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Articulu di u numaru 23, marzu di u 2007


L’impasse



Dans sa projection présidentielle, le candidat de l’U.M.P. a énoncé très clairement ce qu’il proposait pour la Corse. Dans son premier discours de pré-campagne, il n’a pas hésité à parler de « lâches et de cagoulards », référents programmatiques qui en disent long sur sa vision… En attendant son éventuelle élection, celui qui est actuellement et toujours ministre de l’intérieur nous assène un quotidien de surveillances, de pressions et d’arrestations… Un « sarkozysme » de tous les jours pour reprendre les termes de Francescu Alfonsi (Arritti n°2025) qui n’a rien à envier au « maccarthysme »…


Des balises et des caméras

Le 22 janvier dernier, Unioni Naziunali dénonçait lors d’une conférence de presse tenue à la Collectivité Territoriale de Corse les récentes « trouvailles » de militants et sympathisants nationalistes : des balises, des émetteurs récepteurs et des caméras, preuve s’il en est, de l’utilisation accrue de moyens électroniques et informatisés en vue de surveiller étroitement un certain nombre de personnes engagées politiquement et considérées – selon quels critères ? – comme « dangereuses » par les forces de police et de justice.

L’exception est ici la règle, et l’arbitraire support de méthode d’investigation et d’enquête… Les nationalistes quant à eux n’ont qu’à bien se tenir !


Neutralisation civique

Et comme si cela ne suffisait pas, d’autres procédés mis à jour publiquement démontrent que la répression politique se pense et se projette selon de multiples desseins qui n’ont qu’un seul but : la neutralisation politique de militants publics.

A Porti Vechju, Unioni Naziunali mettait en exergue le cas de Micheli Giraschi, membre de l’exécutif de Corsica Nazioni Indipendenti et qui s’est vu notifier une aggravation de sa peine - suite à sa participation à une manifestation de soutien - avec 18 mois de privation de droits civiques… Ce qui l’empêchera de facto à la fois et de voter et éventuellement de se présenter sur une liste aux futures municipales… Aux dernières élections municipales de Porti Vechju, Micheli Giraschi conduisait la liste « Corsica Nazioni Unità ».


Les nationalistes au coeur du système en place

N’en déplaise à Nicolas Sarkozy, les nationalistes restent au coeur du système en place. Car la répression politique, outre le fait qu’elle explique « la lâche constante d’un gouvernement dépassé, incapable de mûrir une réflexion pérenne pour garantir à la fois la mise en place d’un dialogue collectif, sans tabou ni sélection, et une solution politique garantissant les droits universels du peuple corse, peuple non reconnu à ce jour » (Conférence de presse Unioni Naziunali extrême-Sud 15/02/2007), est aussi l’aveu d’une fuite en avant face aux réelles et progressives avancées du mouvement patriotique. Le dernier exemple en date est la très bonne élection de Ghjaseppu Colombani à l’élection à la Chambre d’Agriculture en Haute-Corse, et la victoire de Jean Dominique Musso de la liste « Pruduce per campà », victoire à laquelle les nationalistes ont contribué et ce face à un homme lige du sérail de Camille de Rocca-Serra.


D’autres épreuves à venir

D’autres épreuves au coeur du système en place sont à venir, elles supposent là aussi une participation crédible comprise et entendue, dés lors qu’elle continue à s’appuyer sur un socle unitaire clair, des forces du Mouvement National. Au moment où beaucoup parlent d’union – initiative du comité du Fiumorbu oblige – beaucoup avec raison, d’autres avec passion, quelquesuns y redécouvrant même les vertus (?!?), les couches sociales de la Corse attendent non sans justesse, la démonstration pérenne de l’alternative politique qu’est censé représenté le Mouvement patriotique.


Une alternative politique et sociale

La Corse aujourd’hui est confrontée à de graves problèmes sociaux. Vivre en Corse actuellement c’est le droit à avoir un emploi stabilisé, à un salaire décent, à un logement et à la propriété. Droit identique et complémentaire à celui de vivre et parler sa langue, exprimer sa culture et être l’acteur au sein d’une communauté reconnue dans sa dimension naturelle et juridique, de son devenir. Il y a peu un débat organisé à Bastia (vendredi 16 février) par une « gauche progressiste » auquel se retrouvaient cote à cote des membres du P.C.F. et d’A.T.T.A.C. mettait en évidence outre la précarité galopante, l’écart – plus qu’ailleurs – qui se creuse entre les riches et les pauvres…

La clarification du choix de société doit tout autant éclairer sinon accompagner les convergences sur les fondamentaux politiques du mouvement patriotique, à moins de laisser une gauche française surfer sélectivement sur les aspirations sociales des couches les plus défavorisées… L’appel du comité du Fiumorbu à participer aux manifestations contre la vie chère entre dans cette approche, l’appel a d’ailleurs été relayé par l’ensemble des composantes du mouvement patriotique, mais la présence et surtout l’initiative sur ces concepts ne peuvent échapper au mouvement national.

La gauche française, sous la férule du Parti Radical de Gauche n’a que faire des revendications essentielles du peuple corse : elle les renie, elle les combat, les assimile à du communautarisme et n’a rien à envier au bon discours national français qui nourrit les pensées des Le Pen, De Villiers, Chevènement et autre Sarkozy…


Approfondir le débat

Loin d’être affaibli, le mouvement patriotique s’affirme de plus en plus sur nombre de terrains. Un débat depuis le Fiumorbu est engagé, il appelle à une convergence de tous les instants, à l’intelligence de l’unité où tout un chacun peut et doit avoir sa place. Des évolutions sont sans doute appelées à apparaître, construisant une dynamique susceptible de répondre à l’attente majeure de notre peuple.

Corsica Nazioni Indipendenti a déjà proposé dans ce sens la réflexion d’une unité stratégique.

Tout un chacun doit mesurer l’importance et surtout l’enjeu d’un tel débat, en se référant sur l’un des postulats essentiels : combattre politiquement et affaiblir le parti français.


L’impasse

En l’état actuel de la situation la Corse vit une impasse. Avec ce que cela suppose comme conséquences.

« Matignon » est bien derrière nous et pour reprendre les termes de Jean Claude Guazzeli sur les ondes de RCFM, élu à la collectivité territoriale de Corse, c’est bel et bien « Sarkozy qui a tué Matignon »… Qui a tué l’espoir aussi, car même si le processus de Matignon avait montré quelques limites, il a quand même entr’ouvert les portes d’une toute autre logique politique…

Joseph-Guy Poletti qui ne partage pas du tout nos idées n’est toutefois pas dans le faux quand dans « Corsica » du mois de février il écrit - et ce sera notre conclusion - dans son éditorial en parlant de l’actuel ministre de l’intérieur : « On sait maintenant qu’il n’a rien compris à la Corse tout court ».

Encore un…

Ulivieru Sauli

 

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