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Articulu di u numaru 38, Nuvembre di u 2008


Interview d'Henri Palazzo



U Ribombu Internaziunale : Pierre Casanova, avec qui tu es parent, a été condamné en juin dernier à 10 ans de prison. Ses avocats ont-il déposé des dossiers de demande de rapprochement à Borgu, et si oui ou en est la procédure ?

Henri Palazzo :
Oui, les avocats de Pierre ont déposé dès le début du mois de juillet une demande de rapprochement au centre de détention de Borgu. Pour le moment l'affaire est en cours, mais à vrai dire nous n'avons depuis 4 mois aucune nouvelle. La seule information, c'est que Pierre a reçu la visite de la directrice de la Santé qui lui a dit qu'il serait rapproché avant noël, sans préciser toutefois si c'était en Corse ou ailleurs en France.


U.R.I : Malgré les bonnes paroles, de l'Etat et des représentants de la justice, pense-tu qu'il y a vraiment une réelle volonté de rapprocher les condamnés à Borgu ?

H.P :
Je reste septique quant à la réelle volonté de l'Etat de rapprocher les prisonniers politiques à Borgu, car il n'y a eu jusqu'à présent rien de significatif. Très souvent les rapprochements consistent à déplacer les prisonniers du nord au sud de la France : Non pas à Nice ou Marseille mais vers Moulin, Lannemezan, St Maur.

La difficulté pour s'y rendre (trains, bus) fait que la distance et les coûts sont multipliés par rapport à Paris. Autrement, on transfère à Borgu, pour quelques semaines, des prisonniers en fin de peine ou déjà conditionnables ! En septembre 2007, nous avons même entendu Rachida Dati dire qu'il n'y avait pas, malgré l'offre, de demandes de rapprochements… Au-delà des promesses gouvernementales ou présidentielles, on s'aperçoit que l'Etat continue de violer le droit et ses propres lois, en matière de rapprochement mais aussi en ce qui concerne les délais de préventive ou d'audiencement. On a l'impression que les prisonniers restent encore une monnaie d'échange dans le cadre d'un rapport de force entre Paris et le Mouvement National.


U.R.I : En cas de non satisfaction de vos légitimes demandes, prévues par la loi, envisages tu de saisir, en France ou à Bruxelles, des organismes de défense des droits de l'homme ?

H.P :
Oui on peut tout imaginer, même si l'on sait que les recours, notamment à l'échelle européenne, sont longs et coûteux. Très souvent, par le passé, la France a été condamnée ou mise à l'index par des institutions et organismes européens. Mais par la suite, cela n'a pas fait ou peu évoluer les choses.

La France se retranche derrière la contrainte et la nécessité des lois antiterroristes, et de fait, elle a une solidarité de la part des autres Etats, qui ont des législations identiques. Mais dans tous les cas se sont des démarches à ne pas abandonner, bien au contraire.

 

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© U Ribombu Internaziunale — 2008