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Articulu di u numaru 38, Nuvembre di u 2008


Colombie : La marche indigène de la dignité



Pour qui connaît et s'intéresse à la Colombie, ce pays ce n'est pas seulement le territoire où était détenue puis libérée Ingrid Betancourt, ce pays où existent depuis plusieurs décennies les guérillas des F.A.R.C. (tendance marxiste) et de l'E.L.N. (tendance guévariste), c'est aussi un territoire ou des indigènes revendiquent le droit à la vie. En ce mois d'octobre, ils sont plusieurs milliers à marcher sur Cali (500 km au sud - est de Bogota) pour délivrer un message au président Uribe. Une marche pour le respect de leur dignité.

LA LONGUE MARCHE…


La marche organisée par l'Organisation Nationale des Indigènes de Colombie (O.N.I.C.) est partie de Maria, village situé dans une réserve du Cauca. L'objectif est d'atteindre Cali où un message peut être délivré au président colombien. Daniel Pinacué l'affirme : « Nous marchons sur Cali, où nous espérons que le président Alvaro Uribe se montre ». Ils sont plusieurs milliers à se déplacer ainsi, 120 km à faire comme en 2004, année ou déjà ils avaient entrepris ce mouvement similaire face ou gouvernement en place.


… POUR LE DROIT A LA TERRE.

Les revendications portent sur l'essentiel de leur identité : « ils marchent parce nous ne voulons pas disparaître » explique un responsable de la garde indigène de la réserve de Cauca. Le message s'appuie ainsi sur le droit à la terre et le respect intégral de l'autonomie de leurs territoires. Ils manifestent ainsi pour ce qu'ils appellent légitimement comme le « droit à la vie ».


LA REPONSE DU GOUVERNEMENT

Pour le gouvernement en place, les indigènes et le mouvement déclenché sont infiltrés par les F.A.R.C. Cette position se traduit sur le terrain par une répression policière visant à endiguer la marche initiée. La police est intervenue avec des méthodes violentes pour ainsi empêcher des blocages de routes. Des affrontements éclatent faisant un mort et plusieurs dizaines de blessés parmi les manifestants.

L'O.N.I.C. affirme que depuis 2002, plus de 1200 indigènes ont été assassinés et des milliers ont été déplacés dans le cadre des différends territoriaux… Le gouvernement affirme aussi que les autochtones disposent déjà de près de 27 % du territoire et se dit prêt à racheter d'autres terres pour les remettre aux indigènes.


ENTRE INTENTIONS ET REALITE…

Pour la Coordination Populaire Colombienne à Paris « bien que la Constitution Politique de la Colombie reconnaisse le caractère pluri-ethnique et multi-culturel de la Nation et qu'elle incorpore certains droits des Peuples Indigènes, cela ne s'est pas pleinement traduit par des mesures concrètes et on observe au contraire que l'Etat Colombien a mis en oeuvre une contre-réforme législative qui revient sur les droits acquis. Pour ne citer que quelques exemples, le Statut du Développement Rural, la Loi des Forêts, la Loi de l'Eau et le Code des Mines cherchent à favoriser les intérêts économiques et contribuent au pillage des terres. La marche indigène met en évidence ce que la même Coordination Populaire Colombienne rappelle : « La colonisation européenne, qui a engendré le génocide de la majorité des peuples, continue aujourd'hui en détruisant le territoire et la vie des 102 ethnies qui habitent en Colombie. Elle se traduit par des pratiques de discrimination et d'exclusion, à tel point que, actuellement, 18 peuples indigènes sont en voie imminente d'extinction. Malgré cela, les indigènes ont résisté dans leurs territoires et aujourd'hui, ils marchent en portant la légitime revendication de leurs droits et des droits de la mère terre. »

Ulivieru Sauli

 

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