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Articulu di u numaru 24, aprile di u 2007


Front uni anti incinérateur : Resistenza





Après la levée de boucliers, notamment des forces patriotiques, le Syvadec fait mine de reculer, la lutte est loin d’être finie, et doit se structurer. C’était le but de la réunion publique du 22 janvier 2007 à Corti.

Les lecteurs du Ribombu sont parmi les mieux informés de Corse pour ce qui concerne le danger que représente la construction d’un incinérateur de déchets de très grande capacité en centre Corse. Depuis plus de six mois, la résistance citoyenne à ce projet néfaste du Syvadec s’intensifie et s’organise. Le collectif anti-incinération organisait donc une grande réunion publique pour s’élargir et se restructurer en front uni contre l’incinérateur de déchets.

Près de cent représentants de partis politiques, associations et mouvements divers avaient pris place dans l’amphi de l’Università di Corti. En ce lieu symbolique où l’oeuvre émancipatrice de Paoli, sa volonté d’élever son peuple et de le faire accéder à la connaissance, fait prendre conscience à chacun de sa mission d’informer et éclairer le Peuple Corse, tous les participants se sont sentis investis de leur tâche de dénonciation des errements de messieurs Tatti et consorts.

Sans citer tous les participants, il faut souligner la présence du GARDE (Vincent Ciccada), du Levante (D.Gambini), de l’Associu Corsu di a Salute, de nombreux mouvements politiques, Corsica Nazione Independente, U Rinnovu, le PNC, A Chjama Naziunale étaient représentés par des membres de leurs exécutifs. Parmi les élus ou anciens élus on notait la présence de Jean Biancucci, Edmond Simeoni, Norbert Laredo, mais également Pierre Chiarelli, élu d’opposition à Bastia et le Dr P. Giongha conseiller général de Corti. Toute la classe politique dite « traditionnelle » brillait par son absence.

Il faut dire que de la droite à la gauche, d’Ange Santini à Emile Zuccarelli, ils sont des partisans du tout incinération même si actuellement ils s’en cachent, et en ont honte. Le Peuple Corse a compris depuis longtemps où sont ses défenseurs.

Après une introduction musclée du maire de Soveria qui ne mâcha pas ses mots envers les partisans du Syvadec, faisant preuve d’un courage citoyen qui force le respect, les membres du collectif ont présenté en plusieurs sujets argumentés et très bien documentés leur travail.

Tout d’abord les chiffres farfelus annoncés lors de ses conférences par François Tatti ont été balayés, ensuite les effets délétères de l’incinérateur d’ordures ménagères sur la santé publique ont été rappelés (risque cancérigène, accumulation dans la chaîne alimentaire, dangers des dioxines et métaux lourds…) Le volet économique a été évoqué notamment, le coût exorbitant pour la collectivité corse (150 millions d’euro) coût qui sera augmenté au final de 50% quand on connaît la voracité de certains. Une démonstration très pédagogique du tri sélectif, à conseiller à tous les décideurs, a précédé les solutions alternatives présentées par le collectif, tri sélectif poussé, réduction à la source des déchets puis enfouissement des résidus ultimes non valorisables.

Après cette présentation fort enrichissante, le débat s’est instauré dans une salle conquise et acquise au rejet du tout incinération. Le débat s’est vite recentré sur les responsables de cette future catastrophe sanitaire : les responsables du Syvadec, les maires complices qui pour se décharger de leurs responsabilités en matière de gestion des déchets donnent un blanc seing aux apprentis sorciers. Tour à tour, M. le député-maire de Bastia, l’office de l’environnement, les préfets, messieurs Santini et Rocca Serra ont été voués aux gémonies. Le débat s’est ensuite engagé dans l’action à mener pour résister. Les élus d’Unione Nazionale ont martelé que l’assemblée de Corse ne passerait pas en force sur ce projet. Dans la salle, une ferme volonté d’action de masse démocratique et citoyenne s’est exprimée et s’est imposée comme la seule voie de lutte.

Quels enseignements doit-on retenir de cette journée ?

Le choix tactique de repli amorcé par François Tatti n’est qu’un leurre, les maîtres à penser du Syvadec semblent atteints d’une psychorigidité incurable qui les porte à croire que leurs cheminements intellectuels sont les meilleurs et ne souffrent d’aucune critique aussi constructive soit-elle.

Les appétits financiers sont sans limite et si demain il fallait vendre la Corse à une multinationale, certains n’hésiteraient pas à le faire. Les vrais et seuls défenseurs du peuple corse sont du mouvement national uni dans toutes ses composantes, prêt et rompu aux luttes depuis quarante ans. Nous sommes encore une fois, responsables et déterminés, chargés de mener la résistance du peuple corse contre tous les projets néfastes et nuisibles conduits par le parti français.

Clément Filippi

 

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