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Articulu di u numaru 34, Lugliu di u 2008


L’illusion réformiste a vécu



La question nationale corse est posée; c'est notre principale réussite, acquise face à l'un des états les plus cadenassés du monde. Mais ces avancées sont cependant insuffisantes pour garantir la survie même du peuple corse, qui est aujourd'hui en jeu.

Les Corses vivent actuellement dans une société sans perspective et sans espoir. Notre ambition fondamentale est :

Sortir du système de dépendance archaïque où nous nous trouvons depuis trop longtemps, pour faire entrer la Corse dans la modernité.

Renouer nos connexions naturelles avec la Méditerranée dont nous isolent les réseaux actuels.

Sauver notre peuple du désastre économique, social, culturel et écologique où le mènent les projets du tout-tourisme et de « l'économie résidentielle » qui sont d'ores et déjà dans les cartons de décideurs incapables d'imaginer pour notre terre autre chose qu'un grand marché de consommation.

Stopper rapidement une spéculation foncière qui ruine et marginalise les Corses en faisant croître dramatiquement le coût de la vie ;

Donner l'égalité des chances pour l'emploi aux gens de ce pays ; De donner enfin à la Corse des infrastructures dignes d'un pays civilisé.


le Mouvement National

A l'évidence les Corses attendent aujourd'hui du Mouvement National qu'il apporte une réponse aux besoins réels et immédiats du pays et qu'il pèse pour obtenir une indispensable avancée institutionnelle. C'est pourquoi, après un large débat au sein des organisations patriotiques, un grand nombre de femmes et d'hommes ont manifesté leur volonté de refonder le Mouvement National. Ils n'entendent pas pour autant caporaliser le débat, qui doit nécessairement s'instaurer dans l'ensemble du mouvement national et dans le peuple corse. Ce processus doit permettre de définir de manière très concrète, au-delà des approches dogmatiques et des slogans de circonstance, le contenu des étapes qui nous conduiront à l'indépendance nationale. Car il s'agit bien pour nous tous de reconstruire les fondations du mouvement de libération nationale, afin de donner à notre pays l'outil qui lui est plus que jamais indispensable et que l'état français s'est évertué à vouloir détruire. Les patriotes doivent, et c'est plus qu'une une évidence stratégique, unir leurs forces dans un espace convergent vers le seul progrès que puisse connaître notre peuple, celui de la maîtrise des rouages de son devenir économique, social et culturel, afin de se réaliser pleinement dans son émancipation, et trouver sa place dans une Europe qui, désormais, admet, voire facilite de plus en plus, l'accession à la souveraineté des peuples et des nations dites minoritaires. Seule capable de garantir un sursaut salvateur pour notre peuple, la refondation du mouvement de libération nationale ne doit pas et ne peut pas être une simple reproduction du fonctionnement actuel. Elle doit être le socle, reconstruit sur des fondements épurés de nos erreurs communes, sur lequel toutes les énergies, toute l'intelligence, toutes les compétences doivent travailler ensemble, dans une confiance établie pour tracer, étape par étape, la route qui rendra à notre peuple l'honneur qui lui fut retiré par la force, celui d'être libre. Cette ambition, n'en doutons pas, ne peut se réaliser sans peine. Elle exige l'effort de tous et l'adhésion la plus large à la Lutte Nationale. Dans cette optique, l'accession aux responsabilités politiques se fera sur des bases claires : conçue comme un précieux moyen et non une fin en soi, elle permettra d'ancrer notre démarche, ouvrant ainsi la voie à l'exercice d'une souveraineté pleine et entière pour le peuple corse sur la terre de corse.


Terre, langue, justice… Le statu quo

Si d'aucuns pouvaient croire à la volonté de dialogue des autorités politiques françaises, ils en seront pour leurs frais. Face aux problèmes récurrents que pose la revendication nationale corse, l'Etat français à fait le choix de la surdité, du mépris et du mensonge. Ceci n'est pas nouveau. Un Etat d'essence jacobine ne peut exercer la gouvernance que par l'autoritarisme.

Sarkozy n'a rien inventé. Les pouvoirs en place ont une apparence, ce qui peut donner au peuple l'illusion de participer au jeu démocratique. Mais au-delà de cette apparence, il y a une réalité intangible que seul le rapport de force peut modifier. L'actualité récente qui concerne les problèmes de la terre, de la langue ou des prisonniers politiques vient cruellement de nous le rappeler. Encore faut-il, pour que le rapport de force s'inverse en faveur de la nation corse, que, que la revendication soit clairement exprimée et le concept rigoureusement définit. Or ce n'est pas toujours le cas.


Le rassemblement de Balistra

Le mouvement national s'est toujours prononcé en faveur de la loi littoral, a défaut de pouvoir s'appuyer sur une législation plus conforme aux intéréts du peuple corse. C'est donc tout naturellement qu'il a rejoint le collectif d'associations de défense de l'environnement.

Ses militants ont payé suffisamment cher le prix de leur engagement pour la défense de la terre corse, pour prétendre y avoir toute sa place. Mais après ce rassemblement nombre de militants présents à Balistra se sont interrogés sur l'opportunité de participer a de telles manifestations.Pour une raison évidente. Le problème de la terre corse n'est pas un problème environnemental.

Il est de savoir si cette terre appartient au peuple corse, oui ou non.Ici la recherche consensuelle ne peut se faire qu'au détriment de nos revendications fondamentales, à l'heure précisément où ces dernières doivent étre fortement réaffirmées. Car, ne nous cachons pas les choses. Dans l'extrème sud particulièrement, dans cette région livrée aux spéculateurs, aux lobbies financiers, au tout tourisme, le peuple corse est en voie de disparition.


La charte des langues minoritaires

Il en va de même de la langue de ce peuple, interdite d'espace social. Si le pragmatisme commande d'arracher toute mesure susceptible de permettre sa sauvegarde, cela ne doit pas nous autoriser à faire l'économie d'une analyse en rupture avec les clichés véhiculés par la pensée officielle de l'Etat dominant. Car la langue corse n'est pas une langue régionale de la république française, pas plus qu'elle n'a vocation a enrichir son patrimoine culturel. Si d'un point de vue strictement linguistique, elle est considérée comme un dialecte de la Romania, la langue corse est aujourd'hui revendiquée comme langue nationale, ce qui d'ailleurs n'a pas toujours été le cas dans l'histoire, et c'est à ce titre que nous devons faire valoir ses droits imprescriptibles et à ce titre seulement. Car après avoir suivis les débats a l'assemblée nationale française sur la charte des langues minoritaires, où les députés de la Corse par leur dialectique laborieuse ne se sont guère distingués de leurs collègues, il n'est pas grandchose à attendre d'une société française arc-boutée sur son jacobinisme et qui doit encore caresser des rèves de conquétes. A ce propos, il faut souligner ici, la prestation d'Angelo Rinaldi, qui dans une interview accordée a Corse-matin, a su en quelques mots exprimer tout ce que la pensée pouvait parfois avoir de nauséabond. Une pensée qui affirme la hiérarchie des cultures et dont on sait ce qu'elle a coùté de drames a l'humanité. Mais n'en soyons pas surpris, l'individu est coutumier du fait et d'ailleurs la seule évocation de la Corse permet de dire tout et n'importe quoi en toute impunité. On le voit bien, a travers la problématique de la terre et de la langue, l'Etat français n'entend apporter aucune réponse aux revendications si timides soient-elles formulées par les corses. Il n'a que mépris pour ce peuple et que ce soit pour la loi littoral ou le rapprochement des prisonniers, son administration ne craint pas de bafouer ses propres lois. La situation de blocage politique n'a jamais été telle. Elle ne pourra se dénouer que si le mouvement national est capable de se rassembler autour du concept d'indépendance et imposer ainsi un autre rapport de force . Car l'illusion réformiste, elle, a vécu.

Dumenicu Tognotti

 

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