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Articulu di u numaru 35/36, Agostu/Settembre di u 2008


FIN D’INCARCERATION POUR DE INAKI DE JUANA CARLOS



Le processus de résolution du conflit entre l’Etat espagnol et le Pays Basque n’aura donc pas abouti. Malgré les engagements initiaux – et non tenus – du gouvernement socialiste, malgré un environnement et une médiation internationale conséquents, la répression politique policière et judiciaire a continué contre le mouvement de la gauche patriotique basque. De rafles continues en tortures jusqu’aux interdictions d’expressions politiques publiques, tout est entrepris pour neutraliser l’idée d’une toute autre vision de l’avenir cette nation historique et atypique d’Europe. La propagande journalistique exercée autour de la remise en liberté – après une longue incarcération consécutive à sa condamnation - d’un militant basque en est une énième démonstration. Pendant que des représentants des mouvements politiques et de soutien aux prisonniers politiques expliquaient la situation politique actuelle de leur pays aux Journées Internationales de Corti 2008 (2 et 3 août à Corti), un détenu politique, De Inaki de Juana Carlos, finissait de purger sa peine.

De Inaki de Juana Carlos est plutôt connu pour sa grève de la faim qu’il entama lors du processus de résolution du conflit. Ses photos où on le vit perfusé, gravement amaigri ont fait le tour du monde. On se souvient aussi qu’à ce moment là, un procureur requiert contre lui 96 années de prison pour …deux articles de presse ! De Inaki de Juana Carlos a été condamné à 3 000 années de prison (peines cumulées) pour sa participation présumée à des actes que la propagande étatique espagnole désigne comme terroristes. Il a passé plus de vingt ans en prison.

De Inaki de Juana Carlos était membre de «l’Ertzaintza», la police basque. On lui impute sa participation à une commando de E.T.A. dit «Madrid».


LE REFUS DU CIRQUE MEDIATIQUE

Remis en liberté le 2 août, il refusa de participer à un rassemblement de bienvenue organisée par le mouvement patriotique basque, dénonçant dans une lettre qu’il envoya pour la circonstance « le cirque médiatique » construit autour de sa personne. Et pour cause : les qualificatifs n’ont pas manqué pour dénoncer dans la presse espagnole cette libération. De «rejet» en «dégout» chaque journal y alla de son attribut nominatif pour accompagner une propagande de circonstance.


MONTEE AU CRENAU POLITIQUE

José Luis Zapatero, premier ministre espagnol, tout en affirmant «vouloir respecter la loi» n’en rajouta pas moins que «cet individu suscite chez tous les citoyens et, bien sûr, chez le chef du gouvernement, une sensation parfaitement compréhensible de mépris»… A Madrid c’est l’Association des Victimes du Terrorisme très proche du Parti Populaire qui manifeste. Une manifestation similaire est aussi organisée à Saint Sébastien par le Comité de Victimes du Terrorisme du Pays Basque (Covite). Le fils de Fernando Mugica, avocat et membre du Parti Socialiste Ouvrier Espagnol, victime de l’E.T.A. en 1996 affirme que «en libérant de Juana Chaos, le gouvernement fait de nous des orphelins». Une instruction judiciaire est même ouverte pour tentative d’apologie de terrorisme suite à la lecture de sa lettre lors du rassemblement de soutien…


UN ARCHARNEMENT MEDIATIQUE REVELATEUR

Cet acharnement médiatique et politique s’inscrit dans le dispositif psychologique de propagande qui accompagne le plan de neutralisation politique, policier et judiciaire espagnole développé à l’encontre du mouvement de la gauche patriotique basque. Un plan qui dépasse le cadre de cette gauche patriotique lorsque le gouvernement espagnol saisit au mois de juillet le conseil constitutionnel pour bloquer la consultation populaire souhaitée par le président actuel de la Communauté Autonome Basque Juan José Ibarretxe sur l’évolution politique du pays. Ce dernier a d’ailleurs précisé qu’il se gardait «toutes les initiatives légales, sociales et politiques pour défendre le droit du peuple basque à être consulté et à décider de l’avenir de ce pays».

«La nécessité urgente de se lever, de se rebeller et de lutter contre toute injustice. La question est de ne pas rester indifférent ou résigné (je ne sais pas lequel des deux est pire). Au cours de ces vingt dernières années, j’ai été une marionnette médiatique et, en tant que tel, ils m’ont frappé, insulté et détruit. Ils ont intoxiqué les gens, au grand jour ou furtivement, sur ma situation personnelle, académique et politique. J’ai souffert et je souffre de tous types de disqualifications. » écrivait Inaki de Juana Carlos le 11/09/2006 lors de sa grève de la faim. Des propos toujours d’actualité…

Ulivieru SAULI

 

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