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Articulu di u numaru 28/29, Aostu/Sittembre di u 2007


L'INTERNATIONALE



Cette version corse de l'internationale proposée au tout début des années 70 par des militants proches du FRC témoigne parfaitement d'une époque où la conscience que tout particularisme renvoyait à l'universel , était particulièrement vive .

Au sortir de la décolonisation de l'Afrique , les luttes de libération nationale menées dans les pays dits du tiersmonde apparaissaient comme des phares pour les plus résolus des patriottes corses décidés à renouer avec l'Histoire . D'ailleurs , peu de temps après , en 1973 lors du célèbre discours de Beirouth , José Stromboni devait donner un sérieux coup de pied dans la fourmilière des lieux communs , des hésitations , du non-dit , en appelant les peuples de la Méditérranée à se solidariser avec le peuple corse . Mais cette époque pour essentielle qu'elle fùt pour le renouveau du mouvement national , ne faisait que s'inscrire dans une logique historique qui veut que les luttes portent en elles une dimension universelle dont la traduction politique n'est autre que l'internationalisme.

Certains historiens ont situé l'acte fondateur de l'internationalisme corse en 1358 , lorsqu'éclata une vaste révolte populaire contre la tutelle feodale et que les corses sous la conduite de Sambucucciu d'Alandu en appelèrent à la solidarité des populaires de Gènes . Et si à ce propos le débat demeure quant à la personnalité de Sambucucciu et à la pertinence de son action , il n'en est pas moins vrai que la révolte corse d'alors est de mème nature que toutes celles qui embrasest l'occident médiéval ,ce qui n'est certainement pas un hasard . Et s'il ne fallait en retenir que la symbolique , on pourrait déjà en conclure que la Corse qui lutte n'est jamais isolée . Ce qu'avaient parfaitement compris les militants " corsistes " réunis au sein du PCA et autour de la revue A Muvra et qui dans leur vision fédéraliste de l'organisation européenne n'ont jamais cessé d'affirmer une solidarité active avec des peuples qui constituaient à leurs yeux des minorités nationales comme les bretons et les alsaciens ou encore de soutenir la lutte armée des irlandais ou le réveil des nationalismes arabes et plus généralement toutes les luttes anti-coloniales . Il est bon de rappeler ici que La Muvra fùt alors interdite au Maroc pour encouragement à la subversion et qu'une de ses figures emblématiques Paulu Orsoni , s'étant mis au service d'Abd-El-Krim , devait mourir à Taza , en combattant de la liberté.


Le droit des peuples à disposer d'eux-mèmes

Ce droit fondamental qui est toujours refusé au peuple corse , était au coeur de la revendication de l'entre deux-guerres . Il le demeure pour un mouvement national qui a su intégrer dans ses analyses les évolutions geopolitiques . Il est clair qu'aujoud'hui la couleur du monde à venir est moins perceptible que celle que nous proposait l'internationale . Les héroes mythiques qui enrichissaient les luttes de leur dimension romantique s'effacent des mémoires . Mème les staliniens ou ce qu'il en reste n'hésitent pas àarborer l'effigie du Che . Les anciens repaires ont été laminés par l'évolution d'un monde où le matérialisme américain , auquel la France semble de plus en plus adhérer , le dispute au fanatisme religieux . Ces deux systèmes qui se combattent se nourrissent en fait l'un de l'autre et laissent peu de place aux peuples qui n'entendent pas cautionner ce nouveau manichéisme . C'est donc ailleurs qu'il faille chercher pour les peuples dominés , les voies de la libération . Et en la demeure il n'existe pas de voie royale . Corses , basques , écossais , sardes , catalans , polynésiens , kanaques.......subissent à des degrés divers une triple exploitation , celle de la mondialisation , c.a.d celle du capitalisme triomphant , celle des états dominants et plus près de nous , celle de l'union européenne qui pour l'heure ne connait que la logique économique et rend illusoire le rève fédéraliste exprimé dans l'entre deux-guerres et repris aujourd'hui par le mouvement régionaliste européen . A ce propos , méme, si celà peut paraitre anecdotique, la tout récente fermeture du consulat d'Italie de Bastia est symptomatique du peu d'intèrèt que les dirigeants européens portent a l'histoire des peuples , a leur fondement culturel , a leurs échanges ancestraux . Une décision d'autant plus affligeante , quand elle est prise par Romano Prodi , une personnalité politique que l'on pouvait croire attentive à la question nationale corse . Cette parenthèse refermée , il faut bien admettre que l'évolution européenne ne se fait pas dans le sens des intérèts des nations sans état . Tout au contraire . L'attention particulière que les Etats-Unis portent à l'Europe peut laisser craindre un renforcement des oligarchies financières et des autoritarismes.

Restent les luttes . Celles que chaque peuple entend mener en son lieu , selon ses propres forces , en fonction de sa propre histoire . Et dès lors , chaque avancé politique significative , chaque progrès social , chaque espace de liberté arraché à l'oppresseur entraine un affaiblissement du système dominant . En rupture avec la thèse des révolutions importées , cette redéfinition de l'internationalisme s'inspire de préceptes chers au sous-commandant Marcos . Encore un mythe dira-t-on . Mais les luttes peuvent-elles se passer du mythe ?

Dumenicu Tognotti

 

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