La Corse, son devenir dépendent autant de la prise de conscience organisée et structurée des forces vives du
peuple corse que de ses capacités à peser, et faire entendre sa voix dans le cadre des conjonctures politiques
françaises comme peuvent l’être les opportunes élections présidentielles. Les récentes initiatives internationales
prises par les composantes essentielles de l’Unione Naziunale s’inscrivent dans cette logique.
Et en premier lieu, le document paraphé
par un certain nombre d’organisations nationalistes
et indépendantistes des dernières
colonies françaises lors des dernières «
ghjurnati di Corti » revêt une singulière
importance : il donne une projection sur ce
que peuvent faire ces organisations – dans
la sphère d’une entreprise commune – pour,
non seulement rappeler au niveau international
la réalité de ces peuples et nations
niés et opprimés par l’Etat français, mais
surtout intervenir et évoquer dans la future
conjoncture électorale le sort imposé à ces
mêmes communautés originelles et historiques,
dépossédées de tous leurs droits.
Quelque soit la traduction politique qu’elle
peut revêtir à l’occasion de la future
conjoncture présidentielle française, l’initiative
co – signée de Corti implique de donner
au Problème National Corse une dimension
sur laquelle nombre de partis français
seront amener à se positionner.
Une solution pérenne
Car l’objectif est bel et bien d’arracher – et
non de mégoter – sur une réelle évolution
statutaire garantissant dans le temps outre
un redéploiement des potentialités législatives,
la reconnaissance à terme d’un véritable
cadre citoyen corse. Cela passera inévitablement
par la prise en compte du fait
national corse et donc concomitamment de
considérer comme juridiquement originelle
et évolutive la communauté corse.
Aussi, le fait de faire converger dans une
déclaration commune l’ensemble des peuples
basques, corses, catalans guyanais,
martiniquais, tahitiens et bretons, en vertu et
en référence de la résolution 1514 des
Nations Unies peut effectivement amener un
certain nombre de forces politiques françaises
à reconsidérer les données majeures de
ces aspirations identitaires.
L’objectif étant ici pour le mouvement
national corse de faire acter le fait national
corse, afin que ce dernier ne soit plus la
victime des aléas électoraux français, oscillant
entre timide évolution et grave régression.
De nouveaux contacts
Complémentaire dans sa diversité, la
motion finale adoptée par la Fédération
régions et Peuples Solidaires, espace
dans lequel adhère le Partitu di a
Nazione Corsa, mandate son bureau
fédéral pour conclure les discussions
en cours avec le Parti Socialiste sur
quatre priorités parmi lesquelles :
« - L’absence de tout préalable dans le
règlement de la question corse : le dialogue
doit être ouvert à tous et ne
comporte aucun à priori ».
Cette projection donne le ton des possibilités
existantes et à explorer. Les
démarches de Corsica Nazioni Indipendenti
d’une part et du P.N.C d’autre
part, deux composantes essentielles de
Unione Naziunale et du Mouvement
National démontrent la conjonction
stratégique au-delà des diversités et des
divergences propres à chacune de ces
structures, afin d’utiliser de façon complémentaire
mais lisible pour l’union
tous les espaces nécessaires pour faire
aboutir à terme la mise en place d’un
réel processus politique de solution
pérenne de la question nationale corse.
Une nouvelle donne
internationale
L’approche internationale revêt une
singulière importance, d’autant plus
qu’elle est de nature à peser, dès lors
que le mouvement national sache l’employer
à bon escient. Une donne nouvelle
intervient dans cette approche :
c’est la déclaration des Nations Unies
portant sur les droits des peuples
autochtones et adoptée majoritairement
le 30 juin 2006. Cette déclaration stipule
en l’occurrence, que « les peuples
autochtones ont le droit à l’autodétermination
et qu’en vertu de ce droit, ils
déterminent librement leur statut politique
et recherchent librement leur développement
économique, social et culturel ».
Le champ d’exploration regorge de
possibilités mais la condition sine qua
non d’une traduction politique appartient
au mouvement national, à sa
démarche et son discours.
L’unione !!!
C’est sous cet angle de vision que se comprend
et se conçoit l’union du mouvement
national dès lors que ce dernier adopte
pour principe non la neutralisation des
enjeux stratégiques, mais un plan de résistance
structuré, planifié qui donne toute la
plénitude de la revendication nationale pour
qu’elle aboutisse selon des étapes prédéterminées.
La force de notre légitime aspiration
dépend de nos capacités à savoir édifier de
manière constante les rapports de force adéquats
et ces capacités ne peuvent que s’exprimer
pleinement dans le cadre d’une
union populaire, pérenne et organisée
comme le suppose la réflexion ayant amener
à « Unione naziunale ».
Les futurs enjeux électoraux français
constituent une des conjonctures sur lesquelles
le mouvement national peut d’hors
et déjà se projeter, en occupant de façon
concomitante les espaces qui aujourd’hui
donnent une dimension intéressante au fait
national corse comme l’est le domaine international.
Mais surtout il ne pourra avoir
qu’un meilleur écho s’il persiste dans sa
volonté d’auto organiser de façon lisible et
cohérente toutes les forces vives qui le composent,
sur des thématiques stratégiques
comme l’est la terre. Dans ce sens l’initiative
de Corsica Nazioni Indipendenti prend toute
sa signification.
L’heure est plus que jamais à la convergence
intelligente des composantes du
mouvement national pour créer un nouveau
rapport de force face à l’autoritarisme d’un
gouvernement qui n’a que faire des droits
originels de notre communauté, et à la politique
d’un état qui au-delà des atermoiements
de circonstance n’a jamais permis
que le problème corse soit acté, suivi et
évalué comme tel.
Ghjaseppu Feracci di i Pianedda