U Ribombu Internaziunale : Pierre
Casanova, avec qui tu es parent, a été
condamné en juin dernier à 10 ans
de prison. Ses avocats ont-il déposé
des dossiers de demande de rapprochement
à Borgu, et si oui ou en est
la procédure ?
Henri Palazzo : Oui, les avocats de Pierre
ont déposé dès le début du mois de
juillet une demande de rapprochement
au centre de détention de Borgu.
Pour le moment l'affaire est en cours,
mais à vrai dire nous n'avons depuis 4
mois aucune nouvelle. La seule information,
c'est que Pierre a reçu la visite
de la directrice de la Santé qui lui a dit
qu'il serait rapproché avant noël, sans
préciser toutefois si c'était en Corse ou
ailleurs en France.
U.R.I : Malgré les bonnes paroles, de
l'Etat et des représentants de la justice,
pense-tu qu'il y a vraiment une
réelle volonté de rapprocher les
condamnés à Borgu ?
H.P : Je reste septique quant à la réelle
volonté de l'Etat de rapprocher les
prisonniers politiques à Borgu, car il
n'y a eu jusqu'à présent rien de significatif.
Très souvent les rapprochements
consistent à déplacer les prisonniers
du nord au sud de la France
: Non pas à Nice ou Marseille mais
vers Moulin, Lannemezan, St Maur.
La difficulté pour s'y rendre (trains,
bus) fait que la distance et les coûts
sont multipliés par rapport à Paris.
Autrement, on transfère à Borgu, pour
quelques semaines, des prisonniers
en fin de peine ou déjà conditionnables
! En septembre 2007, nous
avons même entendu Rachida Dati
dire qu'il n'y avait pas, malgré l'offre,
de demandes de rapprochements…
Au-delà des promesses gouvernementales
ou présidentielles, on
s'aperçoit que l'Etat continue de violer
le droit et ses propres lois, en
matière de rapprochement mais aussi
en ce qui concerne les délais de
préventive ou d'audiencement. On
a l'impression que les prisonniers
restent encore une monnaie
d'échange dans le cadre d'un rapport
de force entre Paris et le
Mouvement National.
U.R.I : En cas de non satisfaction de
vos légitimes demandes, prévues par
la loi, envisages tu de saisir, en France
ou à Bruxelles, des organismes de
défense des droits de l'homme ?
H.P : Oui on peut tout imaginer, même
si l'on sait que les recours, notamment
à l'échelle européenne, sont longs et
coûteux. Très souvent, par le passé, la
France a été condamnée ou mise à
l'index par des institutions et organismes
européens. Mais par la suite, cela
n'a pas fait ou peu évoluer les choses.
La France se retranche derrière la
contrainte et la nécessité des lois antiterroristes,
et de fait, elle a une solidarité
de la part des autres Etats, qui ont
des législations identiques. Mais dans
tous les cas se sont des démarches à
ne pas abandonner, bien au contraire.