Après la levée de boucliers,
notamment des forces
patriotiques, le Syvadec fait
mine de reculer, la lutte est
loin d’être finie, et doit se
structurer. C’était le but de
la réunion publique du 22
janvier 2007 à Corti.
Les lecteurs du Ribombu sont parmi
les mieux informés de Corse pour ce
qui concerne le danger que représente
la construction d’un incinérateur
de déchets de très grande capacité
en centre Corse. Depuis plus de
six mois, la résistance citoyenne à ce
projet néfaste du Syvadec s’intensifie
et s’organise. Le collectif anti-incinération
organisait donc une grande
réunion publique pour s’élargir et se
restructurer en front uni contre l’incinérateur
de déchets.
Près de cent représentants de partis
politiques, associations et mouvements
divers avaient pris place dans
l’amphi de l’Università di Corti. En
ce lieu symbolique où l’oeuvre émancipatrice
de Paoli, sa volonté d’élever
son peuple et de le faire accéder à la
connaissance, fait prendre conscience
à chacun de sa mission d’informer et
éclairer le Peuple Corse, tous les participants
se sont sentis investis de
leur tâche de dénonciation des errements
de messieurs Tatti et consorts.
Sans citer tous les participants, il
faut souligner la présence du
GARDE (Vincent Ciccada), du
Levante (D.Gambini), de l’Associu
Corsu di a Salute, de nombreux mouvements
politiques, Corsica Nazione
Independente, U Rinnovu, le PNC, A
Chjama Naziunale étaient représentés
par des membres de leurs exécutifs.
Parmi les élus ou anciens élus on
notait la présence de Jean Biancucci,
Edmond Simeoni, Norbert Laredo,
mais également Pierre Chiarelli, élu
d’opposition à Bastia et le Dr P.
Giongha conseiller général de Corti.
Toute la classe politique dite « traditionnelle
» brillait par son absence.
Il faut dire que de la droite à la gauche,
d’Ange Santini à Emile
Zuccarelli, ils sont des partisans du
tout incinération même si actuellement
ils s’en cachent, et en ont honte.
Le Peuple Corse a compris depuis
longtemps où sont ses défenseurs.
Après une introduction musclée du
maire de Soveria qui ne mâcha pas
ses mots envers les partisans du
Syvadec, faisant preuve d’un courage
citoyen qui force le respect, les membres
du collectif ont présenté en plusieurs
sujets argumentés et très bien
documentés leur travail.
Tout d’abord les chiffres farfelus
annoncés lors de ses conférences par
François Tatti ont été balayés, ensuite
les effets délétères de l’incinérateur
d’ordures ménagères sur la santé
publique ont été rappelés (risque cancérigène,
accumulation dans la
chaîne alimentaire, dangers des
dioxines et métaux lourds…) Le
volet économique a été évoqué
notamment, le coût exorbitant pour la
collectivité corse (150 millions
d’euro) coût qui sera augmenté au
final de 50% quand on connaît la
voracité de certains. Une démonstration
très pédagogique du tri sélectif, à
conseiller à tous les décideurs, a précédé
les solutions alternatives présentées
par le collectif, tri sélectif
poussé, réduction à la source des
déchets puis enfouissement des résidus
ultimes non valorisables.
Après cette présentation fort enrichissante,
le débat s’est instauré dans
une salle conquise et acquise au rejet
du tout incinération. Le débat s’est
vite recentré sur les responsables de
cette future catastrophe sanitaire :
les responsables du Syvadec, les maires
complices qui pour se décharger
de leurs responsabilités en matière de
gestion des déchets donnent un blanc
seing aux apprentis sorciers. Tour à
tour, M. le député-maire de Bastia,
l’office de l’environnement, les préfets,
messieurs Santini et Rocca Serra
ont été voués aux gémonies. Le débat
s’est ensuite engagé dans l’action à
mener pour résister. Les élus
d’Unione Nazionale ont martelé que
l’assemblée de Corse ne passerait pas
en force sur ce projet. Dans la salle,
une ferme volonté d’action de masse
démocratique et citoyenne s’est
exprimée et s’est imposée comme la
seule voie de lutte.
Quels enseignements doit-on retenir
de cette journée ?
Le choix tactique de repli amorcé
par François Tatti n’est qu’un leurre,
les maîtres à penser du Syvadec semblent
atteints d’une psychorigidité
incurable qui les porte à croire que
leurs cheminements intellectuels sont
les meilleurs et ne souffrent d’aucune
critique aussi constructive soit-elle.
Les appétits financiers sont sans
limite et si demain il fallait vendre la
Corse à une multinationale, certains
n’hésiteraient pas à le faire. Les vrais
et seuls défenseurs du peuple corse
sont du mouvement national uni dans
toutes ses composantes, prêt et
rompu aux luttes depuis quarante
ans. Nous sommes encore une fois,
responsables et déterminés, chargés
de mener la résistance du peuple
corse contre tous les projets néfastes
et nuisibles conduits par le parti français.
Clément Filippi