Dans sa projection présidentielle,
le candidat de l’U.M.P.
a énoncé très clairement ce
qu’il proposait pour la Corse. Dans son
premier discours de pré-campagne, il
n’a pas hésité à parler de « lâches et de
cagoulards », référents programmatiques
qui en disent long sur sa vision…
En attendant son éventuelle élection,
celui qui est actuellement et toujours
ministre de l’intérieur nous assène un
quotidien de surveillances, de pressions
et d’arrestations… Un « sarkozysme »
de tous les jours pour reprendre les termes
de Francescu Alfonsi (Arritti
n°2025) qui n’a rien à envier au « maccarthysme
»…
Des balises et
des caméras
Le 22 janvier dernier, Unioni
Naziunali dénonçait lors d’une conférence
de presse tenue à la Collectivité
Territoriale de Corse les récentes
« trouvailles » de militants et sympathisants
nationalistes : des balises, des
émetteurs récepteurs et des caméras,
preuve s’il en est, de l’utilisation accrue
de moyens électroniques et informatisés
en vue de surveiller étroitement un
certain nombre de personnes engagées
politiquement et considérées – selon
quels critères ? – comme « dangereuses
» par les forces de police et de justice.
L’exception est ici la règle, et l’arbitraire
support de méthode
d’investigation et d’enquête… Les
nationalistes quant à eux n’ont qu’à
bien se tenir !
Neutralisation
civique
Et comme si cela ne suffisait pas,
d’autres procédés mis à jour publiquement
démontrent que la répression politique
se pense et se projette selon de
multiples desseins qui n’ont qu’un seul
but : la neutralisation politique de militants
publics.
A Porti Vechju, Unioni Naziunali mettait
en exergue le cas de Micheli
Giraschi, membre de l’exécutif de
Corsica Nazioni Indipendenti et qui
s’est vu notifier une aggravation de sa
peine - suite à sa participation à une
manifestation de soutien - avec 18 mois
de privation de droits civiques… Ce
qui l’empêchera de facto à la fois et de
voter et éventuellement de se présenter
sur une liste aux futures municipales…
Aux dernières élections municipales de
Porti Vechju, Micheli Giraschi conduisait
la liste « Corsica Nazioni Unità ».
Les nationalistes
au coeur du système
en place
N’en déplaise à Nicolas Sarkozy, les
nationalistes restent au coeur du système
en place. Car la répression politique,
outre le fait qu’elle explique « la
lâche constante d’un gouvernement
dépassé, incapable de mûrir une
réflexion pérenne pour garantir à la fois
la mise en place d’un dialogue collectif,
sans tabou ni sélection, et une solution
politique garantissant les droits universels
du peuple corse, peuple non
reconnu à ce jour » (Conférence de
presse Unioni Naziunali extrême-Sud
15/02/2007), est aussi l’aveu d’une
fuite en avant face aux réelles et progressives
avancées du mouvement
patriotique. Le dernier exemple en date
est la très bonne élection de Ghjaseppu
Colombani à l’élection à la Chambre
d’Agriculture en Haute-Corse, et la victoire
de Jean Dominique Musso de la
liste « Pruduce per campà », victoire à
laquelle les nationalistes ont contribué
et ce face à un homme lige du sérail de
Camille de Rocca-Serra.
D’autres épreuves
à venir
D’autres épreuves au coeur du système
en place sont à venir, elles supposent là
aussi une participation crédible comprise
et entendue, dés lors qu’elle continue
à s’appuyer sur un socle unitaire
clair, des forces du Mouvement
National. Au moment où beaucoup parlent
d’union – initiative du comité du
Fiumorbu oblige – beaucoup avec raison,
d’autres avec passion, quelquesuns
y redécouvrant même les vertus
(?!?), les couches sociales de la Corse
attendent non sans justesse, la démonstration
pérenne de l’alternative politique
qu’est censé représenté le
Mouvement patriotique.
Une alternative
politique et sociale
La Corse aujourd’hui est confrontée à
de graves problèmes sociaux. Vivre en
Corse actuellement c’est le droit à avoir
un emploi stabilisé, à un salaire décent,
à un logement et à la propriété. Droit
identique et complémentaire à celui de
vivre et parler sa langue, exprimer sa
culture et être l’acteur au sein d’une
communauté reconnue dans sa dimension naturelle et juridique, de son devenir.
Il y a peu un débat organisé à Bastia
(vendredi 16 février) par une « gauche
progressiste » auquel se retrouvaient
cote à cote des membres du P.C.F. et
d’A.T.T.A.C. mettait en évidence outre
la précarité galopante, l’écart – plus
qu’ailleurs – qui se creuse entre les
riches et les pauvres…
La clarification du choix de société
doit tout autant éclairer sinon accompagner
les convergences sur les fondamentaux
politiques du mouvement
patriotique, à moins de laisser une gauche
française surfer sélectivement sur
les aspirations sociales des couches les
plus défavorisées… L’appel du comité
du Fiumorbu à participer aux manifestations
contre la vie chère entre dans
cette approche, l’appel a d’ailleurs été
relayé par l’ensemble des composantes
du mouvement patriotique, mais la présence
et surtout l’initiative sur ces
concepts ne peuvent échapper au mouvement
national.
La gauche française, sous la férule du
Parti Radical de Gauche n’a que faire
des revendications essentielles du peuple
corse : elle les renie, elle les combat,
les assimile à du communautarisme
et n’a rien à envier au bon discours
national français qui nourrit les pensées
des Le Pen, De Villiers, Chevènement
et autre Sarkozy…
Approfondir le
débat
Loin d’être affaibli, le mouvement
patriotique s’affirme de plus en plus sur
nombre de terrains. Un débat depuis le
Fiumorbu est engagé, il appelle à une
convergence de tous les instants, à l’intelligence
de l’unité où tout un chacun
peut et doit avoir sa place. Des évolutions
sont sans doute appelées à apparaître,
construisant une dynamique susceptible
de répondre à l’attente majeure
de notre peuple.
Corsica Nazioni Indipendenti a déjà
proposé dans ce sens la réflexion d’une
unité stratégique.
Tout un chacun doit mesurer l’importance
et surtout l’enjeu d’un tel débat,
en se référant sur l’un des postulats
essentiels : combattre politiquement et
affaiblir le parti français.
L’impasse
En l’état actuel de la situation la Corse
vit une impasse. Avec ce que cela suppose
comme conséquences.
« Matignon » est bien derrière nous et
pour reprendre les termes de Jean
Claude Guazzeli sur les ondes de
RCFM, élu à la collectivité territoriale
de Corse, c’est bel et bien « Sarkozy
qui a tué Matignon »… Qui a tué l’espoir
aussi, car même si le processus de
Matignon avait montré quelques limites,
il a quand même entr’ouvert les
portes d’une toute autre logique politique…
Joseph-Guy Poletti qui ne partage pas
du tout nos idées n’est toutefois pas
dans le faux quand dans « Corsica »
du mois de février il écrit - et ce sera
notre conclusion - dans son éditorial en
parlant de l’actuel ministre de l’intérieur
: « On sait maintenant qu’il n’a
rien compris à la Corse tout court ».
Encore un…
Ulivieru Sauli