Le Bâtonnier de Bastia demande la suppression des juridictions « anti-terrorristes »
Le Barreau de Bastia travaille depuis
plusieurs mois sur la question des
juridictions et de la législation spéciales
dites « anti-terroristes », dans le
cadre de sa « Commission pénale »,
au sein de laquelle siègent
notamment le
Bâtonnier Jean-Paul
Trani et Maître Jean-Guy
Talamoni. Suite à ces travaux,
le Bâtonnier de
Bastia a pris une position
résolument hostile
aux textes de loi instituant
une législation
dérogatoire particulièrement
répressive, et a fait
adopter cette position -
courageuse et conforme
à l’éthique de la profession
d’avocat - par l’ensemble
des Bâtonniers
du « Sud Est » et par la
Conférence Nationale, ce
qui constitue un événement majeur,
et une pierre dans le jardin de tous
les maniaques de la répression.
Dans
un communiqué récemment publié,
le Bâtonnier Trani explique : « Nos
Barreaux de Corse sont régulièrement
confrontés à la législation et aux juridictions
spéciales dites « anti-terroristes
». Les personnes poursuivies sont
ainsi amenées à Paris dès le début de
l’instruction, dans le cadre de procédures
posant de graves problèmes,
notamment des mesures d’investigation
dérogatoires, la longueur exorbitante
de la garde à vue, l’entorse au
principe du juge naturel, la suppression
du jury populaire en matière criminelle,
la distance entre la personne
poursuivie et sa famille et son avocat,
ce qui perturbe considérablement les
droits de la défense. Actuellement 15
détenus politiques sont en préventive
depuis plus de trois ans, 4 depuis plus
de deux ans, et un depuis plus de 18
mois. 14 purgent des
peines sur le continent ».
Et le Bâtonnier de rappeler
« les engagements
ministériels en matière de
rapprochement des détenus
corses qui n’ont
jamais été suivis d’effets »
alors que « l’Assemblée de
Corse a réclamé à l’unanimité
le transfert sur l’île
des détenus corses ».
Enfin, Maître Trani stigmatise
« la loi dite Sarkozy »
qui « fait traiter les dossiers
des prisonniers politiques
par un juge chargé
de l’application des peines
du Tribunal correctionnel
de Paris à la place du juge local… »
Par cette prise de position, le
Bâtonnier de Bastia fait honneur à sa
robe et au Barreau dont il a la charge.
Francescu Albertini