globale est tracée. Elle s’inscrit dans le prolongement du choix stratégique de l’autodétermination et donc dans notre volonté de créer les conditions politiques nécessaires à la construction d’une nouvelle société. »



« Eveiller les consciences, briser les chaînes, bâtir la démocratie »

Aux ghjurnati di Corti de l’année 1990, le FLNC crée de nouveau l’évènement par la diffusion d’une vidéo-cassette où 150 militants en armes évoluent pour accompagner un discours qui est résolument tourné vers l’avenir.

Le Front lance déjà les bases du fameux « lieu de synthèse ». Il donne également son appréciation de l’union sur le plan politique : « Les rapprochements futurs ne pourront être construits que sur des convergences de fonds.

Nous sommes donc favorables à ce que cela se traduise, sur le terrain public, par une politique d’union dépassant le cadre traditionnel nationaliste mais ouverte à toutes les forces de progrès.

Cette union doit se construire sur le terrain, à la base et non être le fruit du calcul d’étatsmajors plus soucieux de leurs propres destinées que celle de notre peuple. Nous sommes favorables à ce qu’elle se construise autour d’un projet collectif. »



Une page qui se tourne….

Dés 1989, les premières scissions d’abord internes puis publiques apportent une toute autre donne du mouvement national. La mise en place de l’A.N.C. sera bientôt suivie par celle du M.P.A… A Cuncolta Naziunalista connaît des départs et se restructure. Le F.L.N.C. lui-même n’échappe pas à ces déchirures.

Deux Fronts aux itinéraires différents naîtront de cette situation. Cette dernière prendra dans les années qui suivent des aspects bien funestes avec le paroxysme des affrontements internationalistes.

Il faudra attendre les accords du Fium’orbu et la mise ne place de l’Union des Combattants pour assister à un redéploiement stratégique censé tourner le dos à ces noires années de plombs… Mais ceci est une autre histoire, et cette histoire continue avec un F.L.N.C toujours omni présent…

Ulivieru Sauli

 

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