Aujourd'hui, la Corse est sous tutelle française mais son
sentiment national demeure entier et résolument tourné
vers l'avenir. Au moment où au niveau mondial, les droits
de l'homme et l'organisation des Nations Unies stipulent
que les peuples autochtones ont droit à l'autodétermination.
Au moment où l'Europe s'engage dans la résolution
des conflits nationaux et garantit en son sein l'émergence
de nouveaux états indépendants, la France continue
de nier à la Corse la possibilité de choisir librement
son destin et ceux au nom de sa constitution autant anachronique
que
discriminatoire et cela selon sa tradition coloniale.
La Corse n'est pas la France.
Nous rappelons aujourd'hui, avec fierté et objective raison
d'être, les propos de nos frères de lutte en 1978
devant un tribunal français d'exception. Ils situent clairement
les enjeux actuels : Nous proclamons à la face du
monde et devant vous les magistrats de l'Etat Français
que nous ne sommes français, ni par la géographie, ni
par la langue, ni par la culture, ni par les moeurs, ni par
la communauté spirituelle, ni par les intérêts communs,
tant économiques que stratégiques et surtout pas, par
l'histoire.
Nous sommes une Nation dans le droit sens du terme.
Nous ne sommes pas une minorité nationale anachronique
dans un Etat unifié mais un pays occupé dont
l'organisation étatique souveraine a été détruite par vos
armées.
La Corse aujourd'hui
Au cours des 30 dernières années, la Corse a connu différents
octrois institutionnels dont celui du 13 mai 1991
qui instaure la CTC et la loi du 22 janvier 2002 qui y
apporte quelques modifications. Le 6 juillet 2003, un
référendum rejette le projet de suppression des deux
départements et l'institution d'une collectivité territoriale
unique. En 1981 et 1990 deux amnisties sont décrétées
permettant la libération de centainee de patriotes,
pour autant la situation dans sa globalité reste bloquée.
Le Clan historique courroie de transmission de la France
en Corse continue de régenter l'île bien au dessus des
connotations droite et gauche. Il représente et défend
les intérêts français notamment sur le plan idéologique
et aussi financier et économique. Il constitue aujourd'hui
l'un des principaux obstacles à toute évolution, il a la
maîtrise de cette Collectivité Territoriale, il refuse d'utiliser
l'expérimentation législative et nombre de ses
compétences.
La littoralisation de l'économie, c'est à dire la concentration
des établissements humains et de l'économie sur les
côtes, accentue dans le cadre des rapports marchands et
spéculatifs la mise en place d'une activité résidentielle
qui pose avec acuité la question de la dépossession accélérée.
Concomitamment, la croissance des arrivées massives de
non Corses et la minorisation sur son propre territoire de
la communauté Corse originelle traduit une colonisation
de peuplement effrénée.
La réalité du marché actuel, la libre circulation des biens
et des personnes, la libre entreprise selon les critères
libéraux perpétue ce système de dépossession collective.
Le PADDUC s'inscrit dans cette orientation politique et
économique.
L'absence d'un véritable dispositif juridique resituant le
peuple Corse comme seule communauté de droit sur sa
terre est à la base du problème tel qu'il se pose depuis
plusieurs décennies. Confronté sur son propre territoire
à la constitution de groupes humains d'origines diverses,
c'est-à-dire à un dangereux communautarisme, le peuple
Corse est aujourd'hui en voie de libanisation et en l'état
dans l'incapacité de générer une communauté de destin.
La France perpétue en Corse un insidieux génocide par
substitution.
La langue comme la culture disparaissent dans leur usage
quotidien, de leur naturel cadre communautaire social et
civil.
L'urgence d'un acte politique conséquent
Dans notre dernière communication nous rappelions au
nouveau gouvernement français qu'il a le choix entre
deux options :
La première est d'ordre répressif, policier et judiciaire,
et est inexorablement vouée à l'échec. Depuis plus de
deux siècles personne n'est venue à bout de la résistance
Corse.
La seconde s'appuie sur la prospection d'un dialogue s'appuyant
sur la détermination de rapport antagoniste entre
la France et la Corse et la mise en place d'une nouvelle
politique de sortie de crise.
Les prises de positions affichées par les élus des 4 circonscriptions,
issues d'un découpage électoraliste français,
pour discuter sur le sujet du rapprochement des prisonniers
politiques ne peuvent toutefois s'insérer dans
cette seconde probabilité.
La question des prisonniers politiques s'insère dans un
plan global de résolution avec l'Etat français, comme l'un
des acteurs de ce plan, ou bien il ne s'agit ici que d'un
humanisme calculé sans portée réelle sur le fond du problème
et faisant ici des prisonniers politiques une monnaie
d'échange conjoncturelle.
Les prisonniers politiques ne sont certes pas un préalable
mais leur sujet doit découler d'une vision globale de
négociations politiques.
De réelles négociations politiques pour une sortie de
crise
Si notre projection de la Lutte de Libération Nationale
trouve pour naturel aboutissement la création d'un Etat
Corse indépendant. Notre principal souci est d'identifier
les étapes pour y parvenir avec surtout la mise en place
d'une toute autre configuration politique qui puisse enfin
mettre un terme aux conditions de situations
conflictuelles.
Nous tenons clairement à réaffirmer notre principe
d'apaisement réel qui passe par des négociations politiques
pour une sortie de crise. Trois acteurs essentiels
sont définis pour garantir l'évolution et la concrétisation
de ce processus.
L'Etat Français, le mouvement patriotique et plus particulièrement
le mouvement de libération nationale, la
société corse avec toutes ces composantes qu'elles soient
politiques, économiques, syndicales, culturelles ou associatives.
Propositions de pistes
A l'Etat français, nous réitérons les points suivants :
- La prise en considération du fait national Corse par un
acte d'état garantissant de fait une politique d'évolution
et d'évaluation incompatible avec les aternoiements
électoraux français.
- La réparation et la restitution de tous les biens
collectifs identifiés appartenant originellement au
peuple Corse. Biens territoriaux, économiques,
culturels, intellectuels et spirituels.
- La reconnaissance politique du peuple Corse comme
seule communauté de droit.
- Le traitement global de la question des Prisonniers
Politiques
A tous les acteurs de la société Corse nous proposons
les axes suivants :
- La citoyenneté Corse
- La maîtrise et le développement du foncier
- La détermination des secteurs productifs avec
évaluation du marché
- L'aménagement, la protection et la valorisation du
territoire,
- Le respect l'entretien la protection et la valorisation de
l'environnement et du patrimoine
- L'évolution institutionnelle et statutaire avec
détermination de toutes les compétences
- La Corsisation réelle de tous les emplois et l'incitation
à l'embauche
- La réduction du taux de chômage
- Le combat contre la précarité et l'augmentation du
pouvoir d'achat
- Les droits sociaux et la protection sociale
- La détermination des biens communs et productifs
- L'accès à la propriété et à la libre entreprise
- Le code des investissements
- Le statut fiscal
- La maîtrise des transports
- La maîtrise de l'énergie
Ces axes ont pour vocation le dessin d'un projet collectif
de développement novateur, courageux et réfléchi et qui
tourne le dos à la dépendance et l'assujettissement. Au
mouvement national, nous disons notre attachement
sans faille aux principes et à la construction de l'unité stratégique. C'est donc avec intérêt que nous observons
et nous soutenons la mise en place d'un axe de lutte de
libération nationale et indépendantiste.
Les accords historiques de la réconciliation nationale du
Fium'Orbu ont édicté des considérants qui sont selon
nous intangibles. Ils nous permettent de ne plus réitérer
les mécanismes meurtriers qui ont ensanglanté et
détourné notre lutte et de rester vigilants. Ces accords
accompagnent cette recomposition stratégique des courants
essentiels du mouvement national. Les différentes
politiques ne constituent pas un écueil. Elles sont surtout
la démonstration de la vitalité et de la richesse des idées
émises par le mouvement national. Nul ne peut en revendiquer
ni l'hégémonie intellectuelle, ni l'uniformisation
structurelle, nul ne peut en accepter, ni la dilution, ni le
détournement au profit d'une logique d'une troisième
voie. C'est l'intérêt de la nation qui suppose une présence
de combat de construction, de résistance chaque fois
que l'intérêt le commande et que la nation est menacée.
Le sens éthique de notre choix
A tous les détracteurs, où qu'ils se situent : que l'usage
des moyens qui sont les nôtres répondent à un choix militant
et éthique, réfléchi, pesé, et mesuré.
Nous sommes l'une des productions organisées de cette
lutte avec ses devoirs, droits et exigences.
Nous ne pouvons en aucune façon être amalgamés à d'autres
qualificatifs propagés par l'Etat français et ses relais
locaux n'ayant aucun rapport avec la dimension morale
de la Lutte de Libération Nationale.
Nous sommes des militants nationaux qui n'aspirent qu'au
choix de la liberté et de l'émancipation nationale.
Notre combat se situe à l'opposé d'une quelconque
réformette sans avenir, nous sommes des résistants à
l'ordre établi et nos moyens sont bien humbles au regard
de ce que possède l'Etat Français, sa police, son armée,
sa justice.
Notre détermination est intacte, comprise et saluée par
les forces vives de notre peuple.
Nous saluons toutes les délégations internationales
présentes cette année à Corti.
Leur lutte est nôtre !
Nous saluons tous nos frères emprisonnés. Nous partageons
vos peines et vos souffrances avec la certitude que
votre sacrifice commun n'est pas vain.
Prestu spunterà l'alba di a libertà
Nous lançons un appel à la jeunesse Corse en proie à la
francisation outrancière, aux artifices de la drogue, à
l'impasse de la délinquance et à la désillusion de l'exil,
ayant pour seule alternative que sa prise de conscience
dans le cadre de la résistance incarnée par le mouvement
de libération nationale. Sa place est entière au sein
de notre structure.
Nous le disons clairement aujourd'hui face à un constat
de disparition programmée de notre Nation.
Chaque Corse doit rejoindre les structures de la Lutte
de Libération Nationale.
Chaque Corse doit être un militant du Front de
Libération Nationale de la Corse Union des
Combattants.
EVVIVA A LOTTA DI
LIBERAZIONE
NAZIUNALE
EVVIVA U FRONTE
À POPULU FATTU
BISOGNU À MARCHJÀ