Le FLNC a fait connaitre sa position actuelle dans un communiqué envoyé à France 3 Corse.
C’est la rédaction de Bastia qui a donné une copie de ce communiqué à notre journal.
Voici l’intégralité du communiqué
du FLNC :
“En continuant de marteler
leur opposition à toute évolution
institutionnelle pour la Corse, les tenants
des principaux partis et formations
de droite et de gauche français
confirment, à l’approche des futures
présidentielles françaises, leur
enracinement à un système inique où,
ni la terre corse, ni la communauté
d’origine qui l’habite n’ont lieu d’être
pris en considération.
Cette forme de pensée unique,
qui n’a rien à envier au discours
négationniste, légitime la dépossession
collective et mercantile
de notre territoire, essayent de
briser la conscience nationale de
notre peuple qui s’est notamment
édifiée sur la défense de sa
terre.
Il n’y a rien à attendre en l’état
actuel - mais pouvait-il en être
autrement - des propos de précampagnes
prononcés ici ou là,
du P.S. à l’U.M.P., du P.C.F. à
l’U.D.F. Tous reprennent à
l’unisson, selon un vocabulaire
stéréotypé que la Corse « ce
sont deux départements au sein
d’une république une et indivisible
»… Tous se démarquent des
précédentes et timides avancées
institutionnelles (1981, 1990,
1999).
Il n’est même plus question de
« dialogue ». La Corse est, à l’instar
du discours « Sarkozy », une question
« d’ordre républicain à faire respecter
», un problème de « police et
de justice »…
Nous l’avions déjà clairement signifié
: en l’absence d’un juste acte
d’Etat, rétablissant le sujet de la
Corse dans ses proportions politiques,
toute projection est vouée à l’impasse
puisque dépendante des atermoiements
électoraux français.
Dans cette conjoncture, concomitamment
à la colonisation de peuplement,
la dépossession collective et
territoriale s’amplifie. Elle consacre
la vision ultra-libérale du gouvernement
français en place, relayée ici par
les P.A.D.D.U.C. de la collectivité
territoriale et les P.L.U. des municipalités,
deux instruments juridiques
chargés de légitimer les décisions
stratégiques concoctées ailleurs.
Ainsi dans cette situation, l’exécutif
de la collectivité territoriale détient
une lourde responsabilité.
Et ce n’est pas l’agitation du
HOCHET - l’agence foncière - qui
modifiera, ni amoindrira cette vision.
Bien au contraire.
Car l’agence foncière, en l’absence
de tout support référentiel et régulateur,
ne permette pas que les Corses
puissent prioritairement bénéficier de
la possibilité d’acquérir des terres et
des maisons. A l’inverse elle accompagnera
ces convoitises extérieures et
fortunées, qui étaleront dès lors leurs
richesses des criques de nos rivages
aux bâtisses anciennes de nos villages
de l’intérieur. Dans ce cas, cette
agence foncière participe à briser la
stabilité de notre communauté.
Dans nos précédents communiqués,
nous mettions en garde certains notaires
et agents immobiliers. Forts de
cette analyse, nous avons symboliquement
visé l’étude de Maître SPADONI.
Il s’agissait par cette action de
dénoncer la récupération et le
détournement d’un appareil professionnel
et juridique en tacite
collaboration avec un véreux
marchand de biens basé à Lilles
(déjà condamné et détenu pour
escroqueries) que nous avons
clairement identifié dans deux
opérations immobilières de
dépossession : Hôtel Calanques,
Hôtel Cinarca.
La libre circulation des biens et
des personnes, la libre entreprise,
en l’absence de tout encadrement
législatif approprié, permettent
la DISPARITION
PROGRAMMEE DU PEUPLE
CORSE.
Tout développement économique,
endogène et durable, ne
pourra se concevoir que s’il
s’appuie malgré les règles internationales
du marché, sur un dispositif
englobant comme acteur
le PEUPLE CORSE RECONNU.
L’un des éléments de la sortie de
crise, et de toute avancée politique
significative, est la RECONNAISSANCE
DU PEUPLE CORSE et de
tous ses droits, particulièrement celui
de CHOISIR LIBREMENT SON
DESTIN.
C’est dans cette situation figée que
s’entendent ici et là des appels organisés
à la paix. Ces appels témoignent
de la dimension politique du problème
corse et surtout démontrent
l’échec des logiques policières et judiciaires d’exception. Nous en prenons
acte.
Nous rappelons que, à notre niveau,
nous avons déjà consenti unilatéralement
des gestes significatifs et que la
répression a été LA SEULE
REPONSE de l’actuel gouvernement
français en place.
La sortie de crise nécessite une
méthode spécifique où tous les
tenants du conflit, et toutes les forces
soucieuses d’y participer, puissent se
confronter pour enganger une dynamique
à cet égard.
Mais aujourd’hui face aux enjeux,
l’heure demeure à L’UNITE STRATEGIQUE
ETA LA RESISTANCE.
La détermination de ces enjeux
implique que le Mouvement National
UNI, à tous les niveaux, à chaque
opportunité, S’OPPOSE ET
RESISTE CONTRE LE PARTI DE
L’ANTI CORSE.
Les rapports de forces sont la seule
réponse appropriée au colonialisme
français, ses valets et ses sicaires.
Pour notre part, nous serons présents
durant cette campagne présidentielle
française pour rappeler que
« ISSA TERRA HÈ NOSTRA È
NISUNU CI PÒ PRATENDE !!! »
À POPULU FATTU BISOGNU À
MARCHJÀ”
Par ailleurs, le FLNC a revendiqué
les actions suivantes dans son communiqué
:
“Nous dédions toutes ces
opérations à la mémoire de tous nos
martyrs, particulièrement pour ce
mois de novembre à GHJUVAN
BATTISTA ACQUAVIVA et EMILIU
CORTICHIATO.
ACTION CONTRE ETAT FRANÇAIS
: Trésorerie (ISULA ROSSA).
ACTION CONTRE LA REPRESSION
POLITIQUE : véhicule gendarmerie
(garage Renault, AIACCIU)
; Camion C.R.S. (quartier
Finusellu, AIACCIU).
ACTION CONTRE DEPOSSESSION
: Agence Crédit Lyonnais
(PORTI VECHJU)
Agence B.P.P.C. (PRUPIÀ) ;
Agence Caisse Epargne (PRUPIÀ) ;
Agence Crédit Lyonnais
(AIACCIU) ; Agence PARIBAS
(MEZAVIA).
ACTION CONTRE LE TRAFIC
DE DROGUE : Bar Billard
Académie (AIACCIU).
ACTION CONTRE COLONISATION
DE PEUPLEMENT : Villa
presqu’île de Pinarellu (SANTA
LUCIA DI PORTI VECHJU) ; Hôtel
Arena Bianca (PRUPIÀ) ; Camps de
vacances Société Générale
(ULMETU) ; Villa Jaillet (VIGGIANELLU)
; Villa De Perignon
(SERRA DI FARRU) ; Villa
« Résidence les couchants » (opération
commando, PURTICHJU) ; Villa
Marina de Davia (CURBARA) ;
Villa (PIANNOTULI) ; Villa et bungalow
Weismuller (PORTI
VECHJU) ; Villa Capu di Ficu
(BUNIFAZIU) ; Villa Legros (VIGGIANELLU).
Nous présentons nos excuses aux
familles concernées par notre action
sur la villa lieu dit « Verde » à Coti
Chjavari. Les informations fournies à
notre commando étaient erronées”.
Ghjuvanni Deziu