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Articulu di u numaru 18, ottobre di u 2006


Perspectives internationales


La Corse, son devenir dépendent autant de la prise de conscience organisée et structurée des forces vives du peuple corse que de ses capacités à peser, et faire entendre sa voix dans le cadre des conjonctures politiques françaises comme peuvent l’être les opportunes élections présidentielles. Les récentes initiatives internationales prises par les composantes essentielles de l’Unione Naziunale s’inscrivent dans cette logique.

Et en premier lieu, le document paraphé par un certain nombre d’organisations nationalistes et indépendantistes des dernières colonies françaises lors des dernières « ghjurnati di Corti » revêt une singulière importance : il donne une projection sur ce que peuvent faire ces organisations – dans la sphère d’une entreprise commune – pour, non seulement rappeler au niveau international la réalité de ces peuples et nations niés et opprimés par l’Etat français, mais surtout intervenir et évoquer dans la future conjoncture électorale le sort imposé à ces mêmes communautés originelles et historiques, dépossédées de tous leurs droits.

Quelque soit la traduction politique qu’elle peut revêtir à l’occasion de la future conjoncture présidentielle française, l’initiative co – signée de Corti implique de donner au Problème National Corse une dimension sur laquelle nombre de partis français seront amener à se positionner.


Une solution pérenne

Car l’objectif est bel et bien d’arracher – et non de mégoter – sur une réelle évolution statutaire garantissant dans le temps outre un redéploiement des potentialités législatives, la reconnaissance à terme d’un véritable cadre citoyen corse. Cela passera inévitablement par la prise en compte du fait national corse et donc concomitamment de considérer comme juridiquement originelle et évolutive la communauté corse.

Aussi, le fait de faire converger dans une déclaration commune l’ensemble des peuples basques, corses, catalans guyanais, martiniquais, tahitiens et bretons, en vertu et en référence de la résolution 1514 des Nations Unies peut effectivement amener un certain nombre de forces politiques françaises à reconsidérer les données majeures de ces aspirations identitaires.

L’objectif étant ici pour le mouvement national corse de faire acter le fait national corse, afin que ce dernier ne soit plus la victime des aléas électoraux français, oscillant entre timide évolution et grave régression.


De nouveaux contacts

Complémentaire dans sa diversité, la motion finale adoptée par la Fédération régions et Peuples Solidaires, espace dans lequel adhère le Partitu di a Nazione Corsa, mandate son bureau fédéral pour conclure les discussions en cours avec le Parti Socialiste sur quatre priorités parmi lesquelles :

« - L’absence de tout préalable dans le règlement de la question corse : le dialogue doit être ouvert à tous et ne comporte aucun à priori ».

Cette projection donne le ton des possibilités existantes et à explorer. Les démarches de Corsica Nazioni Indipendenti d’une part et du P.N.C d’autre part, deux composantes essentielles de Unione Naziunale et du Mouvement National démontrent la conjonction stratégique au-delà des diversités et des divergences propres à chacune de ces structures, afin d’utiliser de façon complémentaire mais lisible pour l’union tous les espaces nécessaires pour faire aboutir à terme la mise en place d’un réel processus politique de solution pérenne de la question nationale corse.


Une nouvelle donne internationale

L’approche internationale revêt une singulière importance, d’autant plus qu’elle est de nature à peser, dès lors que le mouvement national sache l’employer à bon escient. Une donne nouvelle intervient dans cette approche : c’est la déclaration des Nations Unies portant sur les droits des peuples autochtones et adoptée majoritairement le 30 juin 2006. Cette déclaration stipule en l’occurrence, que « les peuples autochtones ont le droit à l’autodétermination et qu’en vertu de ce droit, ils déterminent librement leur statut politique et recherchent librement leur développement économique, social et culturel ».

Le champ d’exploration regorge de possibilités mais la condition sine qua non d’une traduction politique appartient au mouvement national, à sa démarche et son discours.


L’unione !!!

C’est sous cet angle de vision que se comprend et se conçoit l’union du mouvement national dès lors que ce dernier adopte pour principe non la neutralisation des enjeux stratégiques, mais un plan de résistance structuré, planifié qui donne toute la plénitude de la revendication nationale pour qu’elle aboutisse selon des étapes prédéterminées. La force de notre légitime aspiration dépend de nos capacités à savoir édifier de manière constante les rapports de force adéquats et ces capacités ne peuvent que s’exprimer pleinement dans le cadre d’une union populaire, pérenne et organisée comme le suppose la réflexion ayant amener à « Unione naziunale ».

Les futurs enjeux électoraux français constituent une des conjonctures sur lesquelles le mouvement national peut d’hors et déjà se projeter, en occupant de façon concomitante les espaces qui aujourd’hui donnent une dimension intéressante au fait national corse comme l’est le domaine international. Mais surtout il ne pourra avoir qu’un meilleur écho s’il persiste dans sa volonté d’auto organiser de façon lisible et cohérente toutes les forces vives qui le composent, sur des thématiques stratégiques comme l’est la terre. Dans ce sens l’initiative de Corsica Nazioni Indipendenti prend toute sa signification.

L’heure est plus que jamais à la convergence intelligente des composantes du mouvement national pour créer un nouveau rapport de force face à l’autoritarisme d’un gouvernement qui n’a que faire des droits originels de notre communauté, et à la politique d’un état qui au-delà des atermoiements de circonstance n’a jamais permis que le problème corse soit acté, suivi et évalué comme tel.

Ghjaseppu Feracci di i Pianedda

 

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